Le mystère de l’ “Allemande”

Mercredi 1 Avril 2026

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C’est près de notre maison de famille de la Villardelle, perdue dans la forêt, que se sont déroulés de nombreux combats cruciaux pendant les deux dernières guerres mondiales..

Nous retrouvons toujours avec émotion les traces de ces terribles souvenirs : des tranchées encore apparentes, de vieux casques, des restes de fusils, et même parfois des obus non éclatés qui nécessitent l’intervention de spécialistes pour les éliminer! Les murs de la maison eux-même portent encore des cicatrices de ces tristes évènements, visibles malgré la vigne vierge que mon grand père avait fait pousser pour dissimuler ces dommages de guerre.

Quand j’étais enfant, j’ai même participé à des fêtes de la jeunesse étonnantes à Dormans, la petite ville voisine. Elles étaient intitulées curieusement “Camp de réconciliation par dessus les tombes”! Elles étaient destinées à inciter les jeunes français à rencontrer des allemands du même âge et plus, si affinités. Mais l’appellation de cette festivité m’avait toujours semblé maladroite!

Est-ce parce que ces bois ont une histoire singulière que des événements mystérieux semblent s’y produire encore?

Toujours est-il qu’une drôle d’anecdote se produisit par un bel été ensoleillé. Mon beau-frère cherchait quelque chose à cuisiner dans le gros congélateur , peut-être un sac de cèpes congelés préparé par un ramasseur soigneux!

Ce bien commun à toute la famille révélaient souvent de savoureuses surprises, soigneusement emballées et étiquettées! Il l’inspecta donc de fond en comble, pour y voir clair et trouva finalement un paquet volumineux d’origine indéterminée. Cela n’était en tout cas pas un sac de champignons, mais ressemblait plutôt à un gros morceau de viande sanguinolent. Après une recherche approfondie, il trouva une étiquette décollée au fond du frigo, qu’il eut du mal à déchiffrer : il y était écrit une surprenante indication :

“Allemande”

Nous avons alors tous commencé une grande enquête pour comprendre l’origine de cette “Allemande” qui semblait séjourner dans notre congélateur ! C’était vraiment terrifiant ! Qui avait donc pu congeler les restes d’une allemande?

Nous nous sommes renseignés discrètement auprès du voisinage…. Mais l’affaire n’était pas facile sans éveiller l’attention. Après une enquête délicate, nous avons appris qu’un chasseur des environs, dont l’identité n’était pas connue, avait dépecé quelque chose sur la route départementale qui traverse la propriété. Un accident de voiture s’était soi-disant produit et le chauffeur du véhicule, selon ses affirmations, avait demandé de l’aide pour se débarrasser de ce colis encombrant. Pas vraiment clair comme explication!

Notre équipe de fins limiers apprit l’existence d’une réglementation inconnue de nous autres, non chasseurs. Et de fil en aiguille, nous avons trouvé le secret de l'”Allemande”.

Il s’agissait en fait d’une touriste allemande qui visitait les nombreux cimetières allemands et américains de la région. Sa voiture avait été heurtée par un sanglier qui traversait la route près de notre maison. Des chasseurs qui passaient à ce moment, sans doute un peu galants, s’arrêterent pour aider notre malheureuse accidentée. Mais que faire du sanglier mort au bord de la route? Astucieux, nos chasseurs qui connaissaient la Villardelle à côté, lui ont proposé de découper la bête et de nous l’offrir, ce qui leur évitait de se mettre en infraction!

En effet, le principe général du droit de la chasse dit qu’on ne peut pas s’approprier librement un animal sauvage mort. Plus précisément, le gibier est une “res nullius” (bien sans propriétaire) tant qu’il est vivant. Mais dès qu’il est mort, son statut change en fonction des circonstances de sa mort. La conclusion est que vous ne pouvez pas ramasser ou transporter un animal sauvage mort comme bon vous semble, même s’il a été tué accidentellement. Il faut signaler l’accident aux autorités et obtenir une autorisation avant de récupérer l’animal.

