Jeux sans frontières

Dimanche, nous avons organisé une partie de Scrabble en famille, séparée par la vie et le confinement. Il a fallu se mettre d’accord sur le site et l’heure avec le décalage horaire : Le matin pour les Franciliens et les Parisiens, la fin d’après midi pour les Singapouriens qui, eux, peuvent sortir et voulaient faire un tour avant dans la forêt primaire de l’Ile-Etat ( Ils en ont gardé un bout là-bas, eux!). Au début, les Parisiens étaient tout seuls devant leur café et finissaient leur petit-déjeuner, et puis les visages hilares des autres joueurs sont apparus sur l’écran de WhatsApp pour une conversation en parallèle au site du jeu. Passées quelques mises au point logistiques, cela a marché du feu de dieu.

Même les petits-enfants se sont pris au jeu pourtant rapide. Olympe, 9 ans, essaye de grapiller des idées à distance: “Mamido, t’as quoi comme mot ?”. Cléophée, 5 ans, commente toute la partie d’un air docte: – ” Je constate que mon parrain est très excité!” – “Je ne suis pas excité du tout” proteste le parrain en question à l’autre bout du monde. – ” Nous on a 23 points, et toi? “

Bon, cela va très vite et le meilleur mot gagne. On rit beaucoup . On crie aussi et on applaudit les bons mots. C’est excellent pour les méninges et le moral. Nous nous sommes bien amusés et nous avons eu l’impression surréaliste de passer une heure vraiment ensemble, sans penser aux lendemains . Concentration oblige. Mais attention de ne pas faire jouer avec vous l’ordinateur du site (www.lettrecomptetriple.fr). Il est bien trop fort, donc ce n’est pas drôle.

En revanche, Trumpy qui n’a, à mon avis, jamais joué au Scrabble, ne va pas très fort. D’abord, son pote Bojo est malade, ainsi que toute l’équipe anglaise chargée de lutter contre le virus. Ensuite le gouverneur de l’état de New-york a refusé le confinement qu’on voulait lui imposer sans consultation et qu’il a considéré comme une “déclaration de guerre de l’état fédéral”. Et puis, le président est outré par cette pub de campagne de Joe Biden. On y diffuse ses propos hélas contradictoires et incohérents sur le “virus chinois”. C’est vrai qu’il pensait au début que c’était un canular. Cela fait un peu désordre mais “tout est si compliqué”. Il n’arrive pas à faire censurer ce maudit spot télévisé. En plus, il n’est pas sûr de pouvoir aller jouer au golf à Pâques en Floride. Il a “tant à faire”, il n’a même plus le temps de regarder ses séries préférées l’après-midi. Trumpy doit s’occuper de tout! Comme il est observateur, il a bien vu qu’on volait des masques dans les hôpitaux de New-York: ” Pourquoi sont-ils passés de 20 000 masques par semaine à des demandes de plus de 300 000 du jour au lendemain? Cela sent l’embrouille, ils doivent sortir par la porte de derrière, c’est pire que de la fraude !”

Du coup, il a fait une déclaration choc pour rassurer ses électeurs : ” S’il y a seulement 100.000 morts, on aura fait du bon travail ! A very good job! ” C’est vrai, c’est pas tant que çà !

God save America !

Alerte à Singapour

Singapour avait jusqu’à présent réussi à gérer l’épidémie de Covid 19 au mieux et sans confinement grâce à une organisation sans faille. Quand le virus a atteint l’Europe, le gouvernement a protégé son île bien propre des nouveaux arrivants. Mais la faille du système a été les retours des résidents anglo-saxons, étudiants au royaume-Uni ou aux USA, tout susceptibles d’être contaminés. Ces deux pays restés dans le déni ont changé la donne.

La loi a donc changé drastiquement. Se rapprocher à moins d’un mètre d’une autre personne dans une file d’attente ou ailleurs est désormais passible de 7000 dollars et/ou de 6 mois d’emprisonnement. Les restaurants ont dû dégager une place sur 2 et les autre loisirs (Théâtre/cinéma/piscine/et activités récréatives) sont supprimés. Mais on peut encore travailler, aller à l’école et au musée.

