Connaissez-vous le Docteur Jean-Louis Frasca ? Non, moi non plus…Etes-vous bien sûrs que ce nom ne vous dit rien ? Moi si , le nom m’est familier et pourtant cet homme est mort depuis quatorze ans et je ne le connaissais pas ! Son ami, un vraiment fidèle, continue de le faire vivre dans la rubrique “nécro” du Monde en l’évoquant régulièrement , et en lui dédiant des poèmes si souvent qu’il a réussi à le faire vivre dans mon imaginaire. Je lui ai même concocté dans ma tête une vie de jeune médecin brillant, gravement blessé lors d’un accident de moto puis mort à l’hôpital. J’ai recherché qu’était devenu dans la vie cet autre homme qui achète régulièrement de l’espace pour que l’on se remémore son grand amour ! Il semble avoir bien réussi …Je ne peux pas m’empêcher de me demander qui, quatorze ans après ma mort pourrait m’envoyer des poèmes via le “Monde” …Ce Jean -Louis Frasca devait être remarquable !
Necrobio
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Merci pour la publication de votre texte qui m’a emu.
le Dr Jean-Louis Frasca etait, en effet, un garcon brillant.
Apres avoir obtenu son diplome de docteur en medecine, il sortit major d’HEC.
Il travaillait sans compter pour le grand cabinet de conseil Ernst & Young.
C’est par une belle matinee de septembre que tout a bascule ; nous faisions notre jogging tres tot ce matin la sur les Quais de Seine a la hauteur de la Gare d’Austerlitz quand une voiture a quitte la route pour venir le percuter et le plonger dans le coma jusqu’au soir.
L’homme au volant de la camionnette etait ivre mort qui prit la fuite et qui fut retrouve et arrete quelques heures plus tard.
Jean-Louis deceda de ses blessures a 18h a l’hopital Goujon, seul hopital capable de l’accueillir aux urgences…
Jean-Louis portait notre relation, il decidait de tout, des repas du soirs jusqu’a nos voyages qu’il organisait.
Je fus tres perturbe par sa disparition a me poser toutes les questions existentielles, pourquoi un garcon beau, jeune et brillant devait-il du jour au lendemain cesser de vivre, quel sens donner a l’existence? pourquoi continuer le chemin?
Souvent me revient l’image du plateau de notre dernier petit-dejeuner laisse sur le lit que je retrouvai au retour de l’accident..
Ces hommages rendus a dates regulieres dans le Carnet du journal Le Monde, sont autant de rendez-vous qui le font exister et qui m’aident a poursuivre la route et a grandir.
Le grand nombre de temoignages et de messages de sympathie me confortent dans l’idee de perenniser ce souvenir.
A la question “mais pourquoi continuer ces hommages, a quoi bon?” je reponds “quelle raison et quel sens donner a la mort d’un etre jeune beau et brillant”.
Il ne sert rien de chercher a trouver des explications, des raisons la ou il n’y en a pas.
C’est vrai, ce Jean-Louis Frasca etait un être remarquable.
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Moi aussi, je suis régulièrement émue par vos publication dans le carnet du Monde.
Seuls les mots peuvent venir à bout de la mort… et grâce à vous, Jean-Louis Frasca n’est pas vraiment mort…
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Je viens de lire votre “souvenir” dans Le Monde des 16/17 mars 2014 et une fois de plus intriguée, j’ai fait des recherches sur internet, et je viens enfin de comprendre …
Continuez, c’est une belle idée de faire vivre encore votre ami de cette façon !
Car :
“… tant que quelqu’un aura une pensée pour toi, même réduit en cendres, tu ne seras pas mort !”
Extrait de “Cocktail de vie” de Claude Cailleau (romancier, poète, essayiste sarthois)
Une lectrice du Monde
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merci pour ce rappel régulier . il est vivant parmi nous qui ne le connaissons pas continuez, nous sommes tous émus.
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Do not stand at my grave and weep
by Mary Elizabeth Frye
Do not stand at my grave and weep:
I am not there; I do not sleep.