Effectivement, on ne sait toujours pas qui exactement a reçu ce charmant présent et l’a intitulé “Allemande”, pour finalement le conserver en tapinois dans le grand congélateur de notre cave familiale. Néanmoins, sachant qu’il doit y avoir prescription, je peux vous avouer maintenant que nous avons savouré en famille la bête interdite.

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Important : J’écris moins de blogs car je prépare un autre récit plus long et cela prend du temps. En effet, de nombreux lecteurs m’ont dit avoir adoré mon aventure, hélas fictive, avec le chauffeur de taxi à Los Angeles ! Je me suis donc lancée dans un récit également captivant, mais le chemin est long. A suivre!

Machines infernales

Lundi 26 Janvier 2026

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Tout a commencé avec Maman, qui adorait discuter avec les gens. Elle devint une spécialiste du «dialogue non directif», qualificatif en vogue à l’époque pour justifier une discussion à bâtons rompus.

Dans cet esprit, elle parlait longuement au téléphone avec les standardistes de l’entreprise pour laquelle je travaillais:

– Il faut bien se renseigner! Me disait-elle!

Cela donnait:

– Bonjour Madame. Ah! Ma fille est absente de son bureau. C’est sa Maman qui l’appelle, je ne voulais pas la déranger bien-sûr, mais c’est important. Est-ce que vous pourrez lui dire que sa Maman a téléphoné pour dimanche, elle comprendra. Je vous remercie, bonne journée, Madame.

Elle me disait ensuite :

– J’ai eu ta secrétaire, elle est charmante!

Cela pouvait être pire. Alors que j’enseignais en Californie, elle m’appela au milieu d’un cours de français. Elle avait utilisé mon portable réservé aux appels d’urgence absolue. Je décrochai aussitôt, pensant qu’un drame familial était en cours :

– Bonjour ma chérie, quelle heure est-il en Amérique?
– Neuf heures du matin, Maman, pourquoi?
– Tu vois, Linette, je te l’avais bien dit, j’avais raison, il est neuf heures du matin là-bas! 

Elle parlait à une amie de la Ferté-Beauharnais, dans le Loir et Cher, qu’elle voulait initier au décalage horaire. Car elle avait elle-même mis du temps à le comprendre. Puis elle raccrocha, sans doute pour ne pas me déranger.

Ensuite vint le temps des répondeurs téléphoniques, qu’elle continua à prendre pour une secrétaire zélée, mais un peu débordée.

Ses messages m’amusaient beaucoup : 

– Avez-vous croisé ma fille ce matin? 

– Dites-lui que je n’ai pas oublié l’anniversaire de son mari

– C’est vrai, j’avais oublié qu’elle ne travaille pas le mercredi, et je trouve cela très bien pour les enfants! 

Pourtant, contrairement à ce que vous imaginez, elle était très férue de matériel moderne! Elle trouvait avec raison que cela sublimait sa jeunesse d’esprit!

Dès ma naissance, elle s’était acheté une caméra 8mm. Elle sembla dans un premier temps, être une adepte de la nouvelle vague, puis se tourna vers le cinéma fantastique…. car elle était obligée de charger manuellement les bobines de film, ce qui à l’époque était plutôt difficile, et elle se trompait parfois en rechargeant des bobines déjà utilisées.

Toute la famille se souvient d’un film extraordinaire, où des chevaux galopaient en volant dans la forêt à la Villardelle, puis visitaient en chantant la cathédrale de Grenade, le tout en buvant du champagne avec une bande de joyeux drilles. Ces trois films montés ensemble auraient mérité un prix à Cannes !

