Le Canard et les chèvres

Manifestion de pro-Trumpistes contre le confinement: zoomez pour voir les armes omniprésentes!

Vendredi 17 avril 2020,

Donald Trumpy est énervé, empêtré, acculé par les faits. Son incompétence et ses mensonges sont démontrés et étayés de preuves tangibles. Ses déclarations filmées, dans lesquelles il proclamait que son instinct infaillible lui prédisait la fin de la grippette pour Pâques, ses dénis répétés du virus sont patents aux yeux du monde entier.

Et puis, il y a déjà presque 32.000 morts et 22 millions de chômeurs. Les Américains sont déjà les champions du monde de la pandémie. Tout cela fait un peu désordre !

Alors sous la pression, Donald devient de plus en plus… Dingo ! Il s’en prend à tout le monde.

“Dingo Trumpy” donc, se démène comme le méchant diable qu’il est, et cherche désespérément des boucs émissaires , “scapegoats” en anglais car le bouc devient “chèvre” en traversant l’atlantique (Enrichissons notre vocabulaire!)

Au début, tout était simplement de la faute de Mexicains, qui, clin d’oeil ironique de l’histoire, refoulent maintenant prudemment les Américains de leur territoire. Mais avec le virus de Wuhan, ce sont, bien-sûr, les Chinois, les premiers coupables. Ensuite, la désorganisation notoire d’un système de santé bancal est maintenant due aux gouverneurs des états. Ceux-ci sont réduits à faire allégeance “au roi Trumpy” pour grappiller des ventilateurs des réserves fédérales, où à acheter aux enchères des masques, en concurrence les uns avec les autres . “C’est vrai quoi, ce n’est pas à l’Etat Fédéral de gérer l’achat des fournitures!” a précisé le président. Ensuite les gouverneurs, sentant arriver le cataclysme, ont commencé à s’organiser entre-eux puisqu’il n’y avait pas de pilote dans l’avion. Dingo y a vu aussitôt les prémices d’une sécession: une vraie “mutinerie”. A quand la guerre civile ?

Dernière “chèvre émissaire” de Dingo, l’Organisation Mondiale de la Santé qui, d’après lui, a mal géré la crise, et déclaré la pandémie trop tard. Alors Dingo étrangle elle-ci, en suspendant sans délai les subsides américains. Du jamais vu. Des milliers d’américains seraient pourtant encore vivants si Trumpy avait écouté les recommandations de l’OMS, mais celui-ci se méfie de ces organisations internationales qui lui pompent de l’argent.

Il a déjà réussi à supprimer pas mal de ces accords gênants et inutiles. Tiens, il voudrait bien aussi supprimer les séances du Sénat, car il peut vraiment décider tout seul , il a un instinct sûr pour les nominations. Le Congrès le gêne aussi, car il y a là trop de Démocrates, c’est fâcheux.

Et puis, il faut que l’économie reparte, coûte que coûte. Car l’électeur républicain ne veut pas rester confiné. Pire, il manifeste. Pire encore, il est armé jusqu’aux dents Il n’a pas peur de la maladie, il a peur pour son porte-monnaie. Pourtant Trumpy a demandé qu’on donne un chèque 1200 dollars aux plus vulnérables. Evidemment l’envoi a pris du retard, car il voulait absolument qu’on y appose son nom. C’est bientôt les élections quand même. Ensuite, il lui a fallu annoncer un plan de reprise économique, en trois phases, qui donnent un air de sérieux à l’ensemble dans lequel il n’y a rien de précis, si ce n’est que ce sont les gouverneurs des états qui doivent s’occuper de tout.

Les gouverneurs seront ainsi les prochains boucs émissaires!

Ma soeur Colette

Mercredi 15 Avril 2020

Ma grande soeur Colette sera enterrée aujourd’hui dans le petit cimetière du Charmel que je connais bien. Je ne pourrai pas lui dire au revoir.

C’est comme ça quand on meurt au temps du Corona. Elle sera entourée de ses enfants et c’est bien. Mais les soeurs ne font pas partie des ascendants ni des descendants. Les soeurs sont sur la même ligne de vie et de mort aussi.

