
Samedi 30 Octobre 2021,
Cet été, la Grèce brûlait sans discontinuer, et sans même préserver ses trésors. Il fallut fermer l’Acropole que la chaleur rendait insupportable, et évacuer Olympie, ceinturée de flammes menaçant ses sapins maritimes. Certains faubourgs d’Athènes furent évacués en catastrophe. La superbe île d’Eubée, couverte de pins d’Alep odorants, fut ravagée par des feux sans précédent. Il fallut transporter en bateau une partie des habitants, qui voulaient pourtant rester là pour sauver leur maison, et de précieux touristes apeurés qui voulaient sauver leur peau. Les pompiers sortirent de force de leurs monastères les moines qui comptaient sur leur Dieu pour protéger leurs âmes….
Mais Zeus était en colère et ne se contrôlait plus! Car les hommes ne respectaient toujours pas la terre et continuaient à la détruire.
Je suis revenue quand même au pays des dieux pour retrouver la sérénité.
Nous sommes arrivés par une nuit sans lune et une chaleur de bête, après une longue route sinueuse, encore sauvegardée du feu. Notre bateau, recouvert de poussière de sable du Sahara, attendait tranquillement dans son chantier naval qu’on vienne le chercher pour le mettre à l’eau. A deux heures du matin, l’épreuve me sembla terrible! Il fallut grimper sur une échelle branlante pour arriver jusqu’au pont à plus de deux mètres de hauteur, juste à côté d’un chenil où aboyaient avec énergie deux cerbères dignes de l’enfer. Un peu sportif comme mise en route!
Le lendemain, il faisait déjà plus de 41 degrés à l’aube, et après la traversée d’un désert brûlant pour atteindre les toilettes du chantier, nous avons été nous réfugier dans l’air conditionné d’un petit supermarché pour trouver l’avitaillement nécessaire à notre liberté. Les deux jours suivants furent à l’avenant, ponctués de travaux dignes d’Hercule et de multiples escalades périlleuses sur notre échelle instable, en attendant de pouvoir regagner la mer jolie qui nous tendait les bras.
Enfin, le bateau fut tracté vers le rivage et posé délicatement sur l’eau. Et, tels les Conquérants du poème, nous sommes partis, “ivres d’un rêve héroïque et brutal”, voguer sur la mer Egée, belle à couper le souffle des navigateurs …

A Ermioni, charmant petit village où les grecs de l’antiquité inventèrent les premières régates du monde, nous avons croisé Ulysse et ses parents, Laërte et Anticlée, qui ont navigué en notre compagnie quelques jours bénis des dieux !
A leur départ sous d’autres cieux, un incendie furieux s’est réveillé dans les montagnes, mais les habitués de la plage ne pas semblaient pas s’en inquiéter, alors que les Canadairs et les hélicoptères des pompiers frôlaient notre bateau dans un vacarme infernal.


Nous avons alors filé vers Chalchis, dans le golfe d’Eubée, pour nous s’éloigner des feux du dieu Héphaïstos, qui semblait suivre l’exemple de Zeus pour exprimer sa colère divine face à l’inconscience des hommes !
D’autres surprises nous attendaient…