Le vieil olivier et les hommes

Vendredi 29 Avril 2022,

C’est l’histoire d’un olivier magnifique et très vieux qui vit au sud de la Grèce. Les villageois l’ont dénommé affectueusement “Mathusalem”. Superbe, il surplombe la mer et voit passer tous les navires qui longent le Péloponnèse pour traverser la Méditerranée.

Mathusalem a été planté il y a plus de deux mille ans dans une oliveraie près d’Olympie où naquirent les jeux olympiques en 776 avant Jésus-Christ pour honorer notre ami Zeus.

De sa position face à la mer jolie, il a vu passer une partie de l’histoire de la Grèce. Durant sa jeunesse, Mathusalem a vu passer Hérodote, né en 480-JC à Halicarnasse, qui est devenu Bodrum en Turquie, avant d’aller fonder la ville de Thuriol à coté de Tarente en Italie où il finit sa vie. Le “Père de l’histoire” avait beaucoup voyagé, en enquêteur insatiable et curieux qu’il était et mérite bien ce titre que Cicéron lui a donné.

Manuscrit des Enquétes d’Hérodote

Notre arbre a vu grandir la civilisation grecque antique qui a essaimé des comptoirs tout autour de la Méditerranée, d’Antioche à Bagdad, d’Alexandrie à Naples, de Marseille à Aléria et ce qui est moins connu de nous, tout autour de la mer Noire .

colonisation_grecque_12_legende

Au début des temps, le Péloponnèse était une presqu’ile séparée du continent par l’isthme de Corinthe, qui fait moins de sept kilomètres de large. Il y avait quand même du passage, mais c’était compliqué! Afin d’éviter de franchir le fameux cap Maleas, ce “cap Horn grec” dont je vous ai déjà parlé, les navigateurs avaient coutume de transporter leurs bateaux d’une rive à l’autre de l’isthme en les faisant rouler sur des rondins de bois que l’on tirait avec des cordages et des contrepoids!

En 67 avant Jésus-Christ, notre olivier avait bien ri quand il a entendu évoquer la première tentative de construction d’un canal de Corinthe. C’est l’empereur Néron en personne qui inaugura le lancement de cet ambitieux projet, avec une pelle en or ! On ne lésinait pas sur les moyens à l’époque! L’année suivante, son successeur Galba, un peu moins fou, jugea le projet trop onéreux et arrêta les frais. Les nouveaux travaux du canal de Corinthe ne recommencèrent vraiment qu’en 1882, pour se terminer en 1893. Beaucoup, beaucoup, plus tard!

Au moyen-âge, notre arbre a vu passer devant lui de belles croisades et de nombreuses civilisations. Il a vu se développer la souveraineté des Francs dans tout le Péloponnèse au XIIIéme siècle, puis des Byzantins, des Ottomans, des Vénitiens et de nouveau des Ottomans jusqu’à la guerre d’indépendance grecque. De son champ, il admira la construction de Méthoni et de sa forteresse, qui combine tous les styles .

En 1676, Mathusalem a vu sept cents Maniotes quitter la région pauvre du Magne tout proche et partir fonder Cargèse en Corse.

Au 19ème et 20ème siècle, il a vu aussi des grecs qui fuyaient la pauvreté, les épurations ethniques et les dictatures qui ont ponctué l’histoire récente du pays. La diaspora mondiale compte actuellement de l’ordre de sept millions de grecs d’origine, à comparer aux dix millions d’habitants qui vivent dans le pays des Dieux.

Aujourd’hui, les champs d’oliviers qui vivent dans les endroits isolés du Péloponnèse sont mal entretenus et étouffent au milieu des herbes folles. C’est le cas de notre vénérable olivier , dont le tronc noueux et la ramure se sont tellement développés qu’il en meurt.

Etant donné le grand âge du malade, le pope du coin a demandé conseil à un guérisseur d’oliviers pour qu’il donne son avis. Si, si, cela existe!