Examinons le très sérieux rapport quotidien du ministère de la santé envoyé par WhatsApp à tous les résidents le Mercredi 26 Mars :

  • Nouveaux cas importés : 28 ( 26 résidents, 2 visiteurs ayant voyagé en Europe, Amérique du nord, Moyen orient, Asie)
  • Nouveaux cas locaux : 24 (10 reliés aux cas précédents , 14 encore non reliés)
  • Sortis de l’hôpital aujourd’hui : 12 guéris
  • Total des cas à Singapour : 683
  • Total des guéris :172
  • Total des encore hospitalisés :404 (La plupart sont dans un état stable, 18 en en réa)

Plus intéressant maintenant: D’où viennent les cas, mon cher Watson ?

  • 47 d’un diner de fonction pour le travail à Safra qui a eu lieu le 15 février (Un peu trop nombreux pour travailler sérieusement!)
  • 2 de l’église de Singapour de Bukit Timah plus du club de gym -12 Kallang avenue
  • 2 du club de gym (louche?) du 12 Kallang avenue (qui n’ont pas été à l’église!)
  • 5 de l’église de Singapour (qui n’ont pas été au club de gym? moins sportifs!)
  • 14 de l’entreprise Wizleam Technologie Pte Ltd (sale boite ! )
  • 3 cas reliés à Masjid Al Muttaquin (Mosquée de Singapour )
  • 20 cas d’un nouveau foyer à Sparkle Tots Preschool ( dans le staff plus la famille du cas 601 membre de celui-ci) – Tous les cas sont numérotés, il faut être bien organisé.
  • 4 cas viennent du staff d’un nouveau foyer de contamination, la Dover International school (au prix où sont les écoles ! )
  • Tous les résidents de retour des USA ou du Royaume Uni sont confinés pour 14 jours dans des endroits dédiés.
  • L’enquête pour 42 cas locaux continue…
  • Le 666 pose problème, il s’agit d’une Singapourienne de 36 ans qui n’a pas été dans des zones infectées et qui a été travailler avant de voir un médecin. Elle est “consultante” au “National Skin Center” et a du toucher beaucoup de peaux avant de rentrer dans la chambre d’isolation.
  • A noter : A mon avis , il ne fait pas bon prier dans les lieux de culte

Voilà c’est assez précis comme vous pouvez le voir ! La police participe à l’enquête, facilitée par les téléphones portables et cartes de crédit.

Elémentaire mon cher Watson !

Pendant ce temps là, Trumpy ronge son frein. Les églises ne seront pas bourrées à craquer le jour de Pâques comme il l’avait prédit . Les lapins* américains ne déposeront pas d’oeufs dans les jardins. Les cloches sont occupées à gouverner.

Pour l’économie américaine, il va falloir reporter la Résurrection !

*Aux Usa, ce sont les lapins qui apportent les oeufs en chocolat !

Débrouillardise et combinazione

Jeudi 26 Mars 2020

Faute de moyens, les Italiens en inventent !

Il n’y a plus assez de respirateurs. On le sait, et c’est une question de vie ou de mort ! Alors il faut se débrouiller.

A la guerre comme à la guerre ! C’est ainsi qu’un médecin bricoleur, le Docteur Renato Favero, et quelques ingénieurs créatifs ont finement réussi à adapter un masque Décathlon de snorkeling, le modèle “Easy breath” le bien nommé. Vous savez, le style de masque intégral qu’on voyait cet été sur toutes les plages, et que perso, je trouvais plutôt inconfortable.

Avec la collaboration de l’entreprise Isinnova de Brescia, qui fabrique des valves d’urgence pour respirateurs, ils ont changé les embouts et les raccords de connexion grâce à une imprimante en 3D pour les adapter aux tubes hospitaliers ! Les prototypes semblent fonctionner. Affaire à suivre !

Décathlon participe à l’opération. Les masques de plongée sont conçus à Hendaye, en France, sous la marque Subea. On pourrait en fabriquer en quantité, adapter aussi les chaines de fabrication. Pourquoi pas ? En plus, voilà des entreprises qui ne souffriront pas de la récession.

