
Samedi 2 Mai 2020,
La génération des anciens de Mai 68 avait gardé dans son coeur une jeunesse qu’elle pensait éternelle.
Quand on a interdit d’interdire, qu’on a fait l’amour plutôt que la guerre, qu’on a vu sous les pavés la plage, qu’on a mis l’imagination au pouvoir, il paraît impossible de vieillir sérieusement. Les soixante-huitards ont fait du sport pour avoir un esprit sain dans un corps svelte, ils ont gardé leurs blousons de cuir et leurs jeans, dernières étincelles de leur look de révolutionnaires, et coloré leurs cheveux. Ils ont souvent choisi des métiers qu’on exerce longtemps, journalistes, psychanalystes ou écrivains. Si bien que certains travaillent encore. Quand ils ne travaillent plus, ils militent encore dans des associations de toutes sortes. Ils ont voyagé à travers le monde, au gré d’une humeur toujours vagabonde. Ils s’occupent de leurs petits-enfants qui les appellent par leurs prénoms quand leur emploi du temps chargé leur permet.
Ils étaient résolument jeunes dans leurs tête. Ils “faisaient jeunes” comme on dit et aimaient à l’entendre susurrer par les amis de leur progéniture.
Mais le Covid a frappé et leur a donné soudain un sacré coup de vieux. Le carrosse est devenu citrouille. L’imagination n’est plus au pouvoir, et les seniors dynamiques sont devenus des “ainés vulnérables”.
On les a catégorisés comme fragiles, comme “vieux” en clair. Erreur judiciaire, ils n’étaient pas encore vieux. Les vrais vieux étaient dans des maisons de retraite, ou au Sénat. Leurs propres enfants les ont trahis, en voulant les protéger : “Vous êtes dans la catégorie à risques, il faut faire attention ” n’ont-ils pas hésité à dire à leurs protecteurs de toujours. Car quelque soit l’âge des enfants, ils restent des enfants ad vitam aeternam pour les parents. “Restez chez vous”. “On a senti la bascule du pouvoir, on est devenus les enfants de nos enfants”. Les gaillards soixante-huitards se sont sentis infantilisés. “Un coup de massue !” pour Marianne, une veuve dynamique de 75 ans qui fait du Pilates sur Zoom pour ne pas perdre ses bonnes habitudes.
Ils sont nombreux à être montés au créneau, faute de barricades pour protester.
Alain Minc (71 ans) a annoncé “une révolte des cheveux blancs”. Pascal Bruckner (71 ans) a crié à “l’Ehpadisation des plus de 65 ans”. Ils refusent d’être mis sous cloche et parlent de ressortir les pavés de 68. Certains ont appelé à reprendre le maquis. Devant tant de révolte, il a été finalement décidé que tout le monde sortirait en même temps du confinement. Ils n’allaient pas se mettre tout ce beau monde sur le dos. Mais la pandémie a mis en lumière ” l’âgisme des Français”, analyse Hervé Hamon. En deux mois, les septuagénaires ont eu le sentiment de beaucoup vieillir….
Personnellement, je ne me sens pas vraiment concernée, je suis de la génération d’après, je n’ai que 66 ans !
Tu as tout dit j avais préparé la révolte heureusement les notables se sont révoltés haut et fort mais en effet le coup de vieux a frappé.
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Oui, la révolte gronde!!! Heureusement ,nos chers soixante huitards toujours médiatisés ,sont montés au créneau…Nous ,vieux? Et puis quoi? Nous ne sommes vieux que dans le regard des générations suivantes … Nous , nous sommes définitivement jeunes !!!!
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Ta prose me met toujours de bonne humeur Mari-Do.
Ta plume mûrie d’expérience reste aussi acerbe que pointue, aiguisée par ton sens de l’humour, virulente est le mot. Merci Covid.
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