Consultation auprés du guérisseur

Le verdict du guérisseur s’est avéré inattendu! Notre vénérable olivier se moque des plaies du temps mais il manque cruellement d’hommes pour le cajoler, le soigner, et le récolter. Il a vécu depuis tant d’années en leur compagnie qu’il a besoin de leur présence. Alors le village s’est mobilisé pour lui rendre hommage et le sauver. Depuis, les familles des environs vont pique-niquer régulièrement sous son ombrage pour s’en occuper.

A cette occasion, Mathusalem a entendu parler du sort tragique de la ville de Marioupol, dont l’histoire est fortement liée à la Grèce…

Un peu d’histoire pour suivre une affaire compliquée :

De nombreux grecs ont fondé des colonies autour de la mer Noire dès le VI ème siècle avant Jésus-Christ, par nécessité ou par soif d’aventures. Une seconde vague de colonisation grecque se développa ensuite à la fin de l’empire byzantin, et ce jusqu’à la défaite de l’empire ottoman face à la Russie en 1829, qui se traduit alors par un contrôle de la Russie sur la mer Noire.

Une partie des anciennes colonies grecques se développaient alors tranquillement notamment en Crimée, au côté des fameux tatars, jusqu’à ce que la Russie les annexe. Catherine II décida alors de les envoyer vers la mer d’Azov, principalement autour de Marioupol et dans le Donesk, pour “rechristianiser” les terres prises à l’empire Ottoman.

Du coté de l’empire Ottoman, sur la rive nord de la Turquie actuelle, les communautés grecques dites “Pontiques” représentaient 600 000 personnes en 1920. Elles furent expulsées vers la Grèce en 1924 en application du traité de Lausanne, mais seulement 260 000 y arrivèrent. Les grecs parlent du “génocide pontique” au même titre que le “génocide arménien”.

En Ukraine, dans les années 1930, la population d’origine grecque avait atteint 300 000 personnes environ. En 1937, Staline décida de déporter ces populations vers l’est, principalement en Ouzbekistan, pour une campagne déjà intitulée “opération spéciale”, un terme malheureusement d’actualité! Cette persécution de masse continua pendant la guerre pour culminer dans le tragique en 1949 avec la déportation du reste des grecs habitants au nord de la mer Noire. L’explication officielle soviétique utilisée à l’époque était de “purger les zones côtières de populations politiquement instables”! Tout ceci entraina de 15 000 à 50 000 morts selon les historiens et plus de 60 000 déportés. Peu de temps après, à la fin de la guerre civile grecque, certains communistes, optimistes mais mal informés, qui avaient peut-être des ancêtres originaires de la mer Noire, ont quand même trouvé refuge en URSS.

Image
Les grecs de Marioupol

Au dernier recensement, il y avait encore 91 500 Grecs en Ukraine, dont notamment une communauté grecque très active de 70 000 personnes à Marioupol, qui partage maintenant le triste sort de cette ville martyre. Quelques habitants ont pu regagner la Grèce avec leur famille. Il y aurait environ 5500 réfugiés d’Ukraine à Athènes actuellement.

Alors Mathusalem se met à penser à toutes ces vagues successives de migrants passés devant lui depuis plus de deux mille ans, et à tous ceux qui n’ont toujours pas trouvé d’endroit pérenne pour vivre en paix. Comme la déesse Europe poursuivie par Zeus ! Puisse celle-ci, en tant que gardienne de nos espoirs, arriver à protéger les minorités persécutées, comme veut le faire aujourd’hui l’Union Européenne qui porte son nom!

Pris d’un fol espoir, notre olivier recommence à faire pousser de petites olives qui pourront à leur tour aller réensemencer les rives de mer Noire ou d’ailleurs, une fois le déluge de feu terminé. Quand on a vécu si longtemps, au pays des philosophes, on sait attendre !