I am a thousand winds that blow,
I am the diamond glints on snow,
I am the sun on ripened grain,
I am the gentle autumn rain.
When you awaken in the morning’s hush
I am the swift uplifting rush
Of quiet birds in circling flight.
I am the soft starshine at night.
Do not stand at my grave and cry:
I am not there; I did not die.
Inspiré par votre hommage dans Le Monde de ce jour.
Toutes mes chaleureuses pensées.
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Merci pour ce beau poème, pour cette pensée pour Jean-Louis.
Avec toute ma sympathie.
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je suis tombé par hasard sur votre billet en recherchant “Jean-Louis Frasca” sur internet. Il fait en effet partie des rares (bons) camarades d’enfance dont je me souvienne encore. D’une intelligence et d’une gentillesse exceptionnelles, je l’ai connu jusqu’à mon entrée en seconde, puis nos chemins se sont séparés… Il avait tout pour lui et pour rendre une autre personne heureuse; je suis désolé de savoir qu’il est décédé si jeune et dans ces circonstances pénibles.
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Je comprends enfin les raisons de la mort de Jean-Louis Frasca et de la fidélité indéfectible de son ami. Je ne peux m’empêcher, chaque 15 du mois, de chercher son nom des yeux dans la rubrique nécrologique du Monde. Quel beau témoignage d’amour et de vie.
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Depuis tant d’années, sans vous connaitre, je lis votre témoignage d’amourà votre ami J.L. Frasca. C’est bouleversant comme “la jeune fille et la mort”..
Votre fidélité est un réconfort pour les heureux et les souffrants. Merci .
Marie-Odile
Le 19 Juin 2012
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Jexsuis aussi suffoqué de la fidélité de ces messages. Question ? Accident de moto ou “accident” autre ? Je n’arrive pas à savoir. Mais je respecte cette fidélité éternelle on dirait.
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bonjour j’ai connu jean louis à Nancy en 1979, avec toute l’énergie, la gentillesse et la soif de vivre qui l’animait alors. Je l’ai recroisé une fois par hasard en 1993 ou 1994 lors d’un week end à Nancy . Triste destin brisé, mon prochain passage vers Austerlitz sera l’occasion de penser à sa disparition prématurée , ce qui doit nous stimuler dans le fait de continuer à vivre chaque jour comme si c’était le dernier.
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Je crois que nous sommes nombreux à être régulierement émus par les petits cailloux que vous laissez de temps en temps dans le carnet du Monde. Moi-même encore aujourd’hui en lisant l’exemplaire du Monde gracieusement offert par Air France dans un avion à Francfort. Je me suis souvent demandé qui était le Dr Frasca. J’ai aussi imaginé toutes sortes d’histoires et aujourd’hui ayant tapé son nom dans Google j’ai la réponse. J’imagine votre douleur -ou plutôt non je ne veux pas l’imaginer, comme par peur- et je comprends, j’ai toujours compris, pourquoi vous laissez ces messages.
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Tant d’amour et tant de sobriété que les mots viennent à manquer….
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Bonsoir,
En lisant le monde d’aujourd’hui j’ai d’abord été attiré par la rubrique nécrologique de Antoine veil, le mari de Simone Veil. Et puis j’ai parcouru les avis de décès. Un avis m’a intrigué. C’est le mot tué qui m’a intrigué. Que s’était-il passé pour qu’un homme de 36 soit tué? Alors j’ai tapé son nom sur Google et j’ai compris l’histoire. Banale, scandaleuse et bouleversante. Parler des morts pour les faire vivre et ne pas les oublier. Citer leur nom pour que quelqu’un se souvienne aussi. Chacun pensera à ses morts aussi. Je pense à Simone Veil qui pleure son mari, je pense à vous, et je pense à toutes les morts qui s’annoncent.
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Des années que je suis émue par vos avis dans le Monde, si un jour vous passez dans la Creuse(eh oui!!), un petit rosé est au frais!