Bien sûr, elle nous avait déjà un peu laissés tomber pour partir dans son monde à elle. Un monde joyeux où, nous semblait-il, elle vivait ses rêves et nous parlait de ses exploits. Elle y conduisait des hélicoptères, elle y était médecin, exploratrice, ou parachutiste. Elle s’occupait d’enfants abandonnés qu’elle avait repérés à la télévision, elle était héroïque, et menait la vie intense dont elle avait, à mon avis, toujours rêvé.

Lui ai-je dit à quel point je l’ai aimée ?

Elle nous a quittés le dimanche des Rameaux. Elle aurait aimé partir le dimanche des Rameaux, c’était le dimanche préféré de Papa. Il a dû lui faire signe : “Viens ma fille, c’est ton heure. Tu vois bien le bazar qui règne sur la terre, mon Toto. Tu seras mieux là-haut avec nous. Ta mère, ton mari, ta soeur Françoise … tout le monde t’attend.”

Ma soeur Colette n’avait pas toujours été une vieille dame un peu confuse. Elle avait été superbe, séductrice, entraînante. Egérie des chefs scouts, lumineuse dans ses projets, infatigable cheftaine. Devant les feux de camps, quand elle entonnait “Ô Nuit, qu’il est profond ton silence”, tout le monde frissonnait.

Il va être très profond le silence de la nuit désormais.

Dans sa vraie vie, ma soeur Colette était accueillante, fantaisiste, artiste, généreuse, créative, et toujours pleine d’idées. Conformément à ses techniques d’éducation, je donne toujours à mes petits-enfants des responsabilités importantes : responsable du couvert, de la vaisselle, de la balayette, de la liste des courses, de la télécommande du guindeau. Cela fonctionne très bien. “Les grands responsables” aiment à être reconnus.

Précurseuse et écologiste de la première heure, Colette avait lancé une vaste campagne “forêts propres” dans le département de l’Essonne et embarqué dans l’aventure, Léo Hamon, le député du coin à l’époque. Cet exploit lui avait valu un passage à la télévision remarqué, par la famille du moins. Elle avait certainement dû nommer Léo Hamon président d’honneur de l’opération. Toujours prête à se battre pour des causes inédites, toujours ouverte, elle nous étonnait sans cesse, elle avait fait mille métiers. Elle avait toutes les audaces. Elle participait à un concours hippique avec le poignet cassé, devenait bilingue par magie pour trouver un job, pouvait être styliste ou couturière quand c’était nécessaire. Elle volait pour un week-end à New-York pour identifier les dernières tendances du business, quand c’était encore le bout du monde. Elle débordait d’énergie et n’avait peur de rien.

“Ah ! Qu’il est donc long ce printemps ! “aurait-dit ma soeur Françoise. Elles doivent bien rigoler toutes les deux maintenant, là-haut.

Pâques au balcon

Dimanche 12 Avril 2020

Il est bien loin le temps où les enfants de choeur allaient de ferme en maison en chantant pour réclamer un sou, ou un oeuf pour leurs services: ” La vieille là-bas, là-bas dans son trou, qui n’a pas voulu donner de sous, le diable l’emportera. Alléluia…. Alléluia… ”

Le diable l’a emportée sans doute et le monde avec. Il n’y aura ni messe de Pâques cette année, ni jeunes asperges, ni salade de pissenlits sauvages. Les églises et les temples ont été vidés par le coronavirus. Certains prêtres ont même posé les photos des paroissiens sur les chaises. C’est plus convivial ! Il faut prier confinés et par écran interposé. Je me souviens d’une petite église sur une île grecque qui indiquait l’adresse mail de Dieu. J’aurais dû la noter.

Nous n’irons pas non plus dans les jardins chercher des oeufs avec des enfants excités. De toutes les façons, Dieu doit être bien occupé à trier les nouveaux venus qui arrivent par troupeaux entiers. Qui ira au purgatoire, qui sera admis direct au paradis ?

Le diable se frotte les mains : qui aurait pu imaginer un tel chaos ? Les évangélistes américains le mettent en joie. Ils veulent quand même se rassembler. Chanter, dansez, embrassez qui vous voudrez ! Les hommes sont si bêtes ! Et Trumpy qui proclamait que le coronavirus était un canular. Il est impayable celui-là ! Orgueilleux en diable. Quel allié de choix !