La créativité, c’est inventer, expérimenter, grandir, prendre des risques, briser les règles, faire des erreurs,… et parfois réussir. “La créativité, c’est l’intelligence qui s’amuse” disait Albert Einstein.

PS: Grâce aux merveilles de la technique, je peux voir dans quel pays, mon blog “international” est lu. Comme la diffusion en est (encore) relativement confidentielle, je peux facilement repérer ma famille ou mes amis qui vivent à l’étranger. Mais un mystère me hante, un lecteur inconnu, sûrement sympathique mais que je n’arrive pas à “traquer”, a lu mes lignes à partir de la Corée du sud ! Ah, ils sont forts en repérage ces Coréens du sud ! Qu’il ou elle se fasse connaître !

Les kamikazes de Trumpy

Le phosphate de chloroquine, destiné à nettoyer les aquariums, pour ceux aux USA qui n’ont pas accès au médicament miracle recommandé par Trump!

Mardi 24 Mars 2020

” The Captain is flying blind ….” constate placidement “The Guardian” à propos de Trumpy qui pousse à raccourcir les délais de quarantaine. “C’est bien la preuve que le capitaine navigue à l’aveugle.”

Hélas ! Le pauvre Dr Antony Fauci, genre de Directeur de la Santé aux USA, qui essayait de modérer les propos exagérés et sans fondement de Trumpy pendant les points-presse, a disparu, emporté dans la tourmente du roi dollar.

Sonnez cloches! sonnez! Le président adorerait rouvrir le pays pour Pâques. Pour chercher les oeufs ?

Tu parles d’une cloche ! En fait, il déclare sereinement qu’une récession économique serait plus grave que l’épidémie car elle pourrait provoquer des milliers de suicides ( de riches ruinés?). Alors on ne va pas faire des histoires pour quelques morts par ci par là (Déjà 685 morts ce soir et 53 000 cas). C’est vrai, il y en a moins pour le moment, et pas pour longtemps, que de morts par balles (40 000 en 2019). Le problème, c’est que Trumpy n’a pas appris les mathématiques, ni les algorithmes.

Dans les premières victimes de l’arrogance ignorante de Trumpy et de ses déclarations péremptoires, ce couple d’admirateurs qui n’a pas hésité à prendre du phosphate de chloroquine destiné à nettoyer les aquariums, car “The President” avait vanté à la télévision les bienfaits de la Chloroquine. Les prix du nettoyant avaient immédiatement augmenté sur e-bay. Une preuve de l’ efficacité de celui-ci…, sans doute. Monsieur est mort, Madame est encore à l’hôpital. Deux électeurs de moins pour Donald. Elle a lancé un appel sur les réseaux sociaux: “Ne croyez pas ce que dit Trumpy ! “

Bon, ce n’est pas fini, le vice-président du Texas, Dan Patrick, déclare qu’il ne faut surtout pas sacrifier l’économie de la nation à la crise sanitaire. Il faut sacrifier plutôt les vieux. Si ! Si ! D’ailleurs, les vieux, à son avis, “préféreront mourir que laisser l’économie du pays être détruite pour leurs petit-enfants” … Les vieux de mon âge que je connais là-bas ne sont pas d’accord pour se sacrifier pour le Dow Jones et pour préserver le portefeuille d’actions des plus riches!

Tiens, on n’avait pas remarqué qu’ils pensaient à leurs petits-enfants, les Républicains, entre la sortie des accords de Paris, le gaz de schiste, l’exploitation du pôle nord, le déni du réchauffement climatique et quelques bricoles du même genre.

Lui-même, le vice- président du Texas, est un peu vieux, 69 ans, mais il se sacrifie le coeur léger à la cause du dollar et de son porte-monnaie aussi bien sûr. Il fera tout pour rester vivant, quand même ! C’est plus facile de rester en bonne santé aux US quand on est très riche. Les autres grands-parents pensent la même chose, il en est sûr …Alors, tout le monde au boulot, fini le confinement !

Mourons, mourons, mal soignés sans doute, mais préservons l’économie du pays, jusqu’au dernier souffle des plus riches.

Les kamikazes Japonais avaient plus de classe, me semble -t-il !

Les mille mercis de 20 heures

Lundi 23 mars 2020,

A 19 heures 30, ma fille travaille encore dans la salle à manger, mon mari dans son bureau et moi dans le salon.

