Mythique Zeus

Zeus transformé en nuage pour séduire Io!

Vendredi 28 Aout 2020,

Certains lecteurs attentifs et curieux m’ont demandé pourquoi Héraclès avait eu la malchance de se voir condamné à accomplir douze travaux impossibles. Un peu de mythologie ne nuira pas !

Toute l’affaire vient de Zeus, le roi des dieux, qui était un sacré chaud lapin. Il multipliait les infidélités et utilisait ses talents divins pour se métamorphoser afin de séduire celles sur lesquelles il avait jeté son dévolu.

Insatiable et infatigable, il se changea ainsi en cygne, en taureau, en nuage, en serpent, en aigle ou en cheval, pour concevoir des demi-dieux à tire-larigot. A noter également qu’il se transforma en pluie d’or pour conquérir Danaé enfermée par son père. Cette anecdote est peut être à l’origine des “golden showers”, chères à Trumpy !

Dans la série de ses nombreuses aventures, Zeus tomba amoureux de la mortelle Alcmène, qui de son coté adorait son mari Amphitryon. Aussi pour simplifier des démarches de séduction qui s’annonçaient complexes, le roi des dieux prit modestement l’aspect du mari aimé. De cette union naquit Héraclès. Héra, l’épouse de Zeus, folle furieuse, poursuivit l’enfant puis l’adulte qu’il devint, de sa terrible vindicte. Ainsi, elle l’incita en utilisant ses pouvoirs divins, à tuer son épouse et ses enfants. Les dieux punirent ce forfait en imposant à Héraclès, les fameux douze travaux qui firent sa réputation à travers les siècles.

A noter que Zeus fut aussi séduit par le jeune et superbe Ganymède, qui devint l’échanson des dieux sur l’Olympe.

La centrale de navigation de notre voilier s’appelle Zeus , ce qui nous promet des vents favorables mais ne garantit pas une fidélité sans faille !

L’été grec et les travaux d’Héraklès

Vendredi 14 Août 2020,

Nous avons finalement réussi à partir en Grèce et, à l’arrivée, à passer à travers les mailles du test du covid aléatoire qui guettait les arrivants. Je me méfiais un peu sachant que je ne gagne jamais à la loterie mais que j’attire irrésistiblement les contrôles aléatoires… Ensuite nous prîmes une route étoilée dans la nuit grecque, jusqu’au chantier naval où dormait paisiblement notre bateau depuis l’ère pré-covidienne. L’air était irrésistiblement doux, les panneaux de signalisation en grec faisaient déjà rêver le long de l’autoroute “Olympia” : Corinthe, Epidaure, Didymes … Cela sentait la myrte, le pin, le maquis, nous étions déjà au pays des dieux.

A notre arrivée très tardive à Kilada (23 heures), nous avons foncé vers la taverne de Nikos, tenaillés par la faim et inquiets de trouver porte close. Mais la taverne était comme de coutume pleine à craquer, les enfants jouaient en courant entre les tables, dans une ambiance joyeuse. Le patron s’est précipité pour nous saluer, comme si nous étions venus la veille et nous a trouvé une table bien placée. On nous a aussitôt apporté un choix de délicieuses petites entrées à choisir et une carafe de rosé bien frais. On s’est tout de suite senti vraiment mieux pour réfléchir à notre première épreuve. Nous devions coucher sur le bateau à sec où on nous avait signalé un nid de guêpes qu’il fallait éliminer dés notre arrivée . Le rosé de Kranidi nous a heureusement rendu optimiste.

Nous avons donc fabriqué un costume d’apiculteur maison avec une passoire et un foulard en voile léger, associé à un tenue complète de voileux. On a décroché le nid qui était finalement peu développé, et après avoir traîné nos sacs en haut de l’échelle très raide qui permettait de monter sur le bateau, nous nous sommes écroulés, épuisés sur nos couchettes. Le lendemain, ce fût le nettoyage des écuries d’Augias , à savoir, il fallait tout récurer à bord. Il y avait du sable du Sahara amené par les vents du sud, des fientes de mouettes, de la poussière accumulée pendant de longs mois et autres saletés diverses. Puis on a constaté avec surprise que de nombreuses guêpes semblaient trouver refuge également sous la capote de l’annexe. Il a donc fallu organiser une deuxième opération guêpes, cette fois ci bien réveillées, sous un soleil de plomb. Il y avait déjà un tracteur télécommandé plat sous notre coque, prêt à déplacer Cipango.

Le lendemain matin dés l’aube, une bande de joyeux drilles grecs s’affairait sous le bateau en s’interpellant. J’ai juste eu le temps de descendre de mon échelle en nuisette et entre deux guêpes, que déjà le bateau démarrait, partait sur le chantier, tournait sur lui-même, et s’apprêtait à aller sur la route. La porte du chantier a été démontée pour qu’il puisse passer, les voitures ont été arrêtées, et “Cipango” a traversé dignement, seul comme un grand, devant un camion. Ensuite, après un créneau habilement négocié par le responsable de la télécommande, il s’est mis en place devant la grue mobile qui allait le soulever avec de grosses sangles comme un éléphant prisonnier et le poser délicatement dans la mer. “Oh, que ma quille éclate! Oh, que j’aille à la mer ! ”

Et nous nous sommes retrouvés dans la baie protégée de Kilada, tout ébaudis et tout heureux. On a pu enfin se baigner, dans une eau douce et claire. Il nous restait à réarmer le bateau, remettre les voiles, monter en haut du mât pour vérifier les drisses…..

Bref, tout un programme, pour enfin ,” tel un vol de gerfauts hors du charnier natal, partir, ivres d’un rêve héroïque et brutal”, à la conquête des îles grecques ….