Monde de sauvages

C’est fou ce que le temps passe vite, j’avais commencé un petit blog de derrière les fagots, j’ai été interrompue par une autre série de corrections et il est resté à l’état de brouillon… Bon je finis quand même….

Premier conseil, tâchez d’éviter Orly un jour de grève sauvage….les aiguilleurs du ciel aiguillent chez eux, les compagnies aériennes, elles, deviennent sauvages et les passagers qui campent deviennent fous….Pour ma part, après avoir passé une journée délicieuse à Orly, j’ai dû le lendemain partir pour une autre destination assez éloignée de celle pour laquelle j’avais payé, et traverser l’Espagne en voiture louée pour ne pas perdre aussi ma deuxième nuit d’hôtel prépayée. Personne n’est évidemment responsable car c’est la faute aux grévistes (sept personnes qui ont bloqué 360 avions de vacanciers et qui ont un job sans problème)!!!! Pas d’autre solution que de se démerder en payant plus pour ne pas perdre plus malgré la plaquette européenne des droits du voyageur. Soyons clairs, les voyageurs n’ont que le droit de de fermer leur gueule ;"Z’avez qu’a prendre un avocat" nous a hurlé l’hôtesse espagnole d’Air Europa, compagnie que je ne vous recommande pas. Heureusement à Séville où nous sommes finalement arrivés, exténués, les orangers étaient couverts d’oranges…

Deuxième conseil, évitez d’aller à la chasse avec Dick-Duck Cheney, qui prend les avocats pour des petites cailles. Je reste un peu surprise qu’un avocat de 78 ans vole  comme un petit oiseau même s’ il faisait partie de l’équipe des faucons. Pas étonnant que le vice président ait pu voir aussi des armes de mass destruction en Irak … Et puis il aime bien tirer, quand on fait des gros investissements ça détend, jusqu’à 70 faisans de suite, il paraît.

Ensuite comme on constate que quelques caricatures moyennes peuvent rendre sauvage la moité du monde, évitez le tee-shirt assorti si vous êtes ministre et que vous voulez garder votre poste.

Enfin comme nos beaux canards et nos cygnes sauvages transportent allégrement la grippe aviaire sans qu’aucun aiguilleur du ciel ne puisse suspendre leur vol, évitez la lecture du journal. On peut peut-être envoyer Cheney pour leur tirer dessus au fur et à mesure !

Bon, la seule bonne nouvelle de ces jours gris, c’est que la couverture de Los Angeles Café est terminée quasiment. Je vais vous l’envoyer en avant-première dès que j’aurai trouvé un technicien approprié.

Sacrée Zsa-Zsa

Je peine à boucler les corrections de mon livre à cause de la quatrième de couverture où j’ai eu l’imprudence d’évoquer Zsa-Zsa Gabor. J’en parlais dans le premier chapitre de Los Angeles Café, car cette figure de la légende hollywoodienne n’était pas morte comme je le croyais, mais venait d’avoir un accident avec sa voiture décapotable sur Sunset Boulevard… On nageait dans le mythe…

Je sais maintenant que c’est son coiffeur qui conduisait et qu’elle lui a  demandé quelques jours après l’accident 105 millions de dollars de dommages et intérêts, car elle était dans un état désastreux. Les avocats californiens arrivent à faire parler les clients qui sont dans le coma !  Bref, elle s’en est sortie, une fois de plus car, depuis sa naissance en  1917 en Hongrie, elle avait eu bien des aventures. Il paraît qu’elle aurait perdu sa virginité avec Kemal Atatürk (déjà vieux)… à l’aube de sa carrière de grande séductrice et d’actrice moyenne.