Amitiés
Michèle
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Merci pour votre témoignage et votre invitation. Amitiés, Jean-Jacques
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Que dire?… Amitié/fidélité ont enfin un sens ??? Tombé par hasard sur ce poème dans le Monde,je suis KOI
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Moi aussi je suis intriguée et émue par ce message régulier, fidèle et touchant, tant d’amour dans ce monde souvent cruel. Puis aujourd’hui je vois aussi un message de votre part pour Patrice Chéreau. Qu’ils ont de la chance vos amis d’avoir un ami tel que vous!
D’habitude je me contentais de chercher avec impatience votre avis de peur de ne plus le trouver. Cette fois je suis donc allée sur google et maintenant je sais, non pas par curiosité malsaine mais peut-être pour penser encore plus fort en même temps que vous à tous mes êtres chers disparus.
Merci pour cet exemple d’amour et d’amitié que vous nous donnez régulièrement.
Non, avec le temps TOUT ne s’en va pas!!! Mireille de la région de Toulouse
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moi aussi, je suis profondément touché depuis des années par cette annonce que je vois réapparaître régulièrement, exprimée avec tant de netteté et de pudeur en même temps.
C’est vrai que vos amis, dont le regretté Patrice CHEREAU, ont de la chance de vous connaitre et d’être aimés de vous.Ils sont toujours vivants parmi nous.
Marc de Toulouse
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Mon père m’avait dit un jour :” Tant qu’on continue de parler de quelqu’un il n’est pas mort”.Je l’expérimente comme vous et cela permet de continuer à vivre.
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Le tombeau des morts c’est le cœur des vivants
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En ce jour anniversaire de sa dispsaition, une pensée tendre et émue pour Jean-Louis Frasca… J’ai eu le bonheur de côtoyer Jean-Louis de 1979 à 1981 alors que nous étions tous deux étudiants à Nancy. Je conserve le souvenir d’un garçon sensible et attachant, auquel je dois tant…. Merci à Jean-Jacques de continuer à le faire vivre sous sa plume.
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Merci Jacques pour votre message.
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14 juin 2015, toujours la même fidélité après tant d’années ! Merci à son ami, Jean Jacques Baudouin-Gautier, de mettre en échec l’accélération de nos vies et parfois des sentiments. Le docteur Jean Louis Frasca continue à vivre pour lui, mais aussi un peu pour nous lecteurs du Monde qui ne l’avons pas connu …
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Merci pour votre message, avec ma profonde sympathie, JJBG
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Moi aussi depuis des années je lis avec intérêt et émotion vos billets en souvenir du Docteur Jean-Louis Frasca…
Avec toujours la question ” comment est-il est parti ?
Car j’avais le sentiment de le connaitre un peu…
aujourd’hui je sais..
de tout cœur avec vous qui entretenez si fidèlement son souvenir..
Vous êtes un véritable ami de cette personne..
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Merci Madame pour votre message, JJBG
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Bonjour Jean-Jacques. Je viens de céder à mon tour au besoin d’en savoir un peu plus sur ce témoignage d’amour éternel (20 ans ! à notre époque si frivole). N’oubliez pas que Jean-Louis continue aussi de vivre à travers vous, vos regards, vos émotions, ce que le destin ne lui permet plus de vivre par lui même. Et dans la Vie, sauf à en désespérer, tout est forcément Sens. Amitiés. Michel de Lyon
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Toujours ému en découvrant ce message d’un profond amour Que la vie continue mais Que l’ombre de nos disparus aimés se penchent et vivent à travers Nous mais La est bien là,indicible,et un parfum, un son , un endroit la réveille et il faut rester debout et lucide .bon courage dans ce chœur des vivants
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Merci pour ces quelques lignes, bien amicalement, JJBG
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Amities, JJBG
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bien amicalement, JJBG
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Voir ci dessus
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Bonjour, je vous envoie ce matin un mail à l’adresse que vous indiquez. Je vous le signale pour que vous regardiez dans vos spam.
