
Jeudi 9 Avril 2020
Pour s’évader un peu, je vais vous raconter une belle histoire qui m’est arrivée lors de mon dernier voyage.
Mes lecteurs fidèles sauront où c’était. Comme l’affaire reste mystérieuse, je ne puis trop en dire dans ce blog.
Nous nous étions baladés le nez en l’air dans le quartier chinois* de l’endroit. Il y a des quartiers chinois dans beaucoup de villes dans le monde. Ce n’est pas un indice. Nous sommes allés voir un marché couvert à côté duquel se trouvait une petite rue où quelques brocanteurs faisaient la sieste dans un invraisemblable capharnaüm d’objets hétéroclites et poussiéreux, sous l’oeil amusé d’un bouddha en bois hilare.
Nous sommes passés une première fois devant une des échoppes, et mon mari a remarqué dans le fond d’une cuvette émaillée une tête toute noire. Les traits de la tête étaient fins et réguliers. Quelques tâches blanches de fientes d’oiseaux la rendaient un peu maladive, mais l’ensemble était intéressant. Nous avons demandé au vieillard cacochyme qui accourait pour donner un coup de feutre sur les taches, si elle venait d’Afrique, étant donnée sa couleur. Il éructa que non, “peut-être d’Europe” nous dit-il. Mais il ne savait pas, il allait prendre sa retraite et voulait auparavant débarrasser son hangar.
Nous avons continué notre chemin, puis nous sommes repassés car mon mari était tombé amoureux de la tête, et m’avait déjà expliqué que c’était du bronze et que ce n’était pas le prix du bronze “au poids”. Mais au poids, c’est sûr, c’était bien le poids du bronze car j’ai dû tenir cette fichue tête à bout de bras pour faire des photos. Non, je ne vous les montrerais pas, la tête de la statue est réussie mais pas la mienne.
Les deux seules fois où je me suis opposée à l’achat d’un objet dont mon mari était tombé amoureux, j’en ai entendu parler pendant 15 ans , alors, fine mouche, je lui ai proposé de lui offrir la tête pour son anniversaire. Cela tombait bien. C’était le lendemain. Il en fût ravi et nous sommes repartis avec la tête calée avec du papier journal, dans un sac en plastique. Celle-ci était vraiment lourde, cela semblait bien être du bronze.
A notre retour dans l’hexagone, quelque temps plus tard, mon mari s’est remis à la peinture à l’huile pour se confiner agréablement entre deux algorithmes sur l’évolution de la contagion dans nos contrées. La tête noire l’observait du coin de l’oeil , alors mon artiste d’homme a commencé à la nettoyer à l’essence de térébenthine……. et…
La suite au prochain blog….on va voir si cela marche comme pour les séries !
*tous les prénoms et les lieux ont été modifiés par souci de discrétion





