Ma fille, qui vit à New-york, a reçu via Facebook, un drôle de message … c’était sa nounou de Belgique qui l’avait gardée entre 2 et 3 ans , il y a 20 ans ! Elle voulait des nouvelles. Cette nounou, si je me souviens bien, avait quitté son pays (le Maroc ?) pour vivre chez un oncle à Bruxelles car on voulait la marier à un vieux cousin. Elle avait retiré son voile à l’aéroport en arrivant. Elle était jeune et très gentille, mais elle a disparu un jour sans explications. Inquiets, nous sommes allés voir à son adresse mais on nous avait fait comprendre qu’elle était repartie et qu’on ne devait pas la rechercher. Nous n’avons jamais eu de nouvelles, et puis la voilà qui ressort sur Facebook. Qu’est-elle devenue pendant toutes ces années, où vit-elle maintenant, pourquoi ce départ brutal ? J’espère qu’elle répondra au message que je compte bien lui envoyer sur Facebook comme une bouteille à la mer.
Month: September 2011
9/11/01
Comme chacun y va de ses souvenirs, je m’en vais vous raconter le mien:
Avec le décalage horaire, il était encore très tôt à Los Angeles ce 11 Septembre 2001.
Je dormais donc à poings fermés dans mon grand lit douillet de Rodeo Drive, quand mon mari qui était sous la douche , m’a réveillée en sursaut pour me demander , à ma grande surprise, de descendre allumer la TV…. C’était une des rares maisons américaines à n’avoir qu’une TV ..”Vite, vite, vite, il s’est passé quelque chose à New-york”.
Je me suis donc retrouvée en nuisette, dans le gros fauteuil en cuir rouge de la family room, très endormie et vite hallucinée par les premières images de l’avion planté dans la tour numéro 1 comme dans un morceau de beurre. Evidemment, ma fille chérie n’était pas là et dormait tranquillement chez un copain à West Hollywood. Mon mari est venu me rejoindre et nous avons passé une bonne partie de la matinée scotchés devant la télévison. On nous a demandé,via la chaine locale je crois, de ne nous déplacer qu’en cas d’urgence car on craignait qu’un avion ou deux viennent se planter à Los Angeles. Mon mari est quand même parti travailler, je n’ai pas compris l’urgence , et j’ai quand même pris ma petite new-bettle pour aller récupérer ma petite fille de 12 ans chez nos amis…
Les rues de Beverly Hills étaient désertes, comme d’habitude, mais il n’y avait pas de voitures non plus… Il n’y avait pas un chat, ni une même une starlette sur Sunset boulevard. Tout était trop calme et assez étrange.
Je suis arrivée très vite dans cette maison d’amis situé sur les hauteurs d’Hollywood et où de la piscine on pouvait surveiller très facilement les avions au dessus de la mégapole. L’aéroport avait été fermé mais les hélicos bourdonnaient comme toujours au dessus de la ville des Anges. Comme on ne savait pas trop quoi faire , on a décidé de rester ensemble, groupés là, entre piscine et télé, en buvant du chardonnay pour nous remonter. Maman m’a téléphoné pour me redemander le nombre de kilomètres entre New-york et Los Angeles et surtout m’interdire de prendre l’ avion… Les écoles ont été fermées, quelques jours, il me semble.
Ensuite nous avons eu le droit à la guerre des alertes, alertes aux ponts minés à LA, puis alerte à la poudre blanche envoyée par la poste. Je dois dire que l’alerte à la poudre blanche à Los Angeles a beaucoup amusé chroniqueurs et citadins ! Après, nous devions scotcher les fenêtres en cas d’attaque bactériologique, prévoir des masques à gaz et autres fantaisies… Le monde américain était blessé au coeur et ne s’en est toujours pas remis.
L’Amérique dans tous ses états
J’ai passé l’été aux Etats-unis.
Je n’y avais pas séjourné depuis la crise et j’avais oublié combien tout y est surdimensionné ; Les bouteilles de lait de plusieurs gallons ( car évidemment ils en sont toujours à des mesures uniques au pays ) ; les boites de céréales qui semblent être conçues pour des collectivités d’ogres ; les barils de lessive et d’adoucissant , impossibles à soulever .
On se croirait chez Métro dans la moindre supérette. Faire une lessive demande autant d’efforts qu’un cours de gym. Ils achètent en gros aussi car ils peuvent ranger leurs courses dans leurs grandes voitures et leurs immenses frigos. C’est le pays de Gulliver. A la sortie, les gens aussi sont gros, du moins sur la cote Est .
J’avais également oublié à quel point un pourcentage important de la population était obèse…on comprend que Michelle Obama, fasse campagne pour une alimentation équilibrée en cultivant des salades dans les jardins de la Maison Blanche.
Je vous rassure tout de suite , il y a encore aussi des très gros riches , les”ultra riches” (comme on les appelle) de plus en plus riches ; j’ai nommé “les spéculateurs” qui se portent fort comme des charmes et surfent allègrement sur la crise.
On n’était pas censés les avoir régulés ceux-là ? Ils continuent pourtant de passer les week-ends dans leurs énormes maisons des Hamptons, où ils doivent inviter un minimum de 50 personnes s’ils ne veulent pas se sentir seuls, servis par des bataillons de mexicains ..Tout cela, car ils continuent de gagner en quelques clics, des millions sur la dette grecque ou l’abaissement de la note d’évaluation de leur propre pays. L’américain moyen lui ne peut plus payer les remboursements de sa maison.
Cette année il y a eu 20% d’avions privés en plus à l’aéroport d’Easthampton qui dessert ce coin chic et cher de Long Island , près de New-York. Evidemment, chez ces gens là, on ne prend pas le bus ni la Bentley…
Alors, c’est quand la régulation de la spéculation, peu imposée de qui plus est ?
Warren Buffet, lui même, ne comprend pas pourquoi, il paye moins d’impôts que ses collaborateurs beaucoup moins riches. Cela doit créer des tensions au bureau !
(suite au prochain numéro)