Les gens marchent doucement et ne parlent pas. Ils ne se promènent pas mais déambulent en silence. Il n’y a pas de voitures dans les rues et pas de bruit. Il y a des pancartes sur les maisons avec le nom des magasins et de leurs propriétaires. Café- coiffure, boulanger, pharmacie, fleuriste, garage, Hotel-restaurant, couturière, encore un café, beaucoup de cafés bien-sûr et puis des métiers un peu oubliés comme le forgeron (2) ou le puisatier (2). Les deux écoles sont là bien sûr et l’église en face du café de la place devant l’arrivée du tramway dont subsistent les rails et les catenaires étrangement modernes dans ce village. On imagine bien en remontant la grande rue, ce qu’était une petite bourgade de campagne dans les annés quarante. Pourtant, toute les maisons sont en ruine car toutes les maisons ont brulé. Il reste quelques carcasses de voitures noircies, et beaucoup de machines à coudre rouillées , presque une par maison et des poussettes d’enfants tordues abominablement par le feu. Dans l’église où avaient été rassemblés les femmes et les enfants, les cloches ont fondu et forment un magma gris étrange sur le sol. Le toit a explosé. Les hommes eux avaient été regroupés dans le garage Renault dont reste le sigle et les granges les mieux fermées. C’était un village tranquille qui n’avait pas trop souffert de la guerre. Les habitants avaient fêté le débarquement en Normandie. L’été arrivait avec la liberté.
La 2ème Panzer division SS en décida autrement. C’était le matin du 10 Juin 1944. Il faisait trés chaud cce jour là. Le massacre de l’ensemble de la population a été systématique (642 personnes), suivi d’un pillage en régle et de ripailles au milieu des cadavres. Au petit matin du 11, les meurtriers sont revenus pour tenter d’effacer en vain les traces de cette horreur. Aujourd’hui , Oradour sur Glane est devenu un musée-mémorial en plein air protégé et fermé. Rien n’a changé. Si vous passez près de Limoges, allez-y faire un tour ….