Le premier de ses neuf maris était en tout cas un diplomate turc qu’il aurait pu  lui présenter, les suivants vont de l’inventeur de la poupée Barbie à celui du Hilton, en passant par le jeune premier et le prince allemand… Elle s’embrouillait elle-même et devint bigame car elle avait oublié de divorcer du septième avant de convoler avec le huitième sur un bateau au large des côtes américaines. Quelle distraite!  Bien-sûr, ils étaient tous riches, car Zsa- Zsa aimait la vie luxueuse et les bijoux. Si vous voulez enrichir votre vocabulaire, certains jaloux l’appelaient "the most expensive whore of Hollywood" . Pleine d’humour, elle avait coutume de dire:" Je suis une trés bonne "housekeeper" (employée de maison) je garde toujours la maison de mes ex-maris." En plus de ce bataillon de maris riches, elle avait un régiment d’amants célèbres… Treize amants officiels répertoriés de Frank Sinatra à Sean Connery en passant par John Kennedy et Richard Burton. Elle a réussi à tourner dans cinquante films quand même dont Moulin Rouge où elle jouait Jane Avril pour les cinéphiles, mais elle est surtout connue pour ses talents cachés et ses excentricités. Elle a giflé un flic de Beverly Hills qui osait lui demander ses papiers (qui n’étaient pas valables comme ceux de Swartzy qui a oublié de passer son permis moto). Le policier n’a pas été sensible à son charme et a dégoté en plus une bouteille de bourbon ouverte dans la décapotable….Très mauvais effet et prison immédiate !

Bref, elle devait être quand même assez sympa mais, là, elle me gêne car alors que j’écris dans "Los Angeles Café" qu’elle est toujours alerte, je viens d’apprendre  qu’elle a eu une crise cardiaque il y a trois jours, pour me casser les pieds, et qu’elle est entre la vie et la mort. Je ne sais pas si elle va avoir la délicatesse d’y rester jusqu’à la publication de mon livre ! Sinon, pour les relations publiques, j’ ai pensé à Ben Laden, vous avez vu comment il arrive toujours à faire passer ses cassettes en prime time et maintenant il parle de livres et booste les ventes…..

Eté Indien

Oui, oui, je sais , le blog était parti en vacances et c’est  la panique au Hameau Borloo (qui n’a même pas envoyé un accusé de réception pour le rapport superbe  que je lui ai fait parvenir…)

J’ai depuis mon denier blog, planté le traditionnel sapin au milieu de mon salon, couru dans tous les magasins parisiens à la recherche de cadeaux inattendus et d’autres espérés…. et bien sûr introuvables, caché lesdits cadeaux dans tous les coins de la maison, là où ils sont impossibles à retrouver après la messe de minuit, surtout avec un verre de champagne à la main, distribué ceux qui n’étaient pas trop bien dissimulés, après avoir récupéré le petit Jésus in extremis dans le buffet du salon…..J’ ai ouvert moi même beaucoup de paquets, et soupé en famille sur une table décorée "royalement" comme ils avaient dit aux Galeries Lafayette. Notre menu est toujours le même, car les enfants sont très attachés aux traditions surtout culinaires…Carpaccio de coquilles Saint- Jacques, homard grillé par les hommes de la maison et cerises chiliennes….Dès le lendemain, nous campions à Roissy, dans l’attente d’un avion incertain en partance pour l’océan Indien et l’été (33 degrés). L’été en hiver, c’est quand même le paradis absolu, surtout quand la mer est chaude et poissonneuse comme à l’île Maurice. Comme nous sommes très snobs, nous avons rendu visite, dans cette île de rêve, à nos voisins à Paris que nous ne voyons jamais par ailleurs, et à mon ex-voisine de Beverly Hills, madame Roxbury, qui habite maintenant là bas….Le réveillon du jour de l’an sur une plage blanche immaculée restera gravé dans mes souvenirs mais le retour fut rude. Outre le froid, toutes les corrections de mon livre m’attendaient devant l’arbre de Noël asséché et les papiers éparpillés….Tout cela pour vous dire que je bosse maintenant comme une petite fourmi laborieuse car je suis supposée terminer les ultimes corrections d’un "Los Angeles Café" qui finit par m’insupporter totalement et que je suis plongée dans la prise de Bagdad….

Vous avez dû voir ,dans la presse, que beaucoup de SDF ont été ramenés discrètement à Los Angeles car il y en a, parait-il, maintenant autour de 85 000…..plus que de Français donc….Il va falloir leur envoyer d’urgence des boîtes de petits pois….Je vous souhaite à tous une année 2006 douce et légère ! Comme bonne résolution, je vous propose de vous syndiquer sur ce blog afin d’être prévenus quand un nouveau texte est disponible !

