
Mardi 10 Novembre 2020,
Depuis ma dernière chronique, nous avons vécu quelques aventures.
Talonnés par la tempête, nous avons filé comme le vent, laissant dernière nous des ports qui fermaient leurs portes devant la force d’Eole et la fureur de Poseïdon . Après une très longue et tumultueuse navigation, nous sommes enfin arrivés dans l’île de Poros où nous pensions souffler nous aussi, à l’abri. Mais le virus nous a rattrapés ! La Grèce a annoncé un confinement général, et l’interdiction de naviguer à partir du samedi 7 novembre à potron-minet.
Nous avons donc dû de nouveau rapidement mettre les voiles, malgré une météo peu engageante, pour arriver à temps près de notre port d’attache où notre Cipango doit hiverner.

Nous sommes maintenant confinés dans notre bateau qui est mouillé dans une baie tranquille, en face du charmant village de Kilada, où nous pouvons aller en annexe nous ravitailler avec une autorisation dans la langue d’Homère. Nous avons là, il est vrai, une splendide vue sur la mer!
C’est bien installés dans notre carré que nous avons fêté dignement la défaite de Trumpy, en buvant du Prosecco. L’organisation du parti républicain semble commencer à pêcher, puisque la grande conférence de presse annoncée au Four Seasons de Philadelphie, fut finalement tenue dans une zone industrielle, sur le parking d’une entreprise de jardinerie du nom de “Four seasons total landscaping”, entre un crématorium et une librairie spécialisée pour adultes avertis ! Tout un symbole, pendant que le futur ex-président jouait au golf. Cette période de transition est appelée celle du “canard boiteux” outre atlantique. Question canard boiteux, avec Donald Trumpy, nous sommes largement servis. Il lui reste encore un peu de temps pour disjoncter, ce qu’il fait assez facilement. Continuera-il à battre des ailes comme un canard sans tête ?
Nous sommes dans un bel endroit, bien loin des soucis du monde et nous allons rester ici quelque temps à bricoler, méditer, écrire, cuisiner, peindre ou pêcher. La baignade en mer est autorisée, et l’eau se réchauffera peut -être, une fois le coup de vent passé. Nous avons passé notre dernière soirée, avant le confinement, dans notre taverne préférée, bondée comme à l’accoutumée, à nous régaler de grosses crevettes fraiches de la mer Egée. Nikos, notre hôte, nous a proposé de nous conduire si besoin était dans la ville voisine, pour faire des courses, tout en nous servant du rosé de Kranidi. Le sens de l’hospitalité grecque est toujours ardent. Demain, nous irons voir ce qu’a pêché notre ami Eros le poissonnier !

Hier, nous avons joué une partie de scrabble acharnée avec nos enfants confinés à Singapour et à Paris, et nous avons beaucoup ri, c’est un moment hebdomadaire privilégié où nous avons vraiment l’impression d’être tous ensemble. C’est Pénélope de Paris qui a gagné. Je le dis car son prénom s’insère bien dans cette chronique, bien qu’elle ne fasse pas de tapisserie.
Le soir, je regarde le soleil se coucher trop tôt sur les montagnes qui m’entourent, et j’écoute les frémissements doux de l’eau sur la coque, en attendant que se lèvent les étoiles dans la nuit d’encre.
Cette nuit peut-être, j’entendrais les sirènes chanter au loin, car le vent semble cesser.
Mais tout à coup, le crépuscule oublié, les vents catabatiques, qui descendent de la montagne, se déchainent en hurlant, et transforment du coup notre carré douillet en “Haut des Hurlevent “! Le bateau ensorcelé danse frénétiquement dans tous les sens avec eux, malgré son ancre solidement ensouillée ! La nature est toujours la plus forte et nous le rappelle sans cesse allègrement. C’est assez impressionnant, surtout le bruit lancinant de ces vents rafaleux qui hululent comme un concert de loups affamés dans la nuit. Nous allons nous coucher, saoulés par le bruit et le vin de Kranidi sans doute.
Plus tard, dans la nuit ou peut-être dans nos rêves, nous entendrons enfin le chant des sirènes, qui séduisirent le rusé Ulysse attaché au mât de son navire pour ne pas plonger dans les flots avec celles-ci !
Ah! Que tu sais bien nous faire rêver Marie-Do!
Magnifique photo de vous deux! Vous vieillissez bellement!
Heureuse d’apprendre que Patrick s’adonne à la peinture.
Profitez bien de votre confinement. Il y a pire façon de le vivre.
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Heureux qui comme Ulysse, …..
Est ce que l’eau n’est pas trop fraiche lorsque Zeus est à son zénith ?
Profitez bien
Mes amitiés et à Nikos et à son rosé lorsque vous le croiserez.
Personnellement, je ne remarque pas de traces du temps qui passe, juste la météo qui commence à être un peu fraiche.
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L’eau reste douce , après un moment de saisissement plus court qu’en Bretagne !
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