
Lundi 27 Avril 2020,
L’histoire est étrange et pourrait nous donner à imaginer qu’il existe des connections entre ciel et terre, en temps de confinement.
A la veille de la date d’anniversaire de mon père, nous avons retrouvé à la cave, dans une boite en bois, de vieilles cassettes audio qui trainaient dans le grenier de nos mémoires. “Te souvient-il de nos cassettes anciennes ?”
Le problème, c’est qu’il n’y a plus de lecteur de cassettes qui fonctionnent au bout de trente ans sans servir. Faute de quoi, nos cassettes inutiles dormaient sous la poussière dans un coin sombre, en compagnie de lecteurs inutilisables. Le temps offert par le confinement nous a permis de restaurer l’un d’entre eux. Nous avons donc écouté religieusement une première cassette oubliée.
Bingo ! Heureux hasard ou signe des cieux, ce fût un cadeau aussi inattendu que merveilleux!
Le récit de la naissance de mon père, né le 25 avril 1909, par ma grand-tante, née en 1887! L’enregistrement en lui-même datait de 1982. Il avait été réalisé à l’occasion de la naissance de mon fils. On y entendait aussi la voix claire de ma Maman, quelques mots amusants de mon Papa, comme s’ils avaient été assis près de nous, au soleil, sous la glycine de la terrasse. Immense moment d’émotion que de les entendre si proches, eux qui nous ont quittés il y a trop longtemps.
Par ailleurs, le récit en lui-même était vivant, drôle et évidemment très touchant !
Nous avons été ravis d’envoyer ce morceau d’anthologie à toute la famille dès le lendemain pour fêter l’anniversaire de mon papa qui aurait 111 ans aujourd’hui . Nous avons aussi encore écouté quelques autres cassettes de repas de famille, de poésies inventées, de chansons traditionnelles, de mots d’enfants et de poèmes charmants. Ces moments joyeux saisis sur le vif, ont coloré notre journée de souvenirs et de fous rires.
Mais à minuit et demie, nous avons été réveillés par des chants dans la rue. C’était surprenant par ces temps de confinement ! La rue d’ailleurs était déserte. Nous avons fait une petite enquête dans la maison pour trouver d’où venaient ces voix puissantes. C’était visiblement un duo, un homme et une femme chantaient. Les voix des fantômes semblaient venir de la terrasse. Très intrigués, nous avons ouvert tout doucement la trappe qui monte là-haut et là… stupeur, un vieil homme et une femme chantaient à tue-tête dans la nuit parisienne : “Les vieilles de notre pays ne sont pas des vieilles moroses , elles portent un bonnet rose, un fichu couleur de maïs ….”
Nous en sommes restés bouche bée ! C’étaient les voix de mon grand-oncle et de ma cousine Simone morts tous les deux depuis des dizaines d’années.
Comme une machine à remonter le temps, le lecteur de cassettes, posé dans la cuisine de la terrasse dévidait imperturbablement une bande magnétique que nous n’avions pas encore écoutée ! Ainsi, “les vieilles de notre pays” résonnaient sous la lune et redonnaient vie comme par magie à ces visiteurs d’un soir.
Quelle belle histoire !
Et bravo à notre conteuse qui sait si bien faire revivre le passé avec nostalgie, délicatesse et humour.
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joli Marie do
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Très émouvante, ton histoire… Et tu es douée pour nous les conter
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Belles histoires et belles personnes…
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Je me réponds à moi-même pour compléter. Le 25 avril, c’est aussi le jour de naissance de ma tantine (la dernière de sa génération). Nous avons fait notre possible pour fêter dignement son anniversaire par un Tribu spécial et des livraisons surprise. Elle commence à souffrir sérieusement de sa solitude de vieille dame confinée de 93 ans…
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C’est très vrai et en ce moment de pause “obligatoire” nous retrouvons nos souvenirs. Aujourd’hui j’ai commencé avec trois caisses de photos et beaucoup de souvenirs ont repris forme.
Une émotion qui te replonge dans le passé avec les photos de bébés, d’adolescents et de copains, de vacances, de réunion de famille…… mais aussi les vieilles photos des ancêtres impécables et tirés à quattre épingle dont, pour certain, nous ne nous souvenons plus des noms.
Christine, le 24 Avril, a fêté hier ses 66 ans et ses petits enfants ont eu le courage de lui dire qu’elle était vieille.
Le temps passe mais les photos restent. Quel plaisir j’ai eu de retrouver les photos de ton mariage avec en premier plan la ribambelle de tes neveux et nièces en petits pages et demoiselles d’honneur.
La chaleur du papier ne remplacera jamais le “Cloud” de souvenirs.
Bonne journée à tous et que le Covid 19 ne soit jamais avec vous.
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Bonjour Marie Do c est un moment délicieux de découvrir ton journal. Tout y est la poésie l humour la tendresse. Merci
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