Et au pays des Dieux, on sait bien que Poutine souffre d’un orgueil sans limites, l’hubris, et que tel Icare, sa démesure délirante sera châtiée un jour, … mais quand donc?

Vendredi saint

J’ai écrit ce texte le 25 avril 2003, il y a 19 ans … Impossible de croire à quelle vitesse passe le temps et surtout la vie ! A l’époque, j’habitais en Californie, et c’était la guerre d’Irak ! Il semble que les hommes sont incapables de vivre en paix. Oui, surtout les hommes !

Date : vendredi 25 avril 2003 

Objet : Pâques et Passover

C’est la semaine sainte, j’ai presque oublié le dimanche des Rameaux, cher à mon père, qui porte ici le joli nom de « Palms Sunday ». Sur Sunset Blvd, le parc de la grande maison au coin de Maple drive est couvert depuis déjà longtemps de lapins gigantesques, et d’œufs immenses.

Ces gens-là ont le sens de la déco, à Noël, les pères Noël dansent la gigue dans leur propriété et pour Halloween, monstres et cadavres rivalisent pour interpeller le flot continu de voitures. Ils ont de la place pour stocker tout ce matériel digne d’une super-production ! 

Vous ne le savez peut-être pas, ici ce sont les lapins qui apportent les oeufs de Pâques, et, depuis un mois, les pâquerettes fleurissent sur les cours de golf. Au supermarché, les gondoles débordent de produits casher et, sur les sacs, on me souhaite un « happy Passover » en hébreu. Je me sens décalée, point de menu de Pâques, de gigot d’agneau en promotion, pas la moindre salade de pissenlits… Le magasin Rite Aid a retiré de ses rayons de beaux oeufs roses, débordant de GI en tenue de combat, sous la pression d’associations bien-pensantes. De toute façon, la guerre est censée être  terminée.

Jésus Gonzales, de Twentynine Palms, est rentré au pays les pieds devant, et la seule femme indienne impliquée dans ce combat,  qui n’était pas le sien, a été tuée, malgré les prières de la tribu Hopi et donnera son nom à la Squaw Mountain qui sera débaptisée, dans cinq ans à cause de problèmes de procédure.

Il y a bien sûr en Irak trop de morts et trop peu de montagnes pour honorer ainsi les innocents pris au piège de cette guerre d’intérêt des Grands, qui ne sont pas partis la faire.

La famille de Rebecca est partie, elle, au grand complet en « camp religieux » dans un hôtel chic de Marina del Rey car, pour les juifs orthodoxes, les menus et les rites de Pâques sont compliqués.

Nous décidons d’aller skier dans la Sierra Nevada, comme les cloches ne passeront pas par ici, que nous n’irons pas chercher les oeufs dans le jardin des Closeaux, que ni les premières asperges ni le pissenlit sauvage n’arriveront jusqu’à Bristol Farms, et que mes parents, grands organisateurs de fêtes pascales reposent, désormais unis pour l’éternité, dans le cimetière de la Ferté-Beauharnais (Loir-et-Cher) auprès du Beuvron qu’ils ont tant aimé. 

Je sais que ma sœur prendra la relève, et que, dans le jardin du Bourg, les cloches passeront. Retentiront alors les rires de ses petits-enfants à moitié syriens et qu’ils seront loin de la guerre qui ne touchera pas, je l’espère, leurs grands-parents, bédouins dans le désert au sud d’Alep… 

On évoquera sans doute, entre la poire et le chèvre cendré, les tracts de la propagande « schleu » en forme de cloches envoyés par les avions allemands en avril 45 : « Nous venons de Rome, les Anglais n’y sont pas ! »  Tradition pascale oblige ! 

Je roule dans la nuit, Patrick dort épuisé par le poids de la conjoncture, Pénélope veille, fidèle, et me saoule de rap. 

