
Je suis partie au bout du monde, “plus loin que la nuit et le jour” pour voir mes enfants vivre au loin “dans l’espace inouï de l’amour” ! Voyage, voyage éternellement ! Voyage, voyage, ne t’arrête pas , de nuages en marécages, du vent du désert en pluie d’Equateur, vol dans dans les hauteurs au dessus des capitales, comme dans la chanson !

Nous nous sommes donc envolés un froid soir d’hiver à la nuit tombée pour une île lointaine au destin étonnant, Singapour. En route pour de nouvelles aventures !
La nuit dans les nuages fut agitée car au plein milieu de notre sommeil léger une femme assise juste derrière moi s’en mise à secouer son mari visiblement pris d’un malaise, en criant “Philippe, Philippe, réveille-toi !” Finalement le steward, qui était également responsable de la sécurité, lui a donné de l’oxygène et demandé tout haut un rapport médical complet pour le transmettre à l’hôpital parisien en charge du problème ! La liste de tout ce qui pouvait nous arriver dans ce long vol fut un peu stressante.
A l’arrivée, dans l’après-midi, nous étions complètement au radar alors que nous devions remplir de complexes formulaires sur notre i-phone. Si vous n’avez pas de téléphone portable disponible, je ne sais pas comment il faut gérer cette affaire ! Mon passeport a ensuite évidemment été refusé car il ne rentrait pas en glissant parfaitement dans la machine automatique ultra moderne de cet aéroport futuriste ! J’ai dû montrer patte blanche devant une inspectrice peu amène qui m’a photographiée plusieurs fois et demandé deux fois mes empreintes digitales sans rien savoir de Monsieur Bertillon qui habita le même immeuble que moi. Notre fille commençait à s’inquiéter de notre absence quand j’ai réussi à me tirer de ce mauvais pas ! Le soir même nous dinions dans un “hawker”, une série de mini-restaurants variés, à partager dehors, à la bonne franquette.

Nous avons retrouvé la végétation superbe et luxuriante, la chaleur terrible, les immeubles dignes de New York, les boutiques de luxe à gogo, les quartiers anciens qui ont pu échapper à l’appétit des constructeurs en quête de place et les jolies maisons chinoises comme celle où habitent mes enfants. ll est bien loin le temps où seuls quelques pêcheurs malais foulaient le sable de la future cité état !
Comment donc cette petite île perdue sur l’Equateur a-t-elle pu se frayer un chemin pour devenir une des métropoles les plus prospères du monde ?
C’est d’abord une histoire d’aventures !



Thomas Stamford Raffles, est né en 1781 sur le bateau où son père était capitaine de vaisseau, au large des côtes de la Jamaïque ! Il commence à travailler à 14 ans comme employé à la compagnie britannique des Indes orientales. En 1805, après avoir été envoyé à Penang en Malaisie, il est nommé lieutenant gouverneur de Java puis gouverneur tout court de Bengkulu à Sumatra. Il apportera à Java de nombreuses réformes : l’abolition de l’esclavage, la restauration du temple de Borobudur, et la conduite à gauche !


De retour en Angleterre, il participe à la fondation de la Zoogical Society of London qu’il présidera et sera anobli avant de repartir en Asie pour le compte de de la compagnie britannique des Indes orientales. C’est alors qu’il signe habilement un traité avec le sultan de Jahor pour fonder dans l’île de Temosek, à l’extrémité de la péninsule malaise, un poste de commerce qui deviendra Singapour : “La ville du lion” (en sanscrit pour lecteurs cultivés) où il n’y a en fait que des tigres.
L’île se développe alors rapidement grâce à sa situation exceptionnelle au bout du détroit de Malacca.
La suite au prochain épisode chers lecteurs : moi je file au nouvel an Chinois !


