9/11/01

Comme chacun y va de ses souvenirs, je m’en vais vous raconter le mien:

Avec le décalage horaire, il était encore très tôt à Los Angeles ce 11 Septembre 2001.

Je dormais donc à poings fermés dans mon grand lit douillet de Rodeo Drive,  quand mon mari qui était sous la douche , m’a réveillée en sursaut pour me demander , à ma grande surprise, de descendre allumer la TV…. C’était une des rares maisons américaines à n’avoir qu’une TV ..”Vite, vite, vite, il s’est passé quelque chose à New-york”.

Je me suis donc retrouvée en nuisette, dans le gros fauteuil en cuir rouge de la family room, très endormie et vite hallucinée par les premières images de l’avion planté dans la tour numéro 1 comme dans un morceau de beurre. Evidemment, ma fille chérie n’était pas là et  dormait tranquillement chez un copain à West Hollywood. Mon mari est venu me rejoindre et nous avons  passé une bonne partie de la matinée scotchés devant la télévison. On nous a demandé,via la chaine locale je crois,  de ne nous déplacer qu’en cas d’urgence car on craignait qu’un avion ou deux viennent se planter à Los Angeles. Mon mari est quand même parti travailler, je n’ai pas compris  l’urgence , et j’ai quand même  pris ma petite new-bettle pour aller récupérer ma petite fille de 12 ans chez nos amis…

Les rues de Beverly Hills étaient désertes, comme d’habitude, mais il n’y avait pas de voitures non plus…   Il n’y avait pas un chat, ni une même une starlette sur Sunset boulevard. Tout était trop calme et assez étrange.

Je suis arrivée très vite dans cette maison d’amis situé sur  les hauteurs  d’Hollywood et où de la piscine on pouvait surveiller  très facilement les avions au dessus de la mégapole. L’aéroport avait été fermé mais  les hélicos bourdonnaient comme toujours au dessus de la ville des Anges. Comme on ne savait pas trop quoi faire , on a décidé de rester ensemble, groupés là, entre piscine et télé, en buvant du chardonnay pour nous remonter. Maman m’a téléphoné pour me redemander le nombre de kilomètres entre New-york et Los Angeles et surtout m’interdire de prendre l’ avion…  Les écoles ont été fermées, quelques jours, il me semble.

Ensuite nous avons eu le droit à la guerre des alertes, alertes aux ponts minés à LA, puis alerte à la poudre blanche envoyée par la poste.  Je dois dire que l’alerte à la poudre blanche à Los Angeles  a beaucoup amusé chroniqueurs et citadins ! Après, nous devions scotcher les fenêtres en cas d’attaque bactériologique, prévoir des masques à gaz et autres fantaisies…  Le monde américain était blessé au coeur et ne s’en est toujours pas remis.

 

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