L’ordinateur n’eut pas le même succès que la caméra. Maman mit peu de temps à considérer celui-ci comme un ennemi personnel. Comme elle pensait que ma jeunesse faisait automatiquement de moi un service SOS informatique intégré 7 jours sur 7, elle m’appelait sans cesse:
– Allo, ma chérie, elle n’imprime pas!
– Qui, maman ?
– Mais l’imprimante, elle ne veut pas imprimer.
– Tu l’as allumée?
– Bien sûr, tu me prends pour une idiote!
– Que te dit l’ordi?
– Il ne me dit rien cet imbécile. On a vraiment l’impression que cela lui est parfaitement égal.
– Et maintenant, il refuse de s’éteindre alors qu’il n’a pas voulu me donner mes mails. Ces machines sont vraiment infernales!
– Autant écrire ! Au moins tu diriges la manœuvre!

Ensuite, Internet est intervenu dans sa vie de façon désastreuse comme conseil en tous genres …

– Allo, ma chérie, tu crois que je devrais prendre une assurance obsèques?

– Quelle idée, mais pourquoi?

– C’est Internet qui me le conseille.

Heureusement qu’elle n’a pas connu ChatGPT ! Elle lui aurait parlé toute la journée.

En écrivant ces souvenirs qui datent d’une trentaine d’année, je me rends compte qu’en vérité, je ressemble de plus en plus à Maman.

Mon ordinateur pullule de données inutiles et encombrantes, de fenêtres qui s’ouvrent et se ferment sans que je comprenne pourquoi, de messages qui disparaissent entre Mails, SMS, iMessage, WhatsApp, Messenger….

C’est juste infernal!

Dans la cuisine, le four à micro ondes se ligue contre moi, avec ses touches digitales que personne ne comprend, au lieu des deux boutons simples de notre modèle d’avant.

Même passer un simple coup de téléphone est devenu une aventure, pour retrouver le numéro entre 2 ou 3 répertoires différents et ensuite pour choisir la bonne icône pour appeler.

C’est à mon tour de traiter mon iPhone et mon MacBookPro de machines infernales.

Mais pire, en vérifiant l’orthographe du texte avec ChatGPT, cette brillante et si intelligente machine m’a ajouté cette conclusion, apparemment anodine, mais en vérité simplement terrifiante:
– « Les machines ne sont jamais infernales, elles sont les témoins patients de ce que nous devenons ».

Comment a-t-on pu générer une “intelligence” aussi perverse, qui retourne les problèmes créés par la technologie contre moi, en accusant de facto mon âge.

Et voyez donc comment les machines commencent à se défendre entre elles, en se décrétant comme des « témoins patients » . Ne rejettent-elles pas ainsi implicitement la faute sur nous, les humains!

C’est vrai, les machines ne sont plus infernales. Elles sont devenues diaboliques!

« Mamma mia! »

Changement de cap,

Lundi 19 janvier 2026,

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J’ai eu, après ce Noël festif et très généreux, l’étonnante impression d’avoir franchi un cap et pris un petit “coup de vieux” !

Rassurez-vous, j’ai été comblée, choyée même, comme de coutume, par mon adorable famille !

Cependant, la nature des cadeaux a changé subtilement. Mon adorable petite-fille m’a offert un élixir magique venu tout droit de Corée : du ginseng soigneusement préparé avec de la bave d’escargot pour diminuer les rides. N’hésitons pas sur cette technique! Car la Corée est devenue la référence en matière de beauté, paraît-il !

Ma nièce de coeur, quant à elle, a tablé sans hésiter, sur une cure de jouvence imaginée par Guerlain ! C’est la Reine des Abeilles, elle-même, qui concocte ce traitement au miel précieux, boosté au sérum d'”huile-en-eau de jeunesse”, et à la lotion de gelée royale anti-rides! J’ai peur que personne ne me reconnaisse après la transformation indiquée!

Ma fille chérie a pensé de son coté qu’un soin Kobido, qui est un traditionnel massage du visage japonais, me serait indispensable pour parfaire ma séduction! Comme c’est une intellectuelle, elle y a rajouté un petit bonus : 18 défis très divers à exécuter chaque semaine! Autant dire que je ne peux plus reculer!

Au delà de ces cadeaux délicats, j’ai peur d’y voir un léger message subliminal: Le temps se lirait -il désormais plus intensément sur mon visage?