De notre côté, notre dimanche de Pâques a été bien occupé. Nous avons été réveillés par notre ami de Nouvelle Calédonie qui voulait nous saluer du bout du monde avant de se coucher et converser un peu. Du coup, je n’ai pas eu le temps de suivre le cours de Pilates avec Ponce. Nous avons à peine eu le temps de prendre un café, avant le rendez-vous hebdomadaire pour le Scrabble familial avec Singapour et Chars. La partie a été ardue, mais Paris a fait deux “scrabbles” coup sur coup, qui nous ont rendus imbattables.

Ensuite, nous avons filé à Rome pour écouter le Pape qui a donné quelques instructions simples claires aux hommes : Remise des sanctions internationales, remise des dettes des pays les plus pauvres, arrêt de tous les conflits, cessez-le-feu mondial et immédiat. Vaste programme ! Je ne sais pas si tous les gouvernants étaient à l’écoute mais j’espère bien que le Saint Esprit l’était et donnera un coup de main. “C’est le plus efficace des trois” disait mon père. Après cette injonction papale bien sentie, arrive la bénédiction “Urbi et Orbi” . “Et boum !” aurait dit mon fils .

Nous n’allions pas rater cela. Le Pape était si petit dans l’immense nef de St Pierre de Rome. Cela donne une idée de la mesure de l’homme en général. Impressionnant. Ensuite, nous avons filé sur la terrasse pour préparer un repas pascal traditionnel mais avant nous avions un apéro virtuel, “Zoom”, avec une dizaine d’autres membres de la famille pour fêter Pâques comme si nous étions comme d’habitude en Sologne. C’était vraiment drôle et sympa . Nous avons trinqué, bu ensemble et chanté aussi quelques hymnes familiaux dont tous nos voisins ont profité.

Nous irons plus aux bois, mais nous irons quand même ce soir applaudir les soignants, du haut de nos balcons. Maintenant il ne fait plus si froid, la nuit s’est dissipée et les jours sont plus longs. Espérons que du chaos sortiront des étoiles. C’est quand même le jour de la résurrection !

“Comment cela s’appelle-t-il, quand le jour se lève, comme aujourd’hui, et que tout est gâché, que tout est saccagé, et que l’air pourtant se respire, et qu’on a tout perdu, que la ville brûle, que les innocents s’entretuent, mais que les coupables agonisent, dans un coin du jour qui se lève ?

– Cela a un très beau nom, Femme Narsès … Cela s’appelle l’aurore”.

L’énigme de la statue mystérieuse (2)

La tête négligemment posée par terre dans un coin

Vendredi 10 Avril 2020,

Non, la tête noire n’était pas en or comme certains lecteurs l’ont suggéré, mais bel et bien en bronze.

Après un nettoyage sérieux avec les moyens du bord en cette période difficile….

La statue nettoyée et passée rapidement à la cire, mais encore sans socle

Sherlock, mon partenaire de confinement, a découvert une signature sur l’arrière de la tête et un tout petit cachet sur le bas du cou. Deux chiffres, un nom de ville sont également apparus sous la saleté. La signature illisible dans un premier temps, se révèlera progressivement à nos yeux étonnés. Le nom, nous ne le connaissions pas, et je n’en donnerai que les premières lettres, pour que les amateurs d’enquête puissent faire des recherches comme nous l’avons fait. C’est assez excitant en ces temps où il est bon de se déconfiner la tête Je donnerai quelques indices, tout au long du récit. Nous appellerons, donc l’artiste DoGo. A coté du nom, était inscrit 6/8 et Paris.

La signature du bronze, avant nettoyage
Le cachet du fondeur grossi dix fois, à décrypter!

DoGo est une Lettonne d’origine, à la vie turbulente et passionnante. En 1911, encore adolescente, elle s’installe avec sa famille en Estonie, à Tallinn, où elle fréquente des artistes du mouvement “Jeune Estonie”. C’est là, qu’elle commence sa carrière artistique participant à une exposition de la société estonienne d’art où elle présente deux sculptures de têtes (c’est sa spécialité). Elle participe ensuite à d’autres expos avec des artistes russes piégés par la révolution et la guerre civile. Elle enseigne en parallèle la sculpture à l’Ecole nationale d’art et d’artisanat.

A l’automne 1924, elle vient étudier la musique et les arts à Paris … Elle loge à la maison des étudiants du Boulevard Raspail. Elle fait la connaissance d’Aristide Maillol, que j’adore pour son goût pour les femmes voluptueuses.