God bless America

Alors, c’est le jour même où Bushy le pieux, lui même repenti, annonce qu’en fait, il y a eu, à  la louche, 30.000 civils irakiens tués par ses bombes chirurgicales ( ça fait un peu de monde quand même) qu’Arnold, le Governator, qui finalement n’a pas su gérer le déficit de la richissime Californie ( malgré les sous de ses copains dans l’immobilier qui font brûler la ville de Los Angeles tous les ans) a décidé que non, finalement il ne gracierait pas Stanley Tookie Williams, chef de bande à South Central qui a tué 4 personnes . C’est la première fois qu’Arnold,  qui a connu Tookie du temps ou ils étaient petits et ou ils étaient dans le même club bien connu d’haltérophiles de Venice Beach…. s’intéresse à  South central. Bizarrement pendant sa campagne électorale, jamais Governator n’a même évoqué ce quartier hard de South central, ni proposé aucune solution.. Tookie lui, après six ans d’isolement ( vous imaginez l’horreur !) et 25 ans de prison, a essayé de faire ce qu’il pouvait pour convaincre les gamins de son quartier de ne pas suivre son exemple( livres pour enfants, e-mails etc..). Après tant d’années d’isolement, on réfléchit, et Tookie  arrivait à donner quelques conseils pertinents, il était prêt à continuer tout en sachant qu’il passerait de toutes  les façons (grâce ou pas) le restant de ses jours en prison. C’était plutôt sympa quand on sait que les politiques ont depuis longtemps laissé tomber les quartiers comme South Central, et que même certains universitaires  avaient proposé Tookie comme prix Nobel de la Paix….Mais Arnold, comme on dit en Californie, a de "l’air dans la tête" ! Combien d’années en prison lui faudrait-il pour commencer à réfléchir et combien d’années d’isolement faudrait-il à Bushy le Pieux pour avoir enfin du plomb dans la tête, plutôt que de tirer tout azimut des plombs qu’il n’a jamais gérés, sur 30.000 civils ?

On ne parle bien sûr ni des soldats irakiens ni américains…

Cette nuit, tandis que vous dormirez, tandis qu’Arnold sera privé de sexe, tandis que Bushy priera avec ses chiens de salon, Tookie, l’ex-Chef de bande des Crips repenti, mourra de la main d’hommes qui se disent chrétiens, et les enfants de South central vont pleurer, gangsters et  innocents confondus. Ce soir, j’espère que Dieu existe et qu’il reconnaîtra vraiment  les siens !

God bless you Tookie !

Amalthée

Je suis toute excitée car les Éditions Amalthée m’ont envoyé ce matin la première mouture de mon livre "Los Angeles Café" à corriger….Toute cette affaire prend tournure ! Personne ne connaît cette toute petite maison d’éditions nantaise, quant à la bonne chèvre Amalthée, rares sont ceux qui ne m’ont pas demandé qui c’était. Je vous raconte donc cette terrible histoire titanesque de famille divine où Amalthée joua un rôle incontestable, sans même être diplômée de chez Bompard.

A coté, vos petits soucis vont vous sembler bien dérisoires !

Au début des temps et des dieux, il y avait Chronos (le temps) qui avait épousé Rhéa ( la terre), ils eurent un certain nombre d’enfants mais Papa Chronos avait la fâcheuse habitude de dévorer ceux-ci à la naissance, car on lui avait prédit qu’un de ses enfants le détrônerait un jour. Il y a aussi des gens comme cela dans les entreprises qui éliminent les jeunes challengers de peur d’être détrônés un jour! Maman Rhéa a fini par en avoir assez d’accoucher en série de petits  dieux pour le dîner des son mari. on la comprend…Elle emmaillota donc finement une pierre à la naissance du petit dernier que Chronos avala d’un coup et fila à la grecque  sur le Mont Ida, en Créte, où elle confia le bébé à toute une série de baby-sitters divins, les nymphes, les Curétes et autres joyeux lurons. Le petit Zeus, car c’était lui, fut nourri par la chèvre Amalthée, d’abord de lait puis de nectar et d’ambroisie qui coulaient de ses cornes…Excusez moi, mais les chèvres de Bompard peuvent aller se rhabiller ….Quand le futur roi de l’olympe pleurait , Curetes et Corybantes chantaient et dansaient autour de lui en faisant un maximum de bruit pour que Chronos qui avait l’ouïe fine n’entende pas les cris de son rejeton. Un jour, on ne sait pas comment, l’une des cornes d’Amalthée se brisa et à partir de ce moment les nymphes remplirent la corne brisée de fruits frais pour le petit Zeus. Cette anecdote fut à l’origine du mythe de la corne d’abondance (cornu copiae). Amalthée, une fois sa mission terminée, rejoindra le firmament et deviendra l’étoile Capella ou encore la constellation du Capricorne. Zeus donna la corne magique aux Naïades, car il aimait bien les jolies jeunes filles. Comme vous le savez, le futur dieu des dieux devint grand et costaud , força son père à recracher ses frères et soeurs (Poseïdon, Hadés, Hestia, Déméter, et Héra), pour mieux se battre avec eux ensuite et après une terrible guerre de succession, pendant laquelle il portait un bouclier recouvert de la peau de sa nourrice, devint enfin le maître de l’olympe ! Poseïdon devint dieu la mer, et Hadés des enfers. Les femmes eurent comme d’habitude des lots de consolation.Hestia fut nommée déesse du foyer, Déméter déesse de la Moisson fut condamnée à vivre sous la terre la moitié de l’année et Héra épousa son frére Zeus qui la trompa avec le ciel et la terre …