Mais bon, haut les coeurs, le sévère comité de surveillance de mes enfants veille et attend des résultats photographiés des défis. Je vais utiliser consciencieusement ma panoplie de produits de Noël et vous n’allez pas me reconnaitre!

Brillant comme l’éclair!

Lundi 10 Novembre 2025,

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L’époque était encore aux familles nombreuses et mes parents avaient eu cinq filles! Mais ils avaient été traumatisés par le départ prématuré de leur cinquième bébé et avaient attendu fort longtemps un petit dernier, un garçon de préférence évidemment. Ma mère, toujours partante, avait même consulté plusieurs spécialistes de la stérilité, qui furent sidérés d’apprendre que leur patiente était multipare et qu’elle désirait en fait un sixième rejeton qui n’arrivait pas.

Soumis à ce destin contraire, mes parents finirent par renoncer à un héritier d’un nom par ailleurs assez ordinaire et, comme ils étaient assez romantiques, décidèrent de partir à Venise avec leur progéniture féminine. Il faut dire que celle-ci était impatiente de frotter sa jeunesse aux séduisants italiens révélés par la nouvelle vague. C’est là, dans la petite pension Calcina, dans le Trastevere, que je fus finalement conçue alors qu’on ne m’attendait plus.

Mais j’étais une fille, selon cette malédiction statistique qui veut que les polytechniciens engendrent plus de filles que de garçons!

Comme j’étais néanmoins bienvenue, mon père voulut m’appeler Fulgence comme Fulgence Bienvenüe*, avec un tréma, “un ingénieur hors pair, ma petite fille, ne l’oublie jamais!

Maman trouva cela ridicule: “Charles, ce n’est même pas un nom de fille!..”

Papa rétorqua: “En latin, fulgens veut dire “brillant comme l’éclair”, c’est un prénom magnifique! De plus cela sonne comme un nom de fille, et puisque tu prétends que personne ne connait ce prénom, alors libre à nous de lui donner un sexe! Ma fille redonnera à ce “Fulgence” désuet ses lettres de noblesse!”.

Il me voyait sans doute déjà rentrer à Polytechnique, portée par ce prénom au sexe indéterminé. Il faut dire qu’à l’époque, les filles ne rentraient pas à l’X.

“Pourquoi pas Montparnasse?” chantaient mes soeurs, ravies d’être dotées de prénoms ordinaires !

Je fus donc la sixième fille, et j’ai été proche d’accéder à certains pouvoirs mystérieux, selon la tradition solognote, mais il aurait fallu être la septième fille consécutive pour en bénéficier. Too bad!

J’ai le regret de constater qu’à l’heure où j’écris, je n’ai pas encore réussi à faire connaitre ce prénom étonnant et que je ne suis pas rentrée à l’école Polytechnique. Loin s’en faut! Les marches de la montagne Ste Geneviève n’étaient pas encore ouvertes aux filles et j’en fut ravie, car j’étais nulle en maths. Mon père, qui pourtant m’adorait, m’avait déshéritée moralement dès le nébuleux théorème de Chasles.

Pour me rattraper, j’étudiais le grec à la Sorbonne avec Madame de Romilly**, à l'”Amphithéâtre de l’Annexe” où officiait également le célèbre Robert Flacelière***. Cet homme érudit arrêtait systématiquement son cours quand j’arrivais en retard, en disant “Mais nous n’attendions plus que vous, mademoiselle Laurent”! Il était connu pour clamer régulièrement devant son parterre limité d’étudiants :”Nous, les Hellénistes, malgré le mépris d’une administration barbare, nous sommes des inutiles utiles!”.

Ainsi persuadée d’être utile, car je traduisais Hérodote, je passais agréablement mes jours au “Champo”, un café de la rue des écoles, admirablement situé prés du cinéma du même nom.

Nous y passions beaucoup de temps à boire des kirs et à refaire un monde que nous ne connaissions pas, avec d’autres hurluberlus de mon espèce.