DoGo travaille pour le pavillon britannique des arts décoratifs, ce qui lui rapporte assez d’argent pour couler un bronze pour l’expo de la société des Beaux Arts en 1925. Un bronze de la tête d’un philosophe chinois lui vaut des critiques enthousiastes en 1926. “Comme Byron, un matin elle se réveilla célèbre”. Elle voyage et vole de succès en succès. Entre 1929 et 1935, elle réalise plusieurs commandes pour l’hôtel de ville de Singapour. C’est la première commande de sculpture d’art jamais passée par les autorités de Singapour à l’époque, et en plus passée à une femme!

DoGo se fait construire une maison-atelier à Boulogne Billancourt par les frères Perret en 1929, qui est devenue un musée aujourd’hui. DoGo est un personnage, téméraire, elle aime la grande vie et est dotée d’une voix à la Zsa Zsa Gabor. Elle se rend à Singapour où elle arrive après un mois de navigation et loge chez le sultan de Johore. C’est une belle adresse où elle rencontre son premier mari, le Chief Medical Officer de la colonie. Elle prend alors la nationalité anglaise, puis divorce et repart à Londres où elle épousera un aristocrate anglais Richard Hare. Le couple fait construire alors une énorme maison à Kingston, la maison Dorich. DoGo continuera à voyager , en Russie, en Malaisie et à Singapour. Elle travaillera même à Hollywood et visitera les Etats-Unis, tout en y donnant de conférences. Notre talentueuse artiste s’éteint après un carrière bien remplie à l’âge de 96 ans dans la maison Dorich, devenue désormais un musée.

Bon, vous avez trouvé qui est-ce maintenant ? C’est facile ! A vos ordis !

Le premier qui trouve la solution doit l’écrire dans “les commentaires” et gagne une bouteille de Clos Roquine, un petit rosé corse, spécial confinement.

Voilà comment une petite balade innocente dans la rue des brocanteurs chinois nous a permis de découvrir une oeuvre d’art originale, superbe (Tirage 6/8), exposée à la Tate Modern (Tirage 8/8) .

Tirage 8/8 exposé à Londres à la Tate Modern

L’énigme de la statue mystérieuse (1)

Jeudi 9 Avril 2020

Pour s’évader un peu, je vais vous raconter une belle histoire qui m’est arrivée lors de mon dernier voyage.

Mes lecteurs fidèles sauront où c’était. Comme l’affaire reste mystérieuse, je ne puis trop en dire dans ce blog.

Nous nous étions baladés le nez en l’air dans le quartier chinois* de l’endroit. Il y a des quartiers chinois dans beaucoup de villes dans le monde. Ce n’est pas un indice. Nous sommes allés voir un marché couvert à côté duquel se trouvait une petite rue où quelques brocanteurs faisaient la sieste dans un invraisemblable capharnaüm d’objets hétéroclites et poussiéreux, sous l’oeil amusé d’un bouddha en bois hilare.

Nous sommes passés une première fois devant une des échoppes, et mon mari a remarqué dans le fond d’une cuvette émaillée une tête toute noire. Les traits de la tête étaient fins et réguliers. Quelques tâches blanches de fientes d’oiseaux la rendaient un peu maladive, mais l’ensemble était intéressant. Nous avons demandé au vieillard cacochyme qui accourait pour donner un coup de feutre sur les taches, si elle venait d’Afrique, étant donnée sa couleur. Il éructa que non, “peut-être d’Europe” nous dit-il. Mais il ne savait pas, il allait prendre sa retraite et voulait auparavant débarrasser son hangar.

Nous avons continué notre chemin, puis nous sommes repassés car mon mari était tombé amoureux de la tête, et m’avait déjà expliqué que c’était du bronze et que ce n’était pas le prix du bronze “au poids”. Mais au poids, c’est sûr, c’était bien le poids du bronze car j’ai dû tenir cette fichue tête à bout de bras pour faire des photos. Non, je ne vous les montrerais pas, la tête de la statue est réussie mais pas la mienne.