A 19 h 55, chacun sort de son espace personnel pour aller sur le balcon et y brancher la guirlande de Noël, déjà en place, et se saisir de clochettes, celles de Pâques. A 19 h 58, nous sommes installés et les immeubles du voisinage commencent à vibrer de clameurs sourdes, les fenêtres s’ouvrent, les lumières des appartements s’allument , des silhouettes surgissent partout comme des marionnettes balinaises.

A 20 heures pétantes, une immense clameur monte de la ville, des maisons proches, des immeubles qui nous entourent. Des guirlandes clignotent dans la nuit sous des tonnerres d’applaudissements qui semblent venir de nulle part et de partout. Beaucoup de cris aussi, de bravos, et de mercis hurlés dans la nuit parisienne. Comme si nos cris étaient à la hauteur des nos peurs, comme s’ils pouvaient conjurer celles-ci. Des cris comme des prières, des mercis comme des suppliques au corps médical. Protégez-nous, protégez-vous, sauvez-nous, nous ne saurions pas le faire sans vous.

Il y a aussi des bruits de casseroles et de clochettes ou de cloches. Il faut se faire entendre. Il y a des guitares et des banjos, des musiques et des chants, et puis tout un coup, une chanson surgit d’une sono invisible et perce profondément la nuit : ” At first I was afraid, I was petrified ……….I will survive”. Alors tous ceux qui applaudissent se mettent à chanter à tue-tête, alors tous ceux qui chantent se mettent à danser sur les balcons. Quel spectacle vivant , quelle fête ! Merci les soignants. Merci tant de fois.

Et puis progressivement, chacun rentre dans son appartement pour se confiner le coeur un peu plus léger.

Ce matin , le responsable du service des urgences de l’hôpital Pompidou a déclaré : “Nous, on n’attend pas le journal de 20 heures, on attend les applaudissements de 20 heures “

Marée noire

L’auteure prise en flagrant délit à Singapour avec 36,3°C

Dimanche 22 Mars 2020

C’est comme, pendant les grandes marées, quand la mer se retire très loin et découvre les habitats d’individus sensibles, cachés dans les trous des rochers, dormeurs et bouquets encore préservés qu’on va pouvoir pêcher.

Là, c’est le virus qui va coincer d’un coup de filet, les résidents des maisons de retraites faciles à piéger, les malades affaiblis, les soignants toujours à découvert.

Mon fils va mieux, mais deux de mes proches pourtant bien confinés dans une clinique, bien avant les recommandations, ont été attrapés et isolés.

Il court, il court le virus, invisible et discret , il est passé par ici, il passera par là …

Qui l’a ?

On peut croiser un porteur sain qui se révèle malsain, toucher par hasard une surface infectée, se frotter l’oeil à un mauvais moment….Restons zen car les possibilités sont multiples.

Je reviens de Singapour où j’ai passé trois semaines et où visiblement ils ont géré la crise avec brio et l’expérience du SRAS. Ils utilisent d’abord la méthode des températures qui, si elle n’a pas brillé pour la contraception, semble avoir eu des résultats. En arrivant à l’aéroport de Changi , premier test. Si on a de la fièvre, on ne rentre pas sur le territoire. Le thermomètre est une sorte de pistolet électronique, qu’on dirige vers votre front comme dans la guerre des étoiles.

Je précise cela pour ceux qui, comme ma soeur, imaginait que tous les touristes devaient baisser culotte à la sortie de l’avion !

Ensuite les masques sont interdits, sous peine d’amende, sauf pour les personnes malades (grippe ou autre). Pas question de créer la panique pour rien. Ensuite, on prend votre température où que vous alliez dans la ville, au musée, au restaurant , au jardin botanique, au lycée, au cricket club, au travail, au bar, … Partout et tout le temps.

Un préposé note votre température, votre nom, votre adresse et votre numéro de téléphone et l’heure. On s’habitue vite, on arrive en tendant le front en avant. Mes petits-enfants qui font cela trois fois par jour au lycée ne s’en rendent même plus compte. Pour les entraînements et les matches de foot des enfants, un seul parent “températuré” de frais, peut aller sur les gradins. Il filme et envoie en live le match sur son smart-phone aux autres parents qui boivent des bières au café d’à coté après avoir été testés. On ne m’a jamais pris autant ma température. Personne ne proteste. Les gens sont disciplinés.

