
Lundi 8 Mai 2023
Il y a bien longtemps, à la fin du 19 ème siècle, naquit dans la forêt de Ris, un “modeste” rendez-vous de chasse destiné aux amateurs de gibier, de joyeuses tablées et de galanteries champêtres. Ce fut la jeunesse de “La Villardelle”, une propriété du comte de Barbe de la Barthe Saint Loubert, ainsi nommé en toute simplicité.

En 1910, un nouveau propriétaire ambitieux, monsieur Vézin, qui avait fait fortune dans les travaux publics au Maroc, décida de la transformer en une “belle demeure”. Il la doubla carrément de surface, rajouta un étage puis la coiffa comme une princesse d’un petit dôme carré, orné de pics décoratifs.

Ce fut un âge d’or pour la maison et le parc naissant, qui furent alors choyés par des troupes de jardiniers. La source de l’Ourcq qui passait par là fut aménagée pour fournir de l’eau qui était acheminée à la Villardelle dans un château d’eau. Mieux encore, cette eau stockée en hauteur était utilisée pour faire tourner une dynamo qui alimentait la maison en électricité le soir sans faire aucun bruit. L’eau récupérée dans une citerne en dessous était ensuite remontée dans le château d’eau le lendemain. Incroyable pour l’époque!

Il y avait douze garde chasses et quinze employés pour l’entretien de la maison et des bois. De plus un élevage de truites et un autre d’escargots de Bourgogne y furent créés, ainsi qu’une cressonnière à la source de l’Ourcq. Toutes ces installations étaient particulièrement innovantes, et la propriété était florissante.

Malheureusement la guerre de 14-18 passa par là et la deuxième bataille de la Marne détruisit presque tout sur son passage. C’est dans cette région que l’armée Américaine fut engagée pour la première fois, dans des combats féroces qui expliquent les nombreux cimetières présents dans les environs.

Des batailles d’artillerie intenses et de nombreux combats terrestres eurent lieu dans la forêt de Ris et le domaine de la Villardelle fut très endommagé. Monsieur Vézin mourut peu avant la fin de la guerre, et son fils unique, handicapé, quitta alors les lieux.

La Villardelle fut rachetée par un Luxembourgeois étrange, qui, selon les gens du pays, aurait été un espion allemand. Il revendit la maison vers 1935 à mon grand-père, le Dr Gérard, qui n’avait plus peur de rien car il avait été médecin sur le front pendant toute la guerre de 14-18. L’espion présumé qui lui avait vendu la Villardelle était vraiment un margoulin puisqu’il avait omis de payer ses impôts, que mon grand-père dut régler à postériori. Cela lui couta aussi cher que le montant d’achat initial! Le fisc n’oublie jamais rien!
Mon grand-père en fit une maison de campagne, où il pouvait retrouver ses nombreux amis artistes. Lui-même était un excellent peintre et un violoniste accompli. Ses compagnons comprenaient entre autres le sculpteur animalier Charles Dehlommeau, l’écrivain Henri Queffelec et la première femme chef d’orchestre Jane Evrard. Les souvenirs familiaux le décrivent comme un homme brillant et désopilant, un grand séducteur.


Mon grand-père n’eut guère le temps d’en profiter car il fut à nouveau mobilisé en 1939 comme médecin. La propriété fut alors occupée successivement par un régiment français, puis un détachement allemand et enfin un état-major américain. Ces occupations successives et les nouveaux combats qui y prirent place, ne furent pas les plus propices à l’entretien de la maison!
Après la guerre, mon grand-père fit pousser de la vigne vierge sur la maison pour essayer de dissimuler les nombreux éclats d’obus qui couvraient la façade.
Il mourut malheureusement assez jeune, en 1951, longtemps avant ma naissance.
Quand ses héritières, ma tante et ma maman, arrivèrent à la Villardelle, il n’y avait plus qu’une grande table, deux bancs et de nombreux graffitis dans toutes les langues, qui évoquaient les visiteurs variés qui y avaient séjourné. Il n’y avait pas l’électricité, ni l’eau courante.
Maman, toujours moderne, décida que la première priorité était d’obtenir le téléphone.

C’est ainsi que la saga de la Villardelle commença avec le 16 à Ronchères, car le téléphone était bien sûr encore manuel à la campagne, avec toutes les mésaventures qui allaient en résulter!…
On attend la suite,Marie do, l’histoire de la Villardelle est passionnante et
mouvementée !
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Ce n’est que le début !
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Passionnantes aventures attendues
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Super intéressant Marie-Do! J’attends également la suite avec impatience!
Bisous
Noémie
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La suite !!!
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Il va falloir bloguer plus d’une fois par semaine Mari-Do, c’est vraiment difficile d’attendre la suite ;))
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Quelle formidable idée Mari-Do! Le nom de Villardelle réveille toutes sortes de souvenirs, des meilleurs (mon séjour chez vous) et des moins bons ( ce qui m’y a conduite). Vraiment chouette l’insertion de photos d’époque! Bravo et au plaisir de lire la suite!
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Vite la suite Marie do
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J’arrive bien tard pour réagir..Mais merci Marie -Do, pour cette belle histoire de ta majestueuse Villardelle au destin si tumultueux ! Vivement la suite..
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