
Vendredi 23 Avril 2021,
Il était une fois quatre frères et soeurs issus d’une famille d’horlogers. Ils vivaient chichement et un peu reclus dans une immense bâtisse à Morez au coeur du Jura et n’avaient pas d’héritiers direct. A leur mort, un cousin lointain hérita de la maison et la vendit sans la voir à la municipalité pour 120 000 Euros.
A charge de la ville de la vider ! Les services de la mairie se répartirent la tâche. C’était un véritable capharnaüm ! C’est ainsi que Martine Riollan, chef des services généraux, découvrit entre deux cartons remplis de vieilles chaussettes, des bocaux à cornichons et des vieilles boites à café pleines de pièces d’or. Dans un carton plein de courrier dormaient également cinq lingots d’or !
Un vrai trésor de 500.000 euros! Un secret qui resta bien gardé dans un premier temps. Deuxième surprise, quelques mois après, dans un vieux coffre fort récalcitrant, les heureux élus, c’est le cas de le dire, découvrirent encore plus de 500 pièces du plus bel or. Re-belote! Encore 150 000 euros.
Ces histoires de pièces d’or n’arrivent pas que dans les journaux. Mon grand-oncle avait du bien et était très économe. Il adorait donc ce qui était gratuit. Pour vous donner un exemple, il acheta pendant longtemps du camembert “des Prélats”, car il y avait une carte à jouer offerte dans chaque camembert. Il avait évidemment bien d’autres jeux de cartes mais il voulait se constituer ce jeu gratuit de 52 cartes.
Comme ils n’étaient que deux pour le repas, ce fut très long de consommer les 52 camemberts nécessaires à cet objectif. Sans compter le temps de correspondance pour les échanges avec la maison “des Prélats”, quand il avait des cartes en doubles. Quand il eut enfin réuni un jeu complet, il fut fou de joie et nous déclara avec l’humour qui le caractérisait : “Je suis bien content d’avoir fini, car ce camembert, il était franchement mauvais !!!!!”
A sa mort, il nous avait réservé une petite surprise de son acabit ! Il nous avait concocté un jeu de piste pour retrouver ses “asticots”, en anglais par précaution car les gens du village ne le parlait pas. La piste menait au bûcher situé dans un cabanon ouvert à tous vents. Sous les bûches étaient enterrés des bocaux remplis de pièces d’or.
Je vivais malheureusement en Californie lors de cet extraordinaire jeu familial. Mes soeurs m’ont téléphoné, ce qui à l’époque était encore rare et cher, dans un état d’excitation indescriptible et je ne comprenais absolument rien à leur discours codé : “On a retrouvé les asticots de l’Oncle Fernand. On a retrouvé ses asticots….!”
Elles pensaient que j’étais peut-être sur écoute ! Il faut se méfier des oreilles ennemies et des américains.
Toute la soirée, elles ont compté les pièces d’or comme l’oncle Picsou, dans une ambiance inoubliable, en buvant du Vouvray que l’Oncle Fernand avait également prévu pour fêter l’événement !
PS: Les prénoms ont été changés,…. on ne sait jamais!