Si jamais on découvre un fiévreux suspect, commence alors une enquête sérieuse.

Le fiévreux va direct à l’hôpital, et tous ses contacts et ses trajets sont retrouvés rapidement afin de déterminer des “clusters” qui seront rendus publics. Ayons une pensée pour le cas suspect autour d’une prostituée (autorisée) ! Tous les clients de cette dernière (qui faisait payer heureusement) ses services par carte de crédit, ont été aussitôt contactés et expédiés à l’hôpital. Cela dû faire des histoires en famille. Les chauffeurs de taxi sont rémunérés par un système style Uber, ce qui permet de retrouver les trajets de chacun, et de ne pas toucher à l’argent liquide. Ils désinfectent leur véhicule à fond tous les jours et le font volontiers, car l’épidémie du SRAS chez eux avait commencé dans un taxi. Chauffeur et client en sont morts.

Tous les soirs, tous les habitants de Singapour reçoivent un WhatsApp, avec le nombre de nouveaux cas, le nombre de malades à l’hôpital, le nombre de cas guéris, sortis, et d’éventuels morts. Il n’y en a pas eu jusqu’à hier, mais une arrivée massive de familles de résidents anglais à changé la donne. Encore ces anglais ! Donc 2 morts maintenant !

“C’est pas tant que cà ! aurait dit Bourvil”*

*La grande vadrouille

Bouquet de printemps

Jeudi 19 Mars 2020.

Ce matin, c’était vraiment le printemps, j’ai été réveillée par les oiseaux qui nichent dans notre coin de verdure et dont le chant est souvent étouffé par la rumeur de la ville.

Hier, nous avons fêté l’anniversaire de notre fille confinée avec nous, sans les copains qui venaient d’habitude. Mais elle est restée au bout de la grande table de la salle à manger, pour maintenir la distance sociale, difficile à respecter mais obligatoire.

Pour la distance , nous avons fait fort cette année entre Singapour où la famille de Laetitia n’est pas confinée, mais dont la température est prise au moins deux par jour par les autorités locales et Romain confiné à la campagne. La distance sociale n’est pas conviviale, ni familiale.

Ce matin, il faisait doux , mais seul Patrick est sorti faire le marché encore ouvert, comme d’habitude. On va pas se laisser abattre.

Ce matin, à ma grande stupeur, on m’a livré un superbe bouquet de fleurs . C’était le cadeau de Noël de mon fils, un bouquet de fleurs par mois.

“-Vous livrez encore des fleurs ? ” –

“Pourquoi pas, on livre de tout, alors pourquoi pas des fleurs ? Il faut bien travailler, je suis livreur, je livre”, m’a-t-il répondu avec un sourire éclatant et une logique parfaite. Tout cela m’a mise de bonne humeur.

J’étais toute guillerette et puis mon fils a téléphoné . Il avait de la fièvre. Il a fait moins doux tout à coup !

Bal de masques et flacons précieux …

Mercredi 18 Mars 2020

En France, on n’a pas trop de masques pour les soignants mais les rares passants qui glissent rapidement sur les trottoirs, leur autorisation de sortie à la main, en ont trouvé visiblement. Il parait que certains sont volés, dans les entrepôts, par des voleurs masqués.

Un professeur d’un grand hôpital parisien a expliqué devant caméra, en avoir mis sous clés dans son bureau, pour en avoir un minimum dans son service. Les conditions de travail ne sont pas évidentes. Les fabricants de masques français embauchent à tour de bras et mettent aussi des masques, car comme l’expliquait un employé masqué : “Si on tombe tous malades qui fabriquera le masques ?” Et si les soignants tombent tous malades qui soignera les malades ? Beaucoup de masques étaient fabriqués en Chine, à Wuhan précisément. Les chinois ont organisé mine de rien la pénurie diront les mauvais esprits. Bon, pour se rattraper maintenant qu’ils vont mieux, ils envoient des masques tout azimut, en Italie, en France pour se faire pardonner d’avoir attendu quelques festivités pour tirer l’alarme.

