Secrets de Piscine

Jeudi 30 Mars 2023,

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La Piscine de la rue des Champs, bâtie entre 1927 et 1932 à Roubaix, était une véritable innovation révolutionnaire. En effet, rares étaient les endroits à l’époque où pouvaient se côtoyer les ouvriers et les bourgeois pour le plaisir!

Le maire socialiste de Roubaix, Jean-Baptiste Lebas, élu en 1912, avait mis fin à une génération de grands propriétaires du textile qui dominaient la politique locale. Il mit en place très rapidement un programme pour répondre aux demandes de la population. Mais la première guerre mondiale arriva très vite, et, ayant été fait prisonnier, il fut envoyé en captivité en Allemagne.

A son retour , il constata les ravages terribles de la tuberculose chez les enfants. Il commença alors par créer à la campagne une “école de plein air ” pour que les jeunes puissent y respirer un autre air qu’à la ville! Une fois cette école construite, cet homme créatif s’attaqua au projet d’une piscine pour lutter contre la tuberculose et y installer des salles de bain.

Pour cela , il fit appel à Albert Baert qui avait construit les bains Lillois et les bassins de Dunkerque, à cheval sur les 19ème et 20ème siècles. L’architecte proche de la bourgeoisie industrielle voulait réaliser à cette occasion la grande oeuvre de sa vie. Il répondait à l’air du temps, le fameux style “Art Déco”. Il imagina ainsi une superbe mosaïque en forme de vagues pour border le grand bain. Il y intégra également des motifs maçonniques, d’inspiration égyptienne.

Le bâtiment était construit sur les plans d’une abbaye cistercienne, avec un jardin central entouré d’édifices. Le grand bassin correspondait à l’église.

Pour simuler le passage de la lumière d’est en ouest, Albert Baert créa deux immenses grandes verrières qui donnaient l’impression que le soleil luisait sans cesse.

Pour parfaire l’illusion, un grand soleil illuminait une des verrières.

Le bassin faisait 50 mètres de longueur, ce qui était très rare pour l’époque. A l’ouverture du site en 1932, le projet fit l’unanimité. Il correspondait bien à la philosophie sociale voulue par le maire.

En tant que ministre du travail, de Juin 1936 à Juin 1937, celui-ci instaura les congés payés et la semaine de 40 heures. Le droit aux loisirs était lancé!

En plus de la piscine et du grand bassin, il y avait des salles de bains pour hommes, femmes, ou familiales. L’établissement comportait aussi des bains médicaux pour les maladies de peau, des salons de coiffure et de manucure. Il y avait cette volonté d’offrir à la classe ouvrière le lieu le plus beau et le plus propre possible. Au sous-sol, se trouvait une laverie industrielle. Le linge était traité pendant que les gens se baignaient. ” explique Bruno Gaudichon, conservateur du musée actuel

Cette piscine était proche de la philosophie des bains antiques. Les lieux étaient très fréquentés et appréciés. Elle était pour la classe ouvrière sans conteste une échappatoire à la morosité de la vie à l’usine”.

En 1985, la fragilité de la voute de la Piscine entraina sa fermeture, après cinquante trois années de bons et loyaux services, au grand dam de la population. Les habitants de Roubaix avaient une affection véritable pour leur “Piscine” et pour l’histoire sociale qu’elle évoquait.

L’équipe municipale en place a beaucoup réfléchi pour trouver une solution qui corresponde à cet endroit hors du commun et au formidable brassage social qu’il avait créé. Cet attachement de la population pour sa piscine a surement sauvé l’édifice d’une démolition annoncée.

Car la Piscine a été réhabilitée et transformée en un superbe espace culturel. La proposition de l’architecte Jean-Paul Philippon respecte l’âme du site et est également l’avant-garde d’un nouveau concept de musée tourné vers la vie sociale et économique. Son projet fait du lieu central, “le bassin,” un endroit magique, où subsiste un grand miroir d’eau adaptable à toutes les scénographies.

Désormais, la “rue des Champs” ne sent plus le chlore, cette odeur qui a bercé des générations de nageurs! L’étonnante “Piscine” de Roubaix a su trouver un autre destin, compatible avec son histoire passionnante !

Petit tour en Californie ….

Courez vite au cinéma voir “Les Fabelmans”, qui retrace merveilleusement les souvenirs du talentueux Steven Spielberg!

Sa passion libératoire pour le cinéma, qui date de son plus jeune âge, lui a permis de comprendre que pour être heureux il fallait recréer le monde et le façonner à sa main. Il commente son travail ainsi :

” Le récit ne cessait de me ramener à de véritables souvenirs. C’était à la fois délirant et étrange de voir se dérouler sous mes yeux la reconstitution d’événements qui m’étaient réellement arrivés.”

Le film à est à la fois intimiste et “hollywoodien”. Il évoque les prémices du talent du réalisateur, ses nombreuses sources d’inspiration familiale, et les multiples formes d’antisémitisme dont il a été victime.

“Fabelman”, l’homme “des fables” qui, tout petit, fut effrayé par un film de Cecil B. DeMille, a utilisé la “chambre obscure” pour vaincre ses peurs. Il raconte pour la première fois sa propre vie, ponctuée par les déménagements qui suivent la carrière de son père, de la Pennsylvanie à la Californie en passant par l’Arizona.

De mon coté, j’ai revu dans ce film avec émotion mes joyeuses années californiennes.

J’y ai retrouvé l’inimitable douceur de vivre de ce coin de paradis, la végétation luxuriante, la présence constante des bougainvilliers, et surtout l’odeur fabuleuse et entêtante du jasmin.

J’ai revu les sentiers étroits des superbes parcs nationaux d’Arizona et les plages blondes de Los Angeles, que j’ai eu la chance de sillonner il y a quelques années.

Mais hélas, les temps changent et le climat se révolte, comme certains hommes de peu de foi n’ont pas voulu l’admettre! J’ai du mal à réaliser qu’à l’heure où je vous écris il y a tant de neige en Californie que de nombreux parcs nationaux sont fermés, et que certains habitants sont toujours bloqués chez eux. Car il y a eu une terrible tempête de neige accompagnée d’un blizzard inédit à ce jour !

Cela fait quarante ans qu’il n’y avait rien eu de comparable ! Par ailleurs, la sécheresse sévit et des incendies redoutables sont de plus en plus fréquents. La région a fait face l’été dernier à des “monstres de feu” derrière Los Angeles et San Diego, écrasés de chaleur par une canicule qui atteignit 43 degrés. “Inferno!” ont pu dire quelques rescapés cultivés, en référence à cette réplique de l’enfer de Dante,!

Ces phénomènes dus au changement climatique créent des forêts “zombies” sur des centaines de kilomètres dans les montagnes rocheuses, à la frange d’altitude où la température est devenue trop élevée pour les conifères existants et fait mourir les plus jeunes plans. Dur à imaginer!

Breaking News !!!!

Un nouvelle alerte est prévue ce week-end avec l’arrivée de véritables “rivières atmosphériques” dans le ciel, qui proviennent d’Hawaii et devraient entrainer des pluies torrentielles et des inondations catastrophiques.

Un article du New York Times écrit, tenez vous bien, par Jésus J., évoque même l’arrivée d’un véritable déluge. Nous sommes vraiment en train de vivre “en live” un nouveau film catastrophe à la Spielberg!

Entre enfer et déluge, y aura-t-il une voie pour notre rédemption?