Nous traversons des villes de Western, coincées entre le grand désert de la Death Valley et la Sierra Nevada, superbe et présente malgré le noir absolu : « Independance », « Bishop »  dont beaucoup de fils sont partis, si on en croit le nombre de rubans jaunes accrochés aux arbres qui signifient « Safe return for our troops ». 

L’autoroute, droite et efficace, arrive par miracle et sans lacets, jusqu’aux pieds de l’appartement que nous avons loué.  Grâce au sens pratique indéniable de ce pays, nous nous retrouvons dans un confortable canapé, devant un feu allumé en 10 secondes et une télé avec magnétoscope au mitan de la nuit… à 3 000 mètres d’altitude. Rien à voir avec les appartements à la montagne de notre métropole ; ici, il y a de l’espace et notre « one bedroom » pourrait héberger deux familles nombreuses de skieurs à Val d’Isère. Le lendemain  nous prouve une fois de plus l’efficacité de la logistique yankee, si, toutefois on sait se servir d’un ordinateur. Et nous nous retrouvons, très vite, en haut de pistes larges et damées à la perfection, entourées de sapins, avec une vue imprenable sur un horizon si large qu’on aperçoit au loin le Half Dome de Yosemite. Pénélope apprend comme il se doit à glisser sur un Snow Board, car le ski est bien sûr ringard désormais… Je chante sur le remonte-pente, je n’avais pas skié depuis si longtemps.

J’avais oublié la blancheur irisée de la neige, le ciel si bleu, le côté divin de la montagne qui fait croire, l’espace d’un instant magique, qu’on se rapproche de l’éternel.

A propos d’éternel, le dimanche de Pâques, dès l’aube, nous étions à la recherche de l’église catholique du coin cachée derrière le golf. Nous pensions être les seuls à huit heures du matin. Le lieu de culte ultra moderne, était bondé de jeunes, de vieux, de bébés, dont un de trois jours, qui n’avait pas encore retiré son bonnet « Mammoth hospital », de « Côte Est »,  de bûcherons californiens, de soixante-huitards aux cheveux longs, de femmes policiers irlandaises au profil de vierges, de baptisées de Pâques coréennes en robe de mariées, d’Hawaïens, d’Indiens, de rockers, de mexicains aux blousons siglés, de minettes hollywoodiennes aux nombrils à l’air, et nous, en tenue de ski, étions vraiment déconcertés. 

Dans un coin, trônait le “baromètre des donations” : 2,4 millions  à ce jour. Optimistes, ils avaient gradué jusqu’à 3,5 millions. C’est qu’on donne des sous à la quête ici, plutôt des chèques d’ailleurs qu’on dépose discrètement dans un panier de velours.

Dans la station, tous les gens qui travaillent arborent des oreilles de lapin roses. C’est Pâques, quand même… les épreuves de surf, et de ski alpin se terminent à ski nautique dans une piscine glacée. J’ai bien ri.

Pendant ce temps-là à Bagdad, on ne cherche non pas des oeufs mais toujours des armes de mass-destruction, et on trouve des dollars bien cachés, des Chiites qui s’autoflagellent, des Sunnites qui sortent des lapins, des Kurdes accompagnés d’Ali-Baba et les 40 voleurs.

Ils ont ouvert la boîte de Pandore, mais ils ne le savent pas. 

Qui est déjà ce Pandore ? pourrait dire Donald Rumfeld, qui n’a pas étudié le grec et le latin. (Un autre Ronald inculte viendra un jour trop vite)

Le soir de Pâques, un nouveau feuilleton hollywoodien commençait : HELEN OF TROY, sous titré « Desire is War »

Qui, dans sa vie, n’a pas eu la tentation d’ouvrir sa petite boîte de Pandore ? 

Je vous souhaite le bonsoir.

La Châtaigneraie

Samedi 9 Avril 2022,

Il n’y a dans cet endroit ni châtaignier, ni la moindre châtaigne, mais le nom est charmant et donne du courage à notre groupe de nouveaux, convoqués pour un séjour de rééducation dans cet hôpital de jour parisien dénommé ‘La Châtaigneraie”. En vérité, c’est un immeuble moderne situé rue de la Convention, qui était sans doute un endroit champêtre il y a deux siècles.