Pour la suite rocambolesque des aventures de Zeus, il faudrait un blog entier..

PS: Merci au jeune homme qui a mis une annonce dans Libé cette semaine.

La cueillette des olives

Je suis partie quatre jours "entre parenthèses", vous ne pouvez pas imaginer comme il est bon d’être entre parenthèses, sans téléphone, et sans famille dans un calme absolu. 

C’était vraiment une belle parenthèse, dans le Lubéron, où j’accompagnais une amie qui allait cueillir ses olives. Non, je ne dirais pas son nom, car vous voudriez tous aller avec elle cueillir des olives l’année prochaine…Oui, j’ai des amies qui cueillent leurs  olives pour avoir leur huile d’olive pour l’été. Le séjour a bien commencé par le TGV qui roule à 300km/heures sans trous d’air, ni décollage dans le brouillard. J’adore le train, je vais toujours faire un tour au bar, boire un café en regardant défiler le paysage et j’espère toujours que dans la semaine suivante, il y aura une annonce dans Libé ainsi libellée; " Vous, belle femme blonde rêveuse, jean, pull à col roulé noir, collier rouge, boots noires, moi, grand jeune homme brun, jean, cachemire gris, je vous ai aidée à rattraper votre tasse au wagon bar du TGV 6173, le 28/11, vous m’avez remercié avec un sourire adorable et vous êtes descendue à Avignon. Qui vous attendait là-bas ? J’ y ai pensé jusqu’à Marseille…Répondre SVP à wagon-bar/TGV@noos.fr…" Ben quoi, on peut toujours rêver !

Bref, mon amie m’attendait et gaillardement nous avons rejoint sa jolie maison, construite entre lavandes et oliviers… Il faisait un peu froid, de ce bon froid sec qui accompagne les belles promenades de l’hiver provençal, et nous avons fait du feu dans la cheminée, puis de la soupe aux légumes pendant que vous couriez dans les rues humides de la capitale. C’était parfait. J’étais là pour travailler au calme tandis que mon amie cueillait ses olives. Mais je suis quand même allée m’initier à cette cueillette inédite encore pour moi. En plus, j’adore l’olivier, le gris de son tronc, le velours vert argenté de ses feuilles et sa richesse infinie ; Il fournit l’olive pour se nourrir, l’huile qui conserve, agrémente et embellit la pomme d’amour comme la peau des belles , et qui éclairait aussi autrefois les anciens; ses branches élaguées fournissent le bois dont on peut se chauffer…Rajoutez y une cabane et une brebis et vous avez de quoi vivre heureux comme un pâtre grec. Pour le climat je vous conseille de descendre un peu vers le sud car la Provence, comme le disait déjà Madame de Sévigné, jouit d’un climat plus continental que le Péloponnése. Je rajoute au passage que j’adore en général les hommes qui portent le nom de cet arbre plein de ressources, ils sont également plein de ressources et la plupart du temps, gentils et apaisants (même les dentistes)….