Les deux seules fois où je me suis opposée à l’achat d’un objet dont mon mari était tombé amoureux, j’en ai entendu parler pendant 15 ans , alors, fine mouche, je lui ai proposé de lui offrir la tête pour son anniversaire. Cela tombait bien. C’était le lendemain. Il en fût ravi et nous sommes repartis avec la tête calée avec du papier journal, dans un sac en plastique. Celle-ci était vraiment lourde, cela semblait bien être du bronze.

A notre retour dans l’hexagone, quelque temps plus tard, mon mari s’est remis à la peinture à l’huile pour se confiner agréablement entre deux algorithmes sur l’évolution de la contagion dans nos contrées. La tête noire l’observait du coin de l’oeil , alors mon artiste d’homme a commencé à la nettoyer à l’essence de térébenthine……. et…

La suite au prochain blog….on va voir si cela marche comme pour les séries !

*tous les prénoms et les lieux ont été modifiés par souci de discrétion

Sport en chambre

Lundi 6 Avril 2020

Pour rester en forme et me changer des chiffres de cette peste de Corona, j’ai décidé de faire un peu de sport.

Mon club de gym (si, si, j’en ai un!) a eu l’extrême gentillesse de m’envoyer un programme pour la semaine sainte, déjà épuisant à lire. Cela va des abdos-fessiers du lundi avec Jeanne, au Body-attack du mardi avec Kevin (contre le Covid 19?), en passant par le renforcement musculaire du Vendredi Saint avec Antony, un vrai chemin de croix, au CX du samedi avec Marlène, discipline qui m’intrigue totalement, et enfin aux Pilates, sans doute avec Ponce, du dimanche de la Résurrection. Si je survis à la crucifixion du Vendredi! Bon, mercredi, il y a yoga avec Maurice, je vais peut-être choisir cela. J’ai besoin de me détendre un peu ces temps-ci.

Donc pour me préparer, j’ai accepté l’invitation de ma fille à participer “en live” à un cours de NIA , à Singapour, sur Zoom. Je ne sais pas ce qu’est le NIA ni Zoom, mais à la guerre comme à la guerre, je suis prête à tout pour partager quelque chose avec ma grande chérie.

-” C’est quoi exactement le NIA, Ma belle ?”

-” Tu vas voir, c’est très cool, Maman, c’est un mélange d’arts martiaux, de yoga et de danse ! ”

On m’a toujours dit de me méfier des mélanges. J’aurais du me méfier. Mon mari, pour m’encourager, décide également de s’initier au NIA.

On arrive à se brancher à l’heure du cours avec Singapour, et nous nous retrouvons d’un coup de baguette magique dans l’appartement d’une jeune femme évidemment sylphide et musclée, qui salue sur l’écran de nombreuses autres participantes en tenues moulantes. Mon mari est ravi. Notre fille n’est nulle part dans cette joyeuse bande de jolies femmes, où tout le monde se connait visiblement, sauf nous et une grand-mère qui attend, comme nous, mais devant un buffet breton. La grand-mère de la prof de NIA, sans doute. Nous rentrons le ventre, et le cours commence avec une musique zen .

Au début, nous arrivons à suivre, mais certains mouvements des fesses, en particulier, nous semblent difficiles. Puis le rythme s’accélère, ou se calme soudainement. Je commence à avoir très chaud. Je retire mes chaussures de gym. Mon mari transpire. On ne sait même pas combien de temps cela dure. Je bois mon verre d’eau, l’oeil fixé sur l’écran, comme si je faisais une bêtise. Tout s’arrête, j’applaudis à tout rompre, ravie.

Mon mari, l’air sombre, m’arrête et me dit : “Je crois que ce n’est pas fini” . Effectivement nous repartons de plus belle avec une musique “Fusion”. On doit rassembler nos pensées négatives, les mettre en boule, les masser, puis les jeter au loin, dans la rue. Cela me rappelle mes cours de coach d’HEC. On rigole. Mon mari est en nage. Pour moi , la pause s’impose. Je n’en peux plus, je m’éclipse pour aller aux toilettes. Mon portable vibre alors, message : ” Pourquoi t’es partie, Maman ? ” C’est big brother ce truc!

Enfin, à la vraie fin du cours, on applaudit bien bien fort. J’aperçois enfin ma fille, sur une autre image, dans une autre maison.

-“Maman , je vous ai vus tout le temps, j’ai tellement ri que je n’arrivais pas à faire les exercices. C’était sur Zoom, tu aurais dû cliquer sur mon image pour me voir …”

Faites des enfants qu’ils disaient !