Pour le gel désinfectant qui manque aussi, on a finalement de la chance car LVMH, grand prince, a décidé d’adapter ses chaines de flaconnages ( celles de Dior, attention ) , de façon à fabriquer cette lotion devenue magique et de la mettre en bouteille (sûrement siglée) avant de l’offrir aux hôpitaux ! Ils ont moins de boulot avec tous ces touristes scotchés en Asie.

“Dior j’adore” ! Cela va devenir des flacons mythiques ! Aqua Corona .

Pendant ce temps-là, les anglais flegmatiques continuent à fêter au restaurant le brexit au lieu de chercher du personnel hospitalier. Ils ont commencé à choisir l’option économique “tous malades donc tous vaccinés” un peu dangereuse, car un peu mortifère. Mais sous la pression de l’opinion et de l’opposition , ils ont pris la grande décision de réfléchir et n’ont pas encore fini.

Ce qui est rassurant en France, c’est qu’il n’y aura pas de pénurie de nourriture, sauf en fin de soirée si les gens continuent à acheter de la nourriture pour tenir un siège de trois mois. On nous le promet et je surveille mon supermarché régulièrement approvisionné (même le rayon vins et spiritueux), avec une queue organisée de façon à respecter la fameuse “distance sociale”, expression inédite qui en a troublé plus d’un.

Aux USA aussi, il y a la queue devant les supermarchés mais aussi devant les magasins d’armes pourtant nombreux. C’est pour protéger “leurs provisions de peanut butter et leur petite famille”, sachant qu’ils se tirent souvent les uns sur les autres, sans tenir compte de la distance sociale. Le nombre de morts par balles, déjà très élevé (environ 40.000 en 2019 ) risque d’augmenter terriblement. Il va même rattraper le nombre de morts lié aux prescriptions addictives de Fentanyl qui est encore supérieur. Incroyable mais vrai ! Finalement le coronavirus joue “petit bras” là- bas. Trompénormément va pouvoir dire que ce n’est pas la faute du lobby des armes tous ces morts mais de celle des médecins. Et Le Dollar Roi ? De combien de morts est -il responsable , Trumpy ?

Confinement – Jour 1

Mardi 17 mars 2010,

Pour cause de coronavirus galopant, je suis confinée, comme tous les français non indispensables sur leur lieu de travail, ou de loisir peut-on dire, car de loisir il n’y a plus. L’heure aujourd’hui est à la guerre sanitaire.

La dernière fois que j’ai été confinée, c’était à Los Angeles, du temps de Bushy-le-pieux, le 11 septembre 2001. L’ambiance me rappelle de ce jour de début d’automne, où les voitures avaient cessé brusquement de circuler. On regardait en boucle les tours s’écrouler à New-York. On restait confinés mais groupés comme le conseillait régulièrement madame Libé, en buvant des coronas fraîches. La ville des anges fleurait si bon l’odeur du jasmin!

Comment se douter qu’un virus du nom de cette blonde légère, sèmerait la terreur quelques années plus tard dans le monde entier. Les américains avaient élu, entre temps, un président dément, Donald Trompénormément .

Le couvre-feu a commencé à Paris aujourd’hui à midi. Nous sommes le mardi 17 mars 2020.

Samedi dernier à minuit, cafés et restaurants, et magasins avaient été fermés pour limiter résolument la circulation du mal silencieux. Les rassemblements ont été interdits, le télé travail encouragé, les écoles et monuments fermés. Mais hélas, le dimanche fut très ensoleillé et doux aussi les français ont été se dorer sur les plages, discuter sur les quais de seine, pique-niquer dans les parcs, danser sur les volcans. Ils n’ont pas respecté les mesures d’éloignement les uns des autres. Un vrai début de printemps ! C’était la fête aussi pour le virus ! On ne doit pas rester groupés désormais …

Alors, il a fallu siffler sérieusement la fin de la récréation ! La contagion nous a sérieusement rattrapés !

Il n’y a plus de bruit dehors, la rue est fermée, l’angoisse s’est installée. La ville de Paris s’est vidée par magie.