Bref, Il faut cueillir l’olive à la main pour obtenir la meilleure des huiles dorées, décrocher le fruit mûr comme ces cerises bien noires qu’on dévore sur l’arbre….Nous avons donc, malgré la pluie, malgré le mistral qui pointa son nez aigu, malgré le froid qui engourdit la main….cueilli plus de 40 Kilos d’olives noires et vertes dans de beaux paniers d’osier. A vrai dire, c’est surtout mon amie qui brava les éléments mais j’ai cueilli quand même pendant deux matinée ensoleillées …Je dois dire que la cueillette rappelle parfois la peinture de radiateurs , quand on croit avoir fini et qu’on change d’angle , il y a encore du travail….Le dernier matin, nous allâmes au moulin St Augustin porter les fruits de notre labeur, avec la satisfaction que vous pouvez imaginer…C’est un vrai moulin de film, dans le quartier des Hermitants à Oppède….. il y règne une odeur sans pareille et s’y entassent paniers et bidons étiquetés, devant le pressoir à olives. A la fin du mois, mon amie ira rechercher ses cinq litres d’huile épaisse à la couleur foncée qui fera chanter ses salades de l’été. Si l’un d’entre vous est druide et veut partir à la cueillette du gui avec une serpe d’or….Je suis partante !

A vos ordis !

J’ai fini ma lettre personnelle et mon plan d’action de communication pour Borloo, il sera accompagné de suggestions et d’idées pratiques concernant quatre domaines; le logement, l’éducation, la prévention, la santé , la justice….Vous avez beaucoup écrit sur le blog mis il me faut plus que des généralités car je crois que M. Borloo est au quand même informé d’une part et que d’autre part il y a des problèmes sur lesquels il n’a pas de pouvoir. Donnez moi juste dans ces domaines quelques idées concrètes, réalisables avec des idées de financement si possible….Je voudrais déposer ma lettre dimanche soir….Donc soyez créatifs d’ici là.

Happy Thanksgiving

25 Novembre 2005

Joyeux Thanksgiving pour nos amis américains !

J’ai vu avec intérêt que Bush, faute de sauver des soldats en Irak, avait sauvé comme tous les ans deux dindes de la casserole, celles-ci iront couler des jours heureux dans un zoo californien….l’histoire ne dit pas si elles devront porter un tee-shirt “Thanks G.B”. aux couleurs du parti républicain….Thanksgiving est la fête la plus importante de l’année aux États-Unis, plus encore que Noël ou que la fête nationale….Elle remémore le premier repas convivial entre les colons anglais qui débarquèrent en Amérique du Nord, et les Indiens du coin….Ces derniers fournirent la dinde et les nouveaux arrivants des patates douces et des légumes variés…

A mon avis, il y avait déjà arnaque sous roche… On le sait, l’histoire s’est passablement mal passée par la suite pour les Indiens…ceux qui restent actuellement sont pudiquement appelés les “american natives”….Mais l’ensemble des américains d’aujourd’hui continuent de remercier Dieu, le dernier jeudi de Novembre, pour avoir eu la chance de trouver cette terre accueillante et grandiose qu’est l’Amérique du Nord.

Le repas de Thanksgiving commence en général a trois heures de l’après-midi, la dinde énorme et farcie, ayant été mise au four le matin….L’ apéritif reste classique, souvent un verre de Chardonnay californien fait l’affaire….accompagné de “dips”, guacamolé ou autres…La dinde doit impérativement être servie avec des patates douces (hélas),des légumes, des cramberries, et souvent de la “gravy”, une sauce a la légèreté toute anglo-saxonne…. Pour la dinde, en bon français que nous sommes, nous préférions la recette de la farce de Robuchon, a base de fruits secs, trempés dans le cognac et mélangée avec un petit foie gras….mais objectivement ce n’est pas la recette traditionnelle… A ce stade, les convives déjà bien nourris, finissent par la série de tartes de colons, de rigueur….Aux noix de Pecan, (délicieux mais alors pas du tout régime), a la citrouille ( pour les amateurs), et un petit crumble aux pommes pour faire passer l’ensemble…

La dinde est dés la fin des fêtes d’halloween, présente partout sur les étals américains, elle se décline toutes a toutes les sauces, en assiettes, en serviettes, en porte-couteaux ou en porte menus, et bien sur en bougies…pour agrémenter la table de ce dîner traditionnel ou personne n’hésite a traverser le continent pour se retrouver en famille assis a la même table !

