Samedi 27 Novembre 2021,
J’ai un petit faible pour un chapelet d’îles magiques , qui semblent nées de l’Océan pour enchanter les hommes qui ont la chance de les croiser. Elles essaiment la mer Egée comme une série d’étoiles lumineuses, légères comme une voie lactée maritime…
Imaginez qu’un dieu de l’Olympe a du en saupoudrer les eaux translucides, un soir de poésie!
Les “Sporades”, appelées aussi les “îles dispersées”, se sont tellement égayées qu’on en retrouve partout, du Dodécanése avec les douze îles des Sporades du Sud au large de la Turquie, jusqu’en Polynésie avec les Sporades Equatoriales! Elles ont donné leur nom à l’adjectif “sporadique” en français, c’est à dire “qui existe ça et là” ( Sporadikos en grec).
Entre mer et ciel, ces îles très boisées sont recouvertes de pins parasols odorants, de tamaris fragiles et de jujubiers turbulents . Des plages de sable clair y caressent à l’envi de petits ports colorés, et des villages perchés se détachent sur un ciel d’azur.

Nous arrivons d’abord à Skiathos, sur la plage de Koukounaries que certains considèrent comme la plus belle plage de Grèce. Magnifique! Elle est cependant un peu trop aménagée à notre goût ! C’est la rançon de la gloire ! Mais il y en a beaucoup d’autres tout au long des rivages que borde une végétation dense. L’île de l’ “ombrage” (Skia en grec), dont les forêts avaient impressionné les premiers habitants à l’époque pré-hellénique , mérite toujours son nom.

Nous abordons ensuite la petite capitale qui a donné son nom à l’île. C’est un endroit vivant et branché où arrivent en permanence des ferries , mais qui a gardé cependant une certaine authenticité si l’on dépasse les joyeuses tavernas du bord de mer!

Des maisons ottomanes s’accrochent en étage au dessus du port, de petites rues tranquilles s’enfoncent vers des chemins cachés couverts de bougainvilliers carmins, des monastères secrets incitent à la prière.

Skopelos est l’île suivante, une île sereine et douce, où foisonnent les petites criques, peuplées par des chèvres acrobates qui galopent sur d’inaccessibles falaises. Nous y avons dévoré des oursins sur un petit port de poupée, nagé dans une eau limpide avec des poissons curieux, avant d’arriver à la capitale, qui porte comme d’habitude le nom de l’île, soit “rocher élevé” en grec. Est-ce pourquoi, contrairement à la coutume insulaire, le village s’étend du port le long de la baie, pour grimper ensuite sérieusement et offrir une vue panoramique? D’innombrables églises éclairent de blanc et bleu la montée, et de minuscules cafés permettent de savourer un jus d’orange frais pour une pause bienvenue.

Selon la légende, Skopélos a été fondée par Staphylos, un fils de Dionysos et d’Ariane, une princesse crétoise . Les crétois ont effectivement introduit ici un vin très renommé d’après les textes de Sophocle (409 av. J.-C.) ! Il faut dire que Staphylos veut dire la grappe de raisin !

A noter pour le fun: Agnontas de Préparethos, fut champion Olympique à La 53ème Olympiade en 568 av. J.-C. … Et surprise! Nous avons pu admirer, au sud de Glossa, la statue d’un rameur du pays, champion olympique en 2004 ! On n’a pas attendu le film Mamma Mia, qui fut tourné à Skopelos, pour parler de cette ile étonnante !

Autre originalité, et non des moindres, les femmes ici bénéficient d’un système matriarcal. C’est à dire que la transmission de la fortune et des noms de famille passent par la ligne maternelle. Cette règle originale, qui date du régime de Sparte, subsiste encore dans quelques îles bénies des dieux… et des déesses!
C’est avec regret que nous avons quitté cette île, pour rejoindre Alonissos qui nous réservait d’autres trésors…