Tragédie à New-York

Vendredi 3 Avril 2020

C’est comme dans les films “catastrophe”dont les américains sont friands.

La pandémie atteint sérieusement les Etats-unis, désarmés par un Trumpy irresponsable et un système de santé défaillant et injuste. A en croire le “Global Health Security Index”, les USA avaient pourtant la meilleure note du monde pour la préparation aux pandémies.

“The illusion has been shattered”, l’illusion a été “mise en pièces”. Plus d’illusion! Mais une politique surréaliste. Il n’y a plus du tout assez de masques à New-york pour les soignants mais on demande à la population d’en porter, ou plutôt de porter des écharpes ou des bandanas pour les remplacer. Le navire hôpital “The Comfort”, réclamé à grands cris par Trumpy est venu s’amarrer au Pier 90 avec 1000 lits. Il était censé jouer un rôle primordial dans le sauvetage des hôpitaux new-yorkais, mais seuls 20 patients y sont hospitalisés, car il ne peut pas prendre en charge des malades du Covid 19, qui sont si contagieux. Les procédures de la marine pour accueillir d’autres urgences sont longues et compliquées. Mais les images du départ du navire hopital pour New York, sous les ovations de la foule pour Trumpy, étaient tellement belles ! Cherchez l’erreur.

C’est vrai, qu’avec leurs deux porte-avions nucléaires frappés par le virus, ils se méfient. Au fait , ils ont viré le commandant du Théodore Roosevelt dont la lettre au Pentagone avait été rendue publique. Le navire de réconfort “Comfort” est équipé pour les blessés de guerre et les gens n’ont plus trop le temps de se tirer dessus à Manhattan, il n’y a plus personne dans les rues.

” C’est une plaisanterie !” dit Michaël Dowling, responsable du plus grand groupe d’hôpitaux de la ville. Une très mauvaise plaisanterie. En plus, ce sont les organisations humanitaires évangélistes qui montent des hôpitaux de campagne au centre de Central Park. Nous, en France, les évangélistes ne nous ont pas portés chance.

On ne sait pas pourquoi maintenant, le gendre à tout faire de Trumpy, Jared Kushner, se mêle de s’occuper du covid 19, ce qui terrifie les américains de bon sens. C’est lui qui avait calculé que le gouverneur de l’état de New-york, était vraiment alarmiste à vouloir demander 30.000 ventilateurs, et que les projections et les demandes de matériel faites par les spécialistes n’étaient pas réalistes. Il avait fait ses propres projections !

“Cet amateurisme atteint le niveau de la sociopathie ” ” Jared Kushner va finir par tous nous tuer ! “( New-York Times 2/4/20)….

Si au moins cela empêchait la réélection de Trumpy! Il va bientôt manquer d’électeurs !

God save New-York ! Il y a tant des gens que j’aime !

Affaires suivies

Jeudi 2 Avril 2020

A mes fidèles lecteurs ,

Quelques-uns de mes posts décrivent des situations qui ont évolué plus ou moins favorablement :

La société Décathlon a arrêté de vendre ses masques de plongée pour offrir systématiquement l’ensemble de sa production aux hôpitaux.

La guerre des masques bat son plein ! Les USA n’en n’ont plus. Aussi des cow-boys américains, avec des dollars plein les poches de revolver, hantent les tarmacs des aéroports chinois pour essayer de racheter au plus cher des masques commandés par la France. Aucunes bonnes manières, ces yankees !

Trumpy, qui lit sûrement mon blog, vient de demander au gouverneur de Floride de laisser débarquer les passagers des deux navires de croisière maudits à Port Everglades. Ils seront évacués en charter, vite fait chez eux, pour ne pas polluer le sol de Floride. Ils sont évidemment fort mécontents de leur séjour et ont inondé les réseaux sociaux de lettres de protestations. Le business des croisières au départ de Miami risque de chuter.

De nombreuses princesses en péril, Ruby Princess, Grand Princess, Celebrity Princess, soeurs de la Princess Diamond tristement célèbre pour son escale chaotique au Japon au début de la crise, traînent toujours dans les eaux australiennes. Elles ne veulent pas quitter celles-ci, avec l’espoir de pouvoir un jour larguer leurs nombreux malades sur place,… et de trouver sans doute le Prince charmant.