Une fois n’est pas coutume mais la tradition perdure….

PS: Pardon pour la ponctuation défaillante mais mon clavier français est en grevé !

Rencontre du troisième type

Le soir du 11 Novembre, j’ai raccompagné l’étudiant américain de LA, Basil, après un bon dîner, à la porte de mon hameau, comme j’ai coutume de le faire souvent. Comme depuis Septembre, les membres de notre gouvernement sont surveillés, deux policiers s’engourdissaient dans la nuit et le froid devant la grille d"entrée. Soucieuse de préciser au jeune homme qu’il ne s’agissait point là d’une garde privée comme il en existe dans les "gate-communities" californiennes, et que ces anges gardiens (bien rassurants quand Pénélope rentre à trois heures du matin en taxi), n’étaient là qu’à cause de Jean-Louis Borloo qui habite dans le coin. A ce moment précis, je vis derrière la tête de Basil, surgir celle toute souriante de notre ministre de la cohésion sociale que ma conversation avait égayé sans doute, en ce soir d’hiver. J’ai juste eu le temps de rajouter à ma phrase :"que d’ailleurs voilà derrière toi"….Nous nous saluâmes et laissâmes passer Jean-Louis et sa collaboratrice qui ne devaient pas s’attendre à rencontrer à cette heure avancée de la nuit, des bavards devant la porte des piétons. Nous continuâmes, l’air dégagé, notre conversation et Basil partit pour d’autres aventures. Mais Borloo discutait toujours sur le trottoir à deux mètres de moi….

L’occasion était trop belle ou peut-être le vin trop capiteux ; car je me sentis prise, sous la lune rousse, d’une énergie de passionnaria des cités et d’un pas alerte, je vîns me planter devant cet homme concerné pour lui demander à qui devait-on envoyer de bonnes suggestions pour régler le problème des banlieues…Étonnement,  celui-ci ne veut pas qu’on les donne à Sarko et attend les miennes dont j’ai plein mes cartons de Pizza Hut, dans sa boite à lettres de voisin ….C’est pourquoi depuis, je peaufine mes idées (au lieu d’écrire des blogs) et si vous en avez, envoyez les moi d’urgence, je tâcherais de les caser dans ma proposition de "voisin voisine"….

Quelle vie on mène à Paris ! Il faut même s’occuper de la banlieue !

Paris brûle-t-il ?

Tout d’abord, je veux rassurer mes amis et lecteurs américains ….

Il n ‘y a aucun souci à Paris , vous pouvez venir passer vos vacances en France sans inquiétude. Votre télévision dit n’importe quoi comme d’habitude et vous le savez , du moins vous, mes lecteurs. Dissuader les américains de venir admirer Paris, si beau au mois d’octobre, à cause de la crise existentielle de certaines banlieues, c’est à peu prés aussi aberrant que si la TV française demandait aux téléspectateurs de renoncer à aller visiter Universal Studio, Hollywood, Malibu, le Getty Museum et Rodéo Drive parce-qu’il y a la guerre des gangs à South Central…..Même, si cela n’est pas comparable, car à South Central , il y a des morts (des vrais, par balles) toutes les semaines, que cela dure depuis longtemps et que je n’ai jamais vu sur la Fox de grands débats Fédéraux sur le mal être et la désespérance des jeunes de ce genre de quartier. De toutes les façons, je doute qu’un touriste américain , chinois ou français n’ait l’idée d’aller visiter Clichy, ou Aulnay-sous-bois…

Pour mes amis et lecteurs français, je vais dire et en choquer sans doute quelques uns en écrivant qu’il faut, à mon avis, arrêter la paranoïa avec le couvre feu, le vocabulaire guerrier et la référence historique maladroite à l’Algérie.. etc.. Parlons d’Histoire alors….Qui n’a pas chanté en France et même aussi dans les maternelles des quartiers concernés " Qu’est-ce qui passe ici si tard , Compagnons de la Marjolaine, qu’est ce qui passe ici si tard ….Guet…Guet.. Guet dessous le quai ..C’est les Chevaliers du guet , Compagnons de la Marjolaine (bis)…Guet …dessous le quai…"  Et que faisaient ces chevaliers qui cherchaient aussi "une fille à marier"….Ils surveillaient que le couvre feu soit respecté….C’était quand, 17ème ? 18ème siècle ?….Il y a si longtemps qu’on ne sait plus…