La Chine, qui sait identifier les foyers potentiels de succès, a eu raison du café de ma jeunesse, appelé maintenant le restaurant Fouxing! J’en suis fort marrie!

J’avais, je le crois maintenant, finalement récolté quelques miettes de la sagesse grecque, car je me souviens avoir proclamé à plusieurs reprises, avec l’assurance que donne la jeunesse: “N’oubliez pas que les heures que nous passons ici seront celles des meilleures années de notre vie!” Avec le recul, je pense que j’avais raison!

C’est l’époque où nous avons créé le CAS (Comité des Alcooliques de la Sorbonne), pour la bonne connaissance du vin en France, et de Dionysos par la même occasion. Nous nous réunissions pour des séances dites initiatiques, mais finalement assez innocentes, où nous devions reconnaître des boissons diverses les yeux bandés, habillés de toges blanches comme nous imaginions les grecs anciens!

Nous allions pour cela, festoyer allègrement dans ma maison de famille, située fort heureusement au milieu des bois: la Villardelle.

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Notes : * Pour ceux qui ne le connaissent pas, Fulgence Bienvenüe, est un brillant polytechnicien breton, “le père du métro”, qui s’occupa du métropolitain de 1900 à 1932.

** Jacqueline de Romilly fut la première femme nommée au collège de France, la deuxième à l’académie Française et une grande spécialiste de Thucydide. “Elle tutoyait la Grèce” disaient les érudits !

*** Robert Flacelière écrivit de nombreux livres: La vie quotidienne au temps de Périclés, L’amour en Grèce, Histoire littéraire de la Gréce…et fut Directeur de l’école normale supérieure.

Salut Princesse,

Samedi 1 Novembre 2025,

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Je sais que tu ne liras peut-être pas ce mail, installée dans ton petit bureau de Venice Beach. Mais tu vois, c’est juste pour le plaisir de cliquer la première lettre de ton prénom et de voir aussitôt ton nom s’afficher sur mon ordinateur. C’est juste au cas où tu serais branchée là haut, ou peut-être quelque part dans la galaxie. Ta boite de réception existe toujours dans le cyber espace, pourquoi pas dans l’espace tout court? En plus, si je ne t’écris pas, ne risque-t-elle pas de mourir aussi, comme une fleur plus arrosée…

Nul n’en connait ton mot de passe ! Ton mari me l’a confirmé, tu en aurais été bien heureuse!

Je n’ai pas eu le courage de t’effacer sur la liste de mes adresses. Tu es de toutes les façons ineffaçable!

Tu aurais aimé ton enterrement, c’était une réussite pour ce genre de cérémonie. Sobre mais joyeux, accompagné de tes musiques brésiliennes préférées, et aussi triste à mourir avec toi, sous un soleil d’octobre exceptionnellement chaud! Tous tes amis et tes “ex” étaient là. Et le soir, il y a eu même un semblant d’ambiance de mariage près de Ciboure, où nous étions rassemblés pour penser encore à toi. “Vous êtes qui par rapport à elle ? Ah, c’est vous l’amie italienne ? Moi, je suis son amie de Californie”… Et avec le vin , on en venait à penser que c’était toi qui avait organisé cette rencontre et que tu allais tout un coup arriver, lumineuse et sexy, pour ajouter ton grain de sel dans nos conversations.

Le lendemain, nous sommes repartis vers nos vies, sérieusement sonnés. J’espère que tu as eu la possibilité d’observer tout cela de ton cyber espace!

Tristes drilles que nous sommes désormais!

Dans les années 2000, nous avions rencontré à Venice en Californie, Bénédicte, alias madame Dermanew, très présente dans mon livre “Los Angeles Café”. Elle nous avait fait connaitre la ville de Los Angeles et était devenue une très bonne amie. Son décès prématuré, il y a déjà vingt ans, nous a beaucoup touché!

Du vent dans les voiles !

Lundi 27 Octobre 2025,

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La semaine avait fort bien commencé sous le chaud soleil du midi.

