Salut Princesse,

Samedi 1 Novembre 2025,

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Je sais que tu ne liras peut-être pas ce mail, installée dans ton petit bureau de Venice Beach. Mais tu vois, c’est juste pour le plaisir de cliquer la première lettre de ton prénom et de voir aussitôt ton nom s’afficher sur mon ordinateur. C’est juste au cas où tu serais branchée là haut, ou peut-être quelque part dans la galaxie. Ta boite de réception existe toujours dans le cyber espace, pourquoi pas dans l’espace tout court? En plus, si je ne t’écris pas, ne risque-t-elle pas de mourir aussi, comme une fleur plus arrosée…

Nul n’en connait ton mot de passe ! Ton mari me l’a confirmé, tu en aurais été bien heureuse!

Je n’ai pas eu le courage de t’effacer sur la liste de mes adresses. Tu es de toutes les façons ineffaçable!

Tu aurais aimé ton enterrement, c’était une réussite pour ce genre de cérémonie. Sobre mais joyeux, accompagné de tes musiques brésiliennes préférées, et aussi triste à mourir avec toi, sous un soleil d’octobre exceptionnellement chaud! Tous tes amis et tes “ex” étaