
Mercredi 17 Janvier 2024,
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Ce matin, à Paris, la neige est tombée en tapinois dans une nuit sans étoile , il fait tout à coup un froid de canard. Je rêve donc de soleil et de mer chaude. C’est pourquoi j’évoque cette histoire dorée, pour nous réchauffer.
Il y a quelques années, Poséidon était nerveux et après un coup de meltem facétieux, nous avons mouillé dans une jolie baie protégée. Sur le bord du rivage, au milieu des oliviers et des tamaris, se dressait sur le sable un adorable petit monastère d’un blanc immaculé, et coiffé de deux dômes.
C’était, nous l’avons su plus tard, un monastère de Taxiarques du 16 ème siècle consacré aux deux archanges (“arché”-anges ou chefs des anges), Saint Michel et Saint Gabriel, qui sont, comme vous vous en souvenez sûrement, les supérieurs des armées célestes! Les “Taxiarques” évoquent dans le vocabulaire militaire une formation ordonnée, qui a évolué plus tard dans le sens de “taxe”. Ce terme a servi à désigner les voitures de place automobiles avec compteur dans les années 1900, sous le nom de ”taxi-mètre”, abrégé par la suite en “taxi” par apocope. Le fameux épisode des “taxis de la Marne” en 1915 a popularisé définitivement cette dénomination.

Ce petit village était tout blanc, comme la plupart des villages dans les Cyclades, mais des treilles vertes et des bougainvilliers d’un rouge écarlate tapissaient les pergolas de touches de couleur vives. L’ensemble était magnifique et complété par deux tavernes posées sur la plage qui attendaient les gourmands affamés par le vent mauvais. Nous sommes restés dans cet endroit magique quelques jours. Il y avait aussi là une minuscule épicerie qui vendait un peu de tout dans un désordre effrayant, comme c’est souvent le cas en Grèce. J’adore ce genre d’endroits aux ressources illimitées malgré leur petite taille !

Un skipper méritant, arrivé tout seul de Bretagne sur son petit voilier, était venu également se réfugier dans notre crique. Pendant la nuit ventée, son ancre a dérapé. Son bateau a commencé à filer vers le large et n’a été arrêté que par la pointe qui ferme le golfe. Le choc a réveillé juste à temps notre navigateur solitaire qui a pu éviter, après des manoeuvres délicates, de partir sans l’avoir voulu sur une mer démontée. Le lendemain, nous avons fait sa connaissance en lui apportant du pain frais, et il nous a raconté sa terrible nuit avec des trémolos dans la voix.

Pour notre part, sur Cipango, nous avons une alerte de mouillage, vitale pour notre sommeil! Elle nous prévient via nos téléphones si notre ancre a des velléités de filer discrètement pour d’autres horizons. Cela nous permet de dormir tranquillement.

Depuis la découverte de ce coin charmant, nous sommes revenus plusieurs fois dans ce petit village qui ne change pas, malgré les années qui s’égrènent. Seules quelques tavernes supplémentaires se sont installées en plus sous les bougainvilliers! Pieuvres et maquereaux y sèchent au soleil et invitent à la dégustation!


Cet endroit magique, resté hors du temps, est dissimulé dans l’île de Sifnos dans les Cyclades , ne le dites à personne!

Merci Marie-Do, pour ce souffle d’évasion que tu nous offres dans un hiver parisien à la fraîcheur morose.
Et promis, je ne dirai “ton” endroit à personne !
Bises
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