
Vendredi 17 avril 2020,
Ce matin, à l’heure où blanchit la campagne, la radio annonça la mort du chanteur de mon premier 45 tours. J’ai dû tourner une nouvelle fois la page de mon adolescence vagabonde. Je me souviens que Christophe qui dessinait sur le sable le doux visage d’Aline qui lui souriait à longueur de soirée, était alors en sérieuse concurrence avec Hervé Vilard qui, lui, avait lui perdu sa copine à Capri. Une chanson également gravée profondément dans nos coeurs de minettes romantiques. Qui peut aller à Capri sans chanter : “Capri c’est fini et dire que c’était la ville de mon premier amour, Capri c’est fini, je ne crois pas que j’y retournerai un jour”? Cela aurait été bien dommage, quand on connaît enfin Capri, qui restait pour moi, à l’époque, dans une nébuleuse italienne.
Bref, je ne pouvais m’offrir qu’un seul 45 tours, car “je vous parle d’un temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître”. J’ai choisi Christophe car les plages étaient plus proches de mon univers que les îles mystérieuses. Et j’aurais aimé être cette “Aline au doux visage” qu’on dessinait sur le sable mouillé, et disparaître éventuellement dans un orage. J’aurais adoré surtout qu’un jeune homme crie mon nom comme un fou pour que je revienne, et pleure “car il avait trop de peine” ! De plus jamais, jamais, aucun jeune homme ne m’a fait la surprise de s’asseoir “auprès de mon âme”, sinon je ne me serais en aucun cas enfuie, sans lui laisser aucun espoir pour le guider. Pourtant, dans ma vie j’en ai arpenté des kilomètres de plage, les cheveux au vent, en prenant des airs romantiques, et guettant les orages et les artistes. Cela ne m’est jamais arrivé cette histoire là ! Je me demande où ils vont chercher leurs paroles, les chanteurs. C’est franchement pas réaliste! J’aurais peut-être du choisir “Capri, c’est fini” comme 45 tours, finalement… et puis cet été, je vais peut-être retourner à “Capri, où tu m’as dit : je t’aime !”.
Ce soir, j’ai un coup de blues ! Aussi, après les applaudissements pour les soignants, sur la terrasse, nous avons mis à plein tube, “Aline”, et nous avons chanté et dansé pour qu’elle revienne. Je vous le dis tout de suite, malgré nos cris , et nos pleurs, elle n’est pas revenue. Notre jeunesse non plus !
Merci Marie Do pour l’évocation nostalgique de ta jeunesse,de notre jeunesse..Christophe nous a laissé les mots bleus qui rendent les gens heureux..paix à son âme.
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Merci ma belle, (masquée) d’écrire des commentaires. C’est sympa ! Et visiblement peu de lecteurs ont compris le principe !
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Quelle belle histoire !
Bonne nuit 💤😘😴
Kisses
Caro
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Bonjour Marie-Do, ce chanteur m’évoque aussi un sondage épique que nous réalisâmes à Dormont en 19XX, dans les rues et chez les commerçants de la ville, au nom d’un prétendu journal d’école : “Avec quoi Christophe construit-il ses marionnettes ?” La mine éberluée des “sondés” avait le don de nous faire rire aux larmes pendant tout le chemin du retour (que nous faisions à pied). On rit facilement à cet âge !
T’en souvient-il ?
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Bien-sûr ! Je pensais évoquer ce premier travail d’enquêteur dans mon blog, mais faute de place je ne l’ai pas fait. Mais on enregistrait les entretiens (ou faisait semblant) et c’était à Courmont !
Moins loin de la Villardelle à pied.
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OK, je me suis trompée de nom, mais je crois bien que c’était à Dormans !! Je revois comme si j’y étais la droguerie, le fleuriste, la mercerie… de Dormans, où nous sévissions. Et ça ne fait jamais que 7 ou 8 km. Et comme il s’agit de notre jeunesse n’est-ce pas…
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Si tu te souviens d’une fleuriste et d’une mercerie , c’était bien à Dormans ! Et c’était hier !😀
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