Deuxième point , j’ai vécu pendant quatre ans dans une des plus grandes ville du monde, que j’ai adorée, Los Angeles,  où il  y a un couvre feu (curfew en direct du mot français) pour les mineurs (qui le sont jusqu’à 21 ans aux USA)à pied, à partir de 10 heures du soir….Et cela, en permanence et partout dans la ville, sans la guerre d’Algérie, avant celle d’Irak, en temps normal, et sans crampes d’estomacs . Et les "chevaliers du guet "locaux  ne rigolent pas avec cela : Certains jeunes gens du lycée français ignorants (comme leurs parents) se sont fait arraisonner à 11heures du soir, en revenant d’un baby-sitting pour une fois à "walking distance", à Beverly Hills, qui est un quartier comme vous l’imaginez assez tranquille. C’est pas grave, on est juste convoqué systématiquement au Tribunal ensuite et celui de Beverly Hills est dans tous les feuilletons ! En plus les flics du secteur, bien connus, avec leurs motos rutilantes et leurs lunettes de soleil sont si beaux qu’on a l’impression de tourner dans un film quand ils vous arrêtent… mais je m’égare, revenons à nos moutons qui ont du mal à se sentir bien dans le troupeau, soit qu’ils boitent , soit qu’ils ont eu moins de bergers, soit que leurs bergeries étaient trop petites, soit qu’ils manquent d’herbe verte, soit et surtout qu’on ne veut pas de leur laine au moment de la tonte.

C’est comment déjà la pub déjà des pulls en cachemire ?….La chèvre "diplômée" et sélectionnée par les pulls Bombard a bien réussi sa vie et sa carrière de chèvre !!! Vous avez bien compris, la chèvre des pulls Bombard a fait l’ENA, et une Business school américaine de surcroît si j’en crois son chapeau et sa toge. Il n’y a qu’en France qu’on diplôme ainsi les chèvres. Mais si vous en parlez à la Commission Agricole Européenne , ils ne seront pas étonnés , ils connaissent aussi des chèvres qui sont diplômées de l’Ena et qui au lieu d’aller chez Bombard se sont égarées à Bruxelles. Mais je m’égare aussi, revenons à nos moutons….

Dans notre grand beau troupeau de moutons français, qui aimeraient tous gambader joyeusement dans les belles prairies de France et c’est bien normal, il y en à qui ne sont pas sélectionnés pour la tonte car leur laine est moins blanche que celle les autres…A tort, car on sait quels beaux pulls bien chauds on peut tricoter avec des laines mélangées, même si parfois celles-ci sont si denses qu’elles sont plus difficiles à filer. Vous avez ce qu’il arrive aux moutons qu’on ne tond pas au printemps, ils ont  trop chaud pendant l’été , leur  laine s’effiloche , ils sont malheureux et ils bêlent…..Pas besoin d’être grand berger pour savoir cela !!

C’est pourquoi et depuis longtemps, sans être ni travailleur social, ni homme politique, ni juge pour enfants…..je savais comme d’autres que le feu couvait dans certaines bergeries de banlieue ou étaient entassés trop de moutons…qui savaient, dés l’âge de l’agnelage que leur laine risquait, comme celle de leur grand frère, de ne pas être sélectionnée même s’ ils écoutaient bien les conseils de leurs bergers de proximité, qui sur le terrain faisaient du bon boulot de berger.  On a repeint les bergeries, on a aidé les petits bergers….et puis on leur a retiré leurs houlettes qui coûtaient trop cher, on leur demandé de faire les 35 heures ( vous en connaissez vous des bergers qui travaillent comme un fonctionnaire ?)

On a pas réussi, malgré  d’importants et notables progrès, malgré des moutons motivés et diplômés , à résoudre le problème de la sélection avant la tonte…..Alors certains agneaux se sont révoltés !

C’est en 1994, il y a onze ans (!!) que j’ai réalisé que certains jeunes moutons  étaient sérieusement déprimés. C’était l’année où le magasin Pizza Hut de Bagneux a brûlé pour la première fois.