Le Pentagone a refusé l’évacuation du porte-avion nucléaire Théodore Roosevelt, seuls quelques malades pourront aller à l’hôtel à terre. Mais, et c’est une information “Top Secret Blogcafe”, un deuxième porte-avion nucléaire américain sur zone, le Ronald Reagan, commence à avoir des marins contaminés. Cela pourrait poser des problèmes stratégiques sur la surveillance de la région. La Corée du Nord doit suivre avec intérêt la situation. Personnellement, j’espère qu’il n’y aura jamais de porte-avion du nom de Donald Trumpy.

Le pauvre Dr Fauci qui essaye de tempérer au mieux les âneries de Trumpy pendant ses conférences de presse, reçoit tellement de menaces des conspirationnistes d’extrême droite ou des évangélistes de tout poil qu’on a dû le faire protéger par des gardes du corps.

L’Etat Fédéral américain a finalement décrété que le commerce des armes à feu faisait partie des commerces essentiels à la vie quotidienne. Je vous laisse, je prends mon colt et je vais faire mes courses !

Mon lecteur inconnu de Corée du sud est impossible à “tracker”. Qu’il m’écrive !

Croisières infernales !

Comme ils ont dû s’amuser les membres de l’équipage du “Celebrity Apex”, qui ont participé à la gigantesque fête “de fin de chantier” de ce bateau de croisière tout neuf, dans le port de St Nazaire, sous la responsabilité de la compagnie américaine Celebrity Cruise ! Le luxueux grand hall d’entrée avait été transformé en une gigantesque boite de nuit, et l’alcool coulait à flots. C’était la première nuit de printemps ! Quels souvenirs ! Ils ont envoyé des photos à tous les copains sur les réseaux sociaux avec des légendes sympas : “Vie à bord”, “Elle est belle la vie”, “La croisière s’amuse”.

Le bateau était confiné dans un pays confiné : “Mais l’équipage était composé de beaucoup de jeunes qui avaient le droit de faire une petite fête (de 1450 personnes)” a expliqué le responsable au préfet de la Loire Atlantique, consterné. Le Covid 19 était aussi invité et ils sont déjà 28 à l’avoir “chopé”. Soirée de chope ! Pas de bol pour eux, ils doivent maintenant être tous renvoyés dans leur pays, principalement les Philippines, mais ce n’est pas simple par les temps qui courent!

Pendant ce temps là, deux bateaux maudits, après avoir été refusés par de nombreux ports d’Amérique du Sud, naviguent maintenant vers la Floride, mais celle-ci n’en veut pas, bien qu’une large part de la fortune de Miami vienne justement des bateaux de croisières.

Dans le premier, le Zaandam, on déplore déjà quatre morts et près de 200 personnes malades. On a fait venir un autre bateau de la compagnie, le Rotterdam, pour organiser une croisière avec “les bien portants”, dont personne ne veut également. Bon, ces passagers là sont partis à la mi-mars, ils ne devaient pas lire le journal ni regarder la télé, ou avoir vraiment de grosses réductions ! Et puis, Trumpy leur avait dit que le coronavirus était un canular.

L’un d’eux, plus prudent et plus informé, s’est inquiété quand même, et on lui a répondu qu’il n’ y avait pas de virus en Amérique latine. Quel marketing que celui de la compagnie Holland America Line ! Leur président fait maintenant “appel à la compassion et à la solidarité” pour sauver ceux qui restent : 304 Américains, 288 Britanniques , et 116 Australiens, plus d’autres “guests” aussi âgés et encore plus étrangers , et puis les équipages. Mais le gouverneur de la Floride, Ron DeSantis, estime “qu’il s’agit surtout d’étrangers”… Les passagers ne peuvent donc pas être “dumped” (jetés à la poubelle, littéralement) en Floride !

A qui appartient la société Holland America Line ? Bas les Masques ! Au groupe américain Carnival Cruise Lines, spécialisé dans les croisières, le plus connu et le plus rentable d’Amérique du Nord, dont le siège opérationnel est à Miami. Tiens, le groupe a envoyé un communiqué pour annoncer “une pause volontaire et temporaire, par abondance de précautions , due à la fermeture des ports”. Ils n’ont pas fini de faire des ronds dans l’eau, les bateaux maudits. Visiblement, ils ne font pas partie “des précautions” prises .

