Fariboles avec la reine

Vendredi 27 Janvier 2023,

Pour Noël cette année, nous avons reçu, mon mari et moi, un cadeau royal!

Sous le sapin doré nous attendait une enveloppe couronnée, à l’intérieur de laquelle se trouvait une invitation à prendre un thé avec la Reine Marie-Antoinette en personne!

Le rendez-vous était aux Champs Elysées et nous pensions être un petit groupe pour cet évènement historique ! Il y avait une queue immense devant Ladurée. Mon mari était prêt à s’en aller en voyant cette foule. Mais notre sauf-conduit régalien nous permit de rentrer directement par la grande porte, comme des rois, sans attendre devant tous ces nouveaux manants que sont devenus les touristes!

Une hôtesse nous a guidé au premier étage, où une élégante table de trois personnes nous était réservée, devant une large fenêtre! Elle nous prévint que “Sa majesté allait arriver”!

Eberlués, nous nous sommes demandés si notre tenue était à la hauteur de la situation. Un maitre d’hôtel cérémonieux vint nous servir un thé accompagné de macarons et d’autres mignardises appétissantes.

Soudain, nous apparut la Reine de France dans toute sa magnificence! Elle était en robe d’apparat et coiffée d’une impressionnante perruque poudrée. Elle tendit dignement le bras vers mon époux et lui dit d’un ton un peu sec : “L’usage voudrait que vous me baisiez la main!”. De mon côté, je me suis contentée de faire la révérence, comme celles que j’avais doctement appris à faire toute petite.

Une fois installée, elle nous demanda ce que nous savions d’elle et si nous donnions foi à toutes les médisances qui avaient couru sur son compte. Elle évoqua la fameuse anecdote “Alors donnez leur des brioches!” qui, selon ses termes, n’était qu’une “fake news” de l’époque. Dénonçant les nombreuses cabales qui émaillèrent son règne, elle nous raconta alors sa vie en détail pendant deux heures passionnantes!

Sa mère, Marie-Thérèse d’Autriche, est très amoureuse de son mari, l’empereur Francois Etienne, ce qui était exceptionnel à l’époque. Elle lui donne quatre garçons et dix filles tout en régnant habilement sur son empire. Elle entreprend de caser ses enfants avec les familles régnantes. Marie-Antoinette est la petite dernière, qu’elle désire voir convoler avec le futur Louis XVI. Elle présente sa proposition d’union dès les dix ans de la petite fille. La tâche est ardue car “Maria Antonia”, son petit nom dans l’intimité familiale, a été élevée “à hue et à dia,” et n’est pas très douée pour les langues ! En revanche, elle excelle en danse et en musique. Mais on doit sérieusement s’activer en coulisse pour que, une fois l’affaire conclue avec le royaume de France, “la chrysalide se transforme en papillon”.

Les dents en avant de la future reine laissent à désirer, aussi le roi Louis XV envoie à Vienne son dentiste le plus compétent pour pallier à ce problème. Elle parle mal le français; deux comédiens lui sont alors dépêchés à Vienne pour améliorer son accent et son orthographe. Myope, elle porte des lunettes; elles sont supprimées dans ses portraits. Les peintres ont également pour instruction de ne jamais la représenter de profil, pour dissimuler sa lèvre légèrement tombante, une marque des Habsbourg!

Après un mariage à distance, comme c’était la coutume pour éviter un renoncement de dernière minute, la petite princesse de quatorze ans part pour un voyage de quatre semaines afin de rejoindre Versailles où l’attend son destin.

A la frontière, elle doit quitter entièrement ses vêtements pour s’habiller d’atours français. En larmes, elle est séparée de sa dame de compagnie, remplacée par une comtesse française un peu revêche. Même son petit chien lui est retiré. Elle garde un souvenir cuisant de ce cérémonial!

A l’arrivée, après une cérémonie protocolaire, un dîner “au grand couvert” est organisé à Versailles, entouré de milliers de courtisans avides du moindre aperçu.

La cour attend avec impatience le “coucher” des mariés! Chacun espère que Louis sera à la hauteur de la réputation des Bourbons. L’atmosphère manque d’intimité! Mais rien ne se passe!

Dans un premier temps, on croit à l’émotion… et à l’inexpérience des acteurs!