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Le Monde d’aujourd’hui et je retrouve ce message qui, je le vois , a touché tant de monde et tant de fois . Je ne lis plus le Monde aussi régulièrement et je retrouve avec émotion ces mots d’amour que vous n’avez cessé d’envoyer à Jean-Louis Frasca qui n’est plus tout à fait un inconnu pour moi à présent .
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Merci pour votre message, pour vos mots. JJBG
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Je pense vous comprendre, ou plus exactement être en sympathie avec vous, faisant publier moi-même une annonce depuis 17 ans. La votre m’émeut et me rassure: l’amour est fort comme la mort.
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Comme les nombreux lecteurs du Monde cités ci-dessus, étonné par la constance de votre message, j’ai consulté Google …Désormais je partagerai votre douleur. C. c
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Merci pour votre message.
Amitiés. JJBG
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Très émue par la force de ce poème de Hugh Auden, choisi pour évoquer la disparition d’un être chéri…
Un grand amour ne meurt jamais, il est en nous à chaque instant, et nous accompagne tout au long de notre vie.
Merci d’en témoigner de si belle manière.
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Merci pour ces quelques lignes. C’est vrai qu’un grand amour ne meurt jamais, il part avec soi quand on meurt à son tour. Avec toute ma sympathie, JJBG
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“Les baisers reçus, savais-tu qu’ils duraient, qu’en se mordant la bouche, le goût en revenait.
Mortels, mortels, nous sommes immortels…
As-tu senti parfois que rien ne finissait…”
“Immortels” , A. Bashung,
Et je pleure à chaque fois…
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Merci pour les mots de Bashung, je ne les connaissais pas. Merci de me les avoir rapportés. JJBG
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Devant la television ce soir,peu enthousiasme par le programme,son nom s’impose a moi et,comme parfois,je lance une recherche sur ma tablette…Et j’apprend tout ca.J’ai connu Jean-Louis je dirai en 1981 environ,peut etre dans un tout premier stage d’externe a la Fac de Nancy,en cardiologie(?).J’ai le souvenir d’un jeune homme sympathique et brillant,et aucun de tous nos autres camarades.Bien sur qu’il vit encore,et allez savoir si ce soir je ne suis pas juste le canal qu’il emprunte pour vous le dire.Mais continuez,c’est tres beau.
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Merci pour votre témoignage. Merci pour cet échange. Amicalement, JJBG
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Dans le journal Le Monde, le Carnet est la rubrique où paraissent les annonces de naissances, de disparitions, les hommages et les communications diverses. Elle est l’un des endroits où les proches de personnes décédées publient des messages, pour faire vivre le souvenir.
Parmi eux, Jean-Jacques Baudouin Gautier. Chaque mois, depuis 22 ans, il fait publier un message à son compagnon disparu, Jean-Louis Frasca. La date du publication ne varie guère : toujours autour du 14 du mois, car Jean-Louis Frasca est mort le 14 septembre 1996. Le docteur Jean-Louis Frasca a été renversé par un chauffard ivre qui a pris la fuite. La vie de Jean-Jacques Baudouin Gautier a donc chaviré, non seulement parce qu’il a perdu celui qu’il aimait, mais aussi parce que la famille de ce dernier l’a en quelque sorte chassé de chez lui.
L’annonce dans le Carnet du Monde a servi de thérapie. “Au départ, ça a été une réaction à l’endroit des parents. Et puis aussi le fait de le maintenir en vie. C’était la seule façon pour moi de dire mon désespoir, et puis aussi de dire à ceux qui le connaissaient qu’il était mort”, raconte Jean-Jacques Baudouin Gautier. Aujourd’hui, la béquille psychologique de cet homme parle à bien des endeuillés : “Il y a des gens qui m’écrivent en me disant qu’ils ont perdu un être cher et qu’il ne savent pas comment faire”. Pour la date anniversaire de décès, Jean-Jacques Baudouin Gautier ajoute à son texte toujours le même poème, signé Wystan Auden, “celui qui illustre le film Quatre mariages et un enterrement”, et dit “Il était mon nord, mon sud, mon est et mon ouest…”. France-Inter 1er novembre 2018
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