D’après The Guardian, dix autres bateaux de croisière dans le monde cherchent un havre pour jeter l’ancre!

Dans un autre type de croisière, toujours américaine mais moins confortable, le porte-avion nucléaire Theodore Roosevelt avec 5000 personnes à bord, a bien des soucis, également à cause d’ une attaque perfide du virus. Il a du gagner Guam, une île américaine du Pacifique. Le commandant Crozier demande qu’on évacue 4000 marins et qu’on les isole : “Nous ne sommes pas en guerre, les marins n’ont pas besoin de mourir. Si nous n’agissons pas maintenant, nous aurons failli à notre devoir de protéger notre arme la plus précieuse, nos marins”. Le problème n’est pas simple, c’est comme débarquer une ville américaine dans une petite île qui n’a pas assez de lits pour tout le monde et qui est déjà largement contaminée. Mais, la grande force de l’armée américaine n’est-elle pas la logistique ? Et ils ont l’expérience des débarquements !

A suivre!

Jeux sans frontières

Dimanche, nous avons organisé une partie de Scrabble en famille, séparée par la vie et le confinement. Il a fallu se mettre d’accord sur le site et l’heure avec le décalage horaire : Le matin pour les Franciliens et les Parisiens, la fin d’après midi pour les Singapouriens qui, eux, peuvent sortir et voulaient faire un tour avant dans la forêt primaire de l’Ile-Etat ( Ils en ont gardé un bout là-bas, eux!). Au début, les Parisiens étaient tout seuls devant leur café et finissaient leur petit-déjeuner, et puis les visages hilares des autres joueurs sont apparus sur l’écran de WhatsApp pour une conversation en parallèle au site du jeu. Passées quelques mises au point logistiques, cela a marché du feu de dieu.

Même les petits-enfants se sont pris au jeu pourtant rapide. Olympe, 9 ans, essaye de grapiller des idées à distance: “Mamido, t’as quoi comme mot ?”. Cléophée, 5 ans, commente toute la partie d’un air docte: – ” Je constate que mon parrain est très excité!” – “Je ne suis pas excité du tout” proteste le parrain en question à l’autre bout du monde. – ” Nous on a 23 points, et toi? “

Bon, cela va très vite et le meilleur mot gagne. On rit beaucoup . On crie aussi et on applaudit les bons mots. C’est excellent pour les méninges et le moral. Nous nous sommes bien amusés et nous avons eu l’impression surréaliste de passer une heure vraiment ensemble, sans penser aux lendemains . Concentration oblige. Mais attention de ne pas faire jouer avec vous l’ordinateur du site (www.lettrecomptetriple.fr). Il est bien trop fort, donc ce n’est pas drôle.

En revanche, Trumpy qui n’a, à mon avis, jamais joué au Scrabble, ne va pas très fort. D’abord, son pote Bojo est malade, ainsi que toute l’équipe anglaise chargée de lutter contre le virus. Ensuite le gouverneur de l’état de New-york a refusé le confinement qu’on voulait lui imposer sans consultation et qu’il a considéré comme une “déclaration de guerre de l’état fédéral”. Et puis, le président est outré par cette pub de campagne de Joe Biden. On y diffuse ses propos hélas contradictoires et incohérents sur le “virus chinois”. C’est vrai qu’il pensait au début que c’était un canular. Cela fait un peu désordre mais “tout est si compliqué”. Il n’arrive pas à faire censurer ce maudit spot télévisé. En plus, il n’est pas sûr de pouvoir aller jouer au golf à Pâques en Floride. Il a “tant à faire”, il n’a même plus le temps de regarder ses séries préférées l’après-midi. Trumpy doit s’occuper de tout! Comme il est observateur, il a bien vu qu’on volait des masques dans les hôpitaux de New-York: ” Pourquoi sont-ils passés de 20 000 masques par semaine à des demandes de plus de 300 000 du jour au lendemain? Cela sent l’embrouille, ils doivent sortir par la porte de derrière, c’est pire que de la fraude !”

Du coup, il a fait une déclaration choc pour rassurer ses électeurs : ” S’il y a seulement 100.000 morts, on aura fait du bon travail ! A very good job! ” C’est vrai, c’est pas tant que çà !

God save America !