Mais cette situation perdure. Et c’est un problème, sachant que le rôle de Marie Antoinette est essentiellement de faire des enfants au Dauphin. Il n’était pas prévu que celui-ci souffre d’un problème de phimosis qui contrarie ses performances amoureuses !

La suite vous sera contée la semaine prochaine!

Pandore et la malédiction de Zeus

Vendredi 13 Janvier 2023,

Les dieux, comme les dictateurs, et même certains hommes, n’aiment pas être contrariés.

Prométhée offre le feu aux hommes

Il faut savoir qu’au début de l’humanité, dans le monde grec, sous le règne de Cronos, les dieux et les hommes vivaient ensemble dans une sorte de paradis où tout était parfait. C’était une époque bénie, appelée l’âge d’or, juste après la création de l’homme! Les fruits et les légumes poussaient tout seuls et tout le monde était végétarien. Les habitants étaient beaux et ne connaissaient pas la vieillesse, alors qu’ils passaient leur temps à manger et à boire! La terre jouissait d’un printemps perpétuel, les hommes vivaient presque éternellement et s’endormaient un jour, sans souffrance.

Zeus malheureusement s’imposa à Cronos, son père, et décida alors de confier la création des hommes à deux Titans, Prométhée le prévoyant, et son frère Epiméthée le sot.

Mais rien ne se passa comme prévu. Pour aider son frère, Prométhée déroba le feu sacré des dieux pour aider les hommes, mal lotis dans le partage initial que son frère avait préparé.

Zeus, devenu le nouveau dieu des dieux, décida de se venger de cet affront.

Mais, détail primordial, la femme n’existait pas encore chez les hommes. Les convives des banquets devaient bien s’ennuyer à jouer de la flûte et à dévorer des figues et du raisin. L’histoire ne dit pas comment ils se reproduisaient, probablement par magie ou grâce à une intervention divine!

Alors Zeus, comme tous les vainqueurs, voulut transformer le paradis de Cronos. Il conçut un plan d’attaque et demanda à Héphaïstos de modeler en argile une femme superbe à laquelle tous les dieux offrirent des dons. Athéna lui donna la vie, Aphrodite la beauté, Apollon le talent musical, Hermès la persuasion et la curiosité, et Héra la jalousie…

Il l’appela Pandore. En effet, tous les dieux lui firent un présent et “pan – dora” en grec signifie “tous les dons”.

La belle Pandore

Zeus offrit la main séduisante de Pandore à Epiméthée le sot, qui l’accepta aussitôt.

Pour tester cette nouvelle beauté, Zeus confia à Pandore une mystérieuse jarre fermée qu’il ne fallait surtout pas ouvrir. Inutile de vous préciser que celle-ci finit bien sûr par céder à la curiosité! Aussitôt, tous les maux de la terre se répandirent à travers le monde : la vieillesse, la maladie, la guerre, la famine, la misère, la folie, le vice, la tromperie, la passion, l’orgueil…..

Quant à l’espérance, qui est censée être restée au fond du pot selon le texte grec classique, il parait que c’est en fait une interprétation erronée à la suite d’une mauvaise traduction! Pas d’espérance en vue, donc! Par ailleurs, notons que la jarre fut qualifiée de boite, d’où la référence à la “boite de Pandore”!

Malheureusement, quand je vois le monde d’aujourd’hui, je constate que tous ces maux sont encore là et largement présents. Hésiode, l’auteur du livre “Des travaux et des jours” qui raconte cette création du monde, a juste oublié le réchauffement climatique.

Par ailleurs, Prométhée qui avait volé le feu sacré, fut bien sûr puni et enchainé à un rocher sur le mont Caucase, où son foie était dévoré chaque jour par un aigle et repoussait le lendemain! Cette créativité dans la torture a sans doute inspiré les tortionnaires de la région qui ont continué de démontrer cette sauvagerie jusqu’à nos jours.

Prométhée dévoré par un aigle

En déclenchant il y a un an l’invasion de l’Ukraine, Poutine, prétendument inspiré par un combat quasi divin contre les forces sataniques de l’occident, aurait-il oublié le mythe de Pandore et la malédiction qui domine cette région du Caucase?