
Dimanche 12 Avril 2020
Il est bien loin le temps où les enfants de choeur allaient de ferme en maison en chantant pour réclamer un sou, ou un oeuf pour leurs services: ” La vieille là-bas, là-bas dans son trou, qui n’a pas voulu donner de sous, le diable l’emportera. Alléluia…. Alléluia… ”
Le diable l’a emportée sans doute et le monde avec. Il n’y aura ni messe de Pâques cette année, ni jeunes asperges, ni salade de pissenlits sauvages. Les églises et les temples ont été vidés par le coronavirus. Certains prêtres ont même posé les photos des paroissiens sur les chaises. C’est plus convivial ! Il faut prier confinés et par écran interposé. Je me souviens d’une petite église sur une île grecque qui indiquait l’adresse mail de Dieu. J’aurais dû la noter.
Nous n’irons pas non plus dans les jardins chercher des oeufs avec des enfants excités. De toutes les façons, Dieu doit être bien occupé à trier les nouveaux venus qui arrivent par troupeaux entiers. Qui ira au purgatoire, qui sera admis direct au paradis ?
Le diable se frotte les mains : qui aurait pu imaginer un tel chaos ? Les évangélistes américains le mettent en joie. Ils veulent quand même se rassembler. Chanter, dansez, embrassez qui vous voudrez ! Les hommes sont si bêtes ! Et Trumpy qui proclamait que le coronavirus était un canular. Il est impayable celui-là ! Orgueilleux en diable. Quel allié de choix !
De notre côté, notre dimanche de Pâques a été bien occupé. Nous avons été réveillés par notre ami de Nouvelle Calédonie qui voulait nous saluer du bout du monde avant de se coucher et converser un peu. Du coup, je n’ai pas eu le temps de suivre le cours de Pilates avec Ponce. Nous avons à peine eu le temps de prendre un café, avant le rendez-vous hebdomadaire pour le Scrabble familial avec Singapour et Chars. La partie a été ardue, mais Paris a fait deux “scrabbles” coup sur coup, qui nous ont rendus imbattables.

Ensuite, nous avons filé à Rome pour écouter le Pape qui a donné quelques instructions simples claires aux hommes : Remise des sanctions internationales, remise des dettes des pays les plus pauvres, arrêt de tous les conflits, cessez-le-feu mondial et immédiat. Vaste programme ! Je ne sais pas si tous les gouvernants étaient à l’écoute mais j’espère bien que le Saint Esprit l’était et donnera un coup de main. “C’est le plus efficace des trois” disait mon père. Après cette injonction papale bien sentie, arrive la bénédiction “Urbi et Orbi” . “Et boum !” aurait dit mon fils .
Nous n’allions pas rater cela. Le Pape était si petit dans l’immense nef de St Pierre de Rome. Cela donne une idée de la mesure de l’homme en général. Impressionnant. Ensuite, nous avons filé sur la terrasse pour préparer un repas pascal traditionnel mais avant nous avions un apéro virtuel, “Zoom”, avec une dizaine d’autres membres de la famille pour fêter Pâques comme si nous étions comme d’habitude en Sologne. C’était vraiment drôle et sympa . Nous avons trinqué, bu ensemble et chanté aussi quelques hymnes familiaux dont tous nos voisins ont profité.

Nous irons plus aux bois, mais nous irons quand même ce soir applaudir les soignants, du haut de nos balcons. Maintenant il ne fait plus si froid, la nuit s’est dissipée et les jours sont plus longs. Espérons que du chaos sortiront des étoiles. C’est quand même le jour de la résurrection !
“Comment cela s’appelle-t-il, quand le jour se lève, comme aujourd’hui, et que tout est gâché, que tout est saccagé, et que l’air pourtant se respire, et qu’on a tout perdu, que la ville brûle, que les innocents s’entretuent, mais que les coupables agonisent, dans un coin du jour qui se lève ?
– Cela a un très beau nom, Femme Narsès … Cela s’appelle l’aurore”.
Je ne voudrais pas jouer les rabat-joie mais Pâques en maillot de bain, ça je l’avais jamais vu. Sans doute qu’à Paris, c’est moins frappant que dans mon Berry, mais ça manque sérieusement d’eau ! Et 30 °C dans le jardin, ça fait que les plantes ont SOIF (un mois sans une goutte de pluie). A ce train-là, quand on sortira du déconfinement, Paris risque d’être au milieu du Sahara. Bref, agréable mais inquiétant (histoire de détourner l’inquiétude). Gros bisous les parigots, chantez et… faites pleuvoir SVP.
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Je pense Élisabeth que tu as mémoire défaillante, j’ai des souvenirs dans L’Orne (un peu au Nord du Berry) de weekend de Pâques ensoleillés, peut être pas à 30 mais au moins à 24 / 25 comme cette année, mais c’est sur avec plus de participants.
On a trouvé des asperges violettes d’Angers qui étaient fort agréable, avec œufs mimosas, épaule d’agneau (pas de lait mais presque) confite, fraises de Carpentras et mousse au chocolat
Chantez, Buvez cela aide à supporter le temps qui s’étire
A+
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Ah ! La douceur angevine… Ici, c’est le muguet qui est sorti (je l’ai un peu aidé en arrosant). Tu as beau dire Therry, c’est la première fois que j’ai du muguet EN AVANCE ! On peut mettre des photos dans les commentaires Marie-Do ? J’ai des preuves.
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J’essaie de me rappeler le balcon dont tu parles. À Auteuil?
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Oui, Louise. Nous sommes confinés à Paris !
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