Je rentre dans le hall d’accueil avec mes sympathiques comparses, pour le pointage. Nous devons signer la feuille de présence et changer de masque. Je suis l’un des seules patients sans canne, ce qui me donne l’impression d’être une championne pour la première fois de ma vie!

Ensuite nous montons en ascenseur au vestiaire pour enfiler notre tenue de sport, pour redescendre ensuite au gymnase où nous attendent toutes sortes d’instruments destinés, parait-il, à faciliter la rééducation. Par exemple, se tenir bien stable sur une planchette qui bouge dangereusement, ou bien sur deux balances qui s’écartent , monter et descendre à l’infini des escaliers, pédaler allègrement sur un vélo qui mesure des paramètres inconnus, …

Pour la première épreuve, en ce qui me concerne, je dois marcher sur un tapis entouré de rampes à ne pas toucher mais en utilisant mes bras comme balancier, enjamber des obstacles qu’on me rajoute mais sans les renverser, marcher sur le coté puis à l’envers. Nous sommes entourés pour cela d’un régiment de kinés très motivés, et nous avons même un “kiné personnel”, qui nous est affecté pour tout le séjour.

Ensuite, c’est heure de l’orthophonie, discipline que j’aime bien car j’y obtiens de bonnes notes. Il s’agit de récupérer complètement mon langage, de faire travailler mes méninges pour booster mon cerveau qui est, parait-il, paresseux. Il faut développer ses synapses! Je travaille avec une charmante jeune fille, Julie, qui est bien plus jeune que mes enfants et qui, bien entendu, me demande de faire des exercices rapides qui commencent toujours simplement et finissent très compliqués. “Dites moi le maximum d’animaux que vous avez en tête, le plus vite possible”. Facile au début, mais tout d’un coup je n’ai plus grand chose en tête: “Non, vous avez déjà dit hippopotame”!

Puis cela se complique : “Si la flèche va vers le haut, vous dites qu’elle va vers le bas, si elle va vers le bas, vous dites qu’elle va vers le haut, si elle va à droite, vous dites qu’elle va à gauche, si elle va à gauche, vous dites qu’elle va à droite “. Il y a 56 cartes! Il faut perturber le cerveau! Le mien est épuisé! L’ensemble de ces charmants petits pièges ne dure qu’une demi-heure, mais à la sortie, vous êtes complètement rétamé, votre tête est en quenouille et votre cerveau épuisé! Mais cela marche !

J’ai fait beaucoup de progrès ! Je vous rappelle qu’à la sortie de l’hôpital il y a neuf mois, je ne pouvais plus parler du tout!

Ensuite, après une pause, j’ai rendez vous avec ma charmante kiné aux yeux bleus, Catherine. Je fais différents exercices, mais, dés que j’y arrive correctement, elle me dit: “Cela ne m’amuse plus, on passe à autre chose!”. Je monte sur d’énormes ballons, en envoie de tous petits avec des poids, marche de coté en levant le genou “plus haut, encore plus haut”, m’assois pour souffler sur une chaise, apprends à respirer,… jusqu’à que Catherine annonce avec délicatesse à sa stagiaire qui assiste à la séance: “je crois qu’on n’en tirera plus rien aujourd’hui”! Je comprends qu’elle parle peut-être de moi, et je m’arrête. Elle me confirme à ma grande joie: “C’est fini pour aujourd’hui!”.

Jusqu’à présent, je n’ai pas fait d’ergothérapie, qui me réserve sûrement quelques surprises. Je commence la semaine prochaine. Me rééduquer par le travail, tout un programme! A suivre.

Cette journée à hôpital de jour se termine ! Je rentre épuisée à la maison et dors tout mon saoul!