Les challengers des “Voiles de St Tropez” alignaient toutes sortes de splendides bateaux, des plus anciens aux plus modernes, au départ pour une semaine de courses mythiques. Perchés en haut de mâts immenses, certains équipiers jouaient sans peur de la cornemuse avec dextérité , d’autres s’attaquaient au saxo dans une ambiance de fête

C’était magnifique !

Ensuite, après avoir visité l’exposition Matisse à Aix-en-Provence, nous avons eu l’idée d’aller faire un tour à la Basilique Ste Marie-Madeleine à Saint Maximin-la-Sainte-Baume.

A ma grande surprise, j’y ai appris que, selon la tradition provençale, Marie-Madeleine, après l’AscensIon du Christ, était partie se balader dans le midi de la France comme une vraie routarde. Elle serait partie avec d’autres fidèles de Jésus pour échapper à Hérode, sur un bateau sans voiles et sans rames. Ce qui ne facilite pas la navigation! Portés par un vent sans doute mystique, ils seraient arrivés en Gaule à l’endroit qui a pris le nom de “Saintes-Maries-de-la-mer” en Camargue.

Cette belle épopée est cependant un peu controversée dans le monde chrétien, avec notamment des reliques au Mont Athos en Grèce en contradiction avec la croyance provençale, mais elle séduit toujours de nouveaux adeptes!

Marie-Madeleine serait donc partie avec Marthe, Lazare, Salomé et d’autres pour échapper aux persécutions qui sévissaient alors en Palestine et sont classiques dans ce coin de la planète. Vous l’avez sans doute remarqué! A leur arrivée miraculeuse, ils se seraient séparés pour faire du prosélytisme dans la région pour annoncer la venue du Christ. De nombreuses cérémonies évoquant cette croisière inédite ont toujours lieu en Provence chaque année, pour rappeler l’aventure de ces premiers messagers chrétiens.

Après cette période d’évangélisation, Marie-Madeleine se réfugia dans une grotte qui sera plus tard connue sous le nom de la “Sainte Baume”. Ce qui signifie “sainte grotte” en provençal… Notre grande voyageuse y vécut pendant trente ans dans la pénitence et la prière avant d’y finir ses jours ! Elle serait morte au 1er siècle après JC et enterrée auprès de St Maximin.

Mais l’aventure continua. En 710, les reliques de Marie-Madeleine furent cachées juste avant l’arrivée des Sarrazins, et pratiquement perdues, pour être finalement redécouvertes par Charles d’Anjou en 1279! Celui-ci fit alors construire un grand ensemble religieux prévu pour cent dominicains et une basilique, en toute simplicité! Les travaux durèrent deux siècles!

Légende vraie ou fausse, la basilique existe et elle est très ancienne. J’ai été touchée par ce lieu qui relie directement la vie du Christ, la Palestine, la Gaule et la Provence.

Sans doute remplie d’émotion après avoir contemplé les vestiges et les reliques de la crypte du 2ème siècle, j’ai trébuché sur les vieux pavés qui bordent cette basilique . Résultat: un radius fêlé et 4 semaines de plâtre.

Cela ne facilite pas l’écriture de ce blog. Vous retrouverez donc la suite à ma libération, début Novembre .

Tout arrive un jour!

Lundi 29 Septembre 2025,

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Après des congés bien mérités (!), j’ai retrouvé le courage d’écrire dans ce monde de plus en plus compliqué.

Cet été, après mon abandon forcé du voyage à Tahiti, j’ai pu quand même naviguer sur Cipango et découvrir des endroits encore inconnus en Grèce, plus proches que la lointaine Polynésie mais également parsemés d’îles. J’ai sillonné ainsi les petits îlots secrets d’Eubée, où quelques milliardaires cachent leurs maisons, les Cyclades très ventées cette année, et le golfe Saronique, bien protégé du meltem pour y emmener mes petits-enfants.

Ensuite, nous avons gagné le Péloponnèse, encore très sauvage , trop éloigné pour que les bateaux de location y viennent, si bien que nous étions souvent seuls à y naviguer.

