Sacrés français !

La France n’a pas fini de m’étonner ! Quand, nous vivions en Californie, et que parfois nostalgiques nous regardions TF1 via internet, nous tombions immanquablement sur des gréves ou des manifestations….Maintenant, vivant à Paris, j’ai l’impression que quand les Français ne sont pas en vacances soit ils rouspètent, soit ils manifestent, soit ils sont en gréve …Mon neveu anarchiste est un spécialiste de la question, il manifeste contre tout depuis dix ans sans interruption. II est même contre les vacances….Il n’a jamais travaillé car il ne veut pas se faire "exploiter par le grand capital" et préfère de loin exploiter les autres. Son éthique m’échappe !

Bref, laissant les étudiants manifester contre une loi qui me semblait arrangeante pour une génération d’éternels stagiaires, non payés et non protégés, nous sommes allés au musée d’Orsay où un autre genre de foule patientait devant les guichets. J’avais pris la précaution d’acheter à l’avance un "pass" qui permet d’éviter la queue car je me méfie désormais des musées. Malheureusement, la Seine aussi manifestait et il y avait eu des débordements, et le peu de quai restant était réservé aux manifestations sportives. Impossible de se garer !! Nous avons renoncé à l’expo d’Orsay à 7,50 euros pour faire un tour au Petit Palais entièrement refait à neuf où il n’y avait personne…..C’est sympa car c’est gratuit et typiquement français…..Il faut aller au guichet pour que le préposé à la caisse vous offre un billet gratuit, pour ensuite donner ce billet à d’autres préposés qui  déchirent celui-ci professionnellement……En voilà un boulot cool……Six personnes pour contrôler qu’on a pas payé l’entrée !!!! Ce n’est pas parce que c’était Dimanche, c’est comme cela tous les jours de la semaine !

A Los Angeles, Le Paul Getty Museum  bien connu et splendide, est également gratuit, mais ils ne poussent pas l’absurdité à vous donner des billets gratuits à faire contrôler par des appariteurs rémunérés. Il n’y a que des volontaires qui vous renseignent,  vous expliquent le chemin, vous proposent des fauteuils roulants etc….Pendant que je marivaude avec vous, la Sorbonne , mon université bien aimée, semble être à feu  et à sang…les jeunes veulent tout, un boulot cool, bien payé, sans risque, avec RTT et retraite à la clé …la sécurité….ne rien entreprendre. La France me semble mal barrée !!! Quant à mon neveu, qui n’a pas fini ses études à presque 30 ans, il espère utopiquement  travailler au CRNS, il a déjà été arrête cent fois, la dernière à La Sorbonne, puis relaché, il y sera ce soir de nouveau….sans doute….à brûler des tables .Chacun son métier ! Faut pas rêver !

Détours à Beaubourg

J’étais ravie d’être invitée avec ma copine Madame Dreamworks que j’ai connu à LA, à l’inauguration de l’exposition sur Los Angeles au centre Beaubourg hier au soir….On avait rendez-vous sous le gros pot de fleurs qui était bien arrosé par des trombes de pluie. Las, las des milliers de privilégiés semblaient avoir été invités aussi et attendaient en masse. La queue était pire que celle chapelle Sixtine au moins trois heures dans le froid et bien disciplinée car il y avait la toute la communauté américaine à Paris à mon avis. Nous avons donc tenté de rentrer par toutes les  portes de derrière réservée au personnel avec une autre copine qui travaille au centre et qui possède un badge magique. Las, las la sécurité avait prévu le coup et nous fûmes renvoyées avec nos parapluies ruisselants. Trempées, nous avons gagné le café en face ou s’étaient rassemblés tous ceux qui avaient renoncé à faire la queue qui n’en finissait pas de grandir. Deux heures plus tard, on pouvait rentrer dans le centre mais à l’intérieur la même queue immuable attendait mais sans parapluie. Impossible de monter ….Notre guide maison nous a donc fait visiter tous les bas-fonds interdits de Beaubourg à la recherche d’un ascenseur interdit au public et non bloqué par la sécurité….Rien à faire, il était bien tard et la situation tournait au gag. Alors que proches de la pneumonie, nous étions prêtes à renoncer à l’art californien quand nous avons rencontré dans les sous sols glauques, un petit groupe louche qui suivait un agent de sécurité à l’air conspirateur. Opération underground, nous avons infiltré aussitôt ces visiteurs des zones interdites et grâce à cette ruse nous nous sommes retrouvés à l’intérieur du monte charge immense destiné aux oeuvres d’art massives et en route pour le sixième étage …Arrivée des moins discrètes au milieu des plateaux des petits fours du traiteur branché qui régalait un cocktail d’happy fews et d’artistes américains. Ambiance surréaliste des années 70 au sommet de  Beaubourg ; cheveux longs et idées compliquées, petits  marquis et bas résilles, rastas et  cravates à pois, transparences et indécences  …..Bref un bain d’intelligenzia délirante…J’ai mieux compris quand j’ai vu l’expo à où de vieilles bouteilles de ketchup côtoyaient des présentations de happening et des vidéos de poils pubiens animés entre deux éclairages déclinés en oeuvres d’art… Le clou de l’ensemble était à mon avis un poulet rôti en plastique soigneusement posé dans un luxueux petit cercueil de velours .

Les artistes sont visionnaires, la mort du poulet annonçait sans doute la grippe aviaire avec vingt ans d’avance !