J’ai été particulièrement séduite par le site de Kiparissi, un charmant petit village de 400 habitants, dominé par une montagne escarpée culminant à 1200 mètres, qui tombe à pic dans la mer de Myrto. Le site est grandiose, digne du grand Canyon, avec sa végétation quasi alpine au sommet et ses falaises de roches rouges à son pied.

La route escarpée qui conduit à ce lieu reculé sur la côte est du Péloponnèse, n’est ouverte que depuis seulement une quinzaine d’années et peu de gens semblent au courant! Il n’y a quasiment aucun touriste, juste quelques familles grecques. Les femmes nagent au bord de la plage en papotant entre elles, coiffées de grands chapeaux pour se protéger du soleil. On se promène le soir à pied sans être importuné par les voitures. L’endroit est magique !

Le Péloponnèse est la grande péninsule au sud de la Grèce. C’est “le pays de Pélops” littéralement “l’ile de Pélops”. Mais qui était donc ce Pélops ?

Pélops était le fils de Tantale, le petit fils de Zeus, et l’échanson de Poseidon. Il eut un destin étonnant: Tantale, son père qui n’était lui même qu’un mortel, avait organisé un diner de gala pour les dieux où la nourriture vint à manquer. Du coup Tantale n’hésita pas à faire mariner et cuire son propre fils Pélops, pour régaler les invités. On sait que faire preuve d’hospitalité est important en Grèce, mais il y a des limites! Déméter, la déesse des moissons, sans doute affamée, dévora sans sourciller une épaule de Pélops ! Mais les autres dieux, plus perspicaces, s’aperçurent de la supercherie.

Aussi, ils décidèrent de ressusciter Pélops, et de punir Tantale en lui infligeant le célèbre “supplice de Tantale”, dont on ne connait souvent que le nom! Je vous éclaire au cas où vous auriez oublié cet épisode de la mythologie! Tantale fut enchainé pour l’éternité dans une rivière dont il ne pouvait pas boire l’eau, et sous un arbre dont le vent écartait constamment les fruits dont il aurait pu se nourrir… Funeste destin pour cet homme qui avait voulu tromper les dieux!

Il faudrait signaler Trumpy et Poutiny aux dieux grecs, qui nous débarrasseraient peut-être de ces rois du mensonge qui se prennent pour des dieux!

“Voyage, Voyage, plus loin que la nuit et le jour….”

Mercredi 14 Mai 2025,

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J’ai fini ma valise en chantant “Emmenez-moi au bout de la terre, emmenez-moi au pays des merveilles, il me semble que là-bas, la vie sera plus douce au soleil”. C’était le plan parfait : Imaginez… Aller retrouver nos enfants qui habitent au bout du monde, en Polynésie, “le pays des nombreuses îles”, et profiter de cette opportunité magnifique pour les voir dans un cadre exceptionnel en visitant des endroits magiques, variés et déserts qui évoquent le paradis terrestre !

Mais hélas, trois fois hélas ! Je ne partirai pas demain comme prévu, “plus loin que la nuit et le jour” !.

La faculté s’y oppose! Je ne peux plus partir!

Une analyse de sang fortuite semble incompatible avec un long voyage en avion. Je dois rester donc à Paris et annuler ce voyage de rêve, deux jours avant le trajet désormais interdit !!!!

Tout le monde était pourtant fin prêt, à Paris et à Tahiti ! Mais demain, je ne jouerai pas au Lynx avec mes petits-enfants. Demain, je ne partirai point découvrir le monde mystérieux des lagons turquoises, des tiarés colorés , et de l’atua* ! Je ne volerai pas au dessus des nuages jusqu’à ces terres lointaines chantées depuis les temps anciens.

Je ne respirerai pas le goût rare des paradis perdus. Je n’admirerai pas les archipels de rêve éparpillées comme des joyaux au milieu du Pacifique immense. Je ne suivrai pas en nageant des multitudes de poissons colorés , je ne frôlerai pas de tortues géantes, je ne ramasserai pas de coquillages délicats et mordorés ..Je n’apprendrai pas le tamouré, je ne me régalerai pas de mahi-mahi, je n’écouterai pas chanter les vahinés…..

Du coup, je ne serais pas préservée de la rigueur du monde…. Aujourd’hui les tropiques me semblent bien tristes!

” Pourquoi Mamido ne vient pas en bateau avec Cipango ?”

Parahi,nana ! (Au revoir)

NB *: Panthéon polynésien

Traité de paix Franco-Américain

Lundi 28 Avril 2025

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Pour rire un peu !

Nous saluons notre famille démocrate outre-atlantique ainsi que nos amis américains, et nous leur transmettons ce texte désopilant, écrit par M. Christophe Petit et publié sur Linked-In !

A savourer!

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“Amis Américains,

Il est temps de regarder la vérité en face. Vous avez tout essayé. La liberté par les armes, l’égalité par l’obésité, la fraternité par Facebook. Vous avez construit des gratte-ciels, envoyé des Lunar Roving Vehicle sur notre satellite, élu des célébrités, puis des clowns. Pourtant, quelque chose cloche. Les routes s’effondrent, les hôpitaux coûtent un rein, la bière est froide mais sans goût. L’American Dream a viré au cauchemar sous climatisation.

Nous, Français, vous comprenons. On a connu les mêmes excès. Les années 80, Michel Sardou, les coupes mulet. On s’en est sortis. Grâce à un modèle. Une idée. Une exception.

Laissez-nous vous proposer un avenir plus doux. Pas d’annexion, pas de traité secret. Une simple adoption. Devenez le 102ème département français. Pas la Louisiane de papa, non. Un vrai retour au bercail. Offrez-vous la retraite à 64 ans (en râlant). Des grèves organisées, des débats philosophiques au comptoir. Un président qui cite Molière, pas Elon Musk. Un pays où “non” veut dire “peut-être”, “peut-être” veut dire “non”, et tout le monde finit au bistrot.

Regardez ce que la France vous a déjà offert. La Statue de la Liberté. Le hot-dog (oui, via Strasbourg, cherchez bien). Le french kiss, le french toast, le french flair. Même votre Constitution doit un peu à notre Révolution. Washington n’aurait jamais gagné sans nos troupes, nos canons, et notre style. Qui vous a appris à sabrer le champagne ? Pas les Danois.

Nous, on ne veut pas acheter le Montana. Ni installer un Club Med dans l’Iowa. On veut juste vous aider. À manger du pain sans sucre, du fromage sans plastique, à faire l’amour sans se demander s’il faut signer une décharge.

Imaginez. Des urgences gratuites. Des congés payés. Des cinémas où l’on ne mange pas. Des bulletins météo qui annoncent autre chose que la fin du monde. Une école qui vous apprend la poésie avant le code. Des lycéens qui manifestent non pas pour des armes mais pour plus de Sartre.

Bien sûr, il faudra quelques ajustements. Remplacer les drive-in par des terrasses. Interdire la mayonnaise sucrée. Réapprendre à marcher. Laisser tomber l’idée qu’un fusil semi-automatique protège mieux qu’un bon avocat syndicaliste. Accepter que parfois, l’État, c’est pas si mal. Surtout quand il rembourse vos lunettes.

On vous apportera aussi la laïcité, le pinard, les impôts. Des films où il ne se passe rien, mais où tout est dit. Un art de vivre. Un refus d’obéir. Une capacité à discuter deux heures d’un plat sans le finir.

Alors voilà. Vous avez tenté l’Empire. La privatisation du Groenland. La diplomatie à coups de casquettes rouges. Nous, on vous tend une main. Celle d’un peuple qui doute, qui pense, qui râle, qui boit, mais qui sait encore danser sur des ruines.

Faites le bon choix. Devenez français. Pas pour fuir, mais pour respirer. Pas pour changer de drapeau, mais pour redécouvrir le sens du mot République. Pas pour être plus grands. Pour être un peu moins seuls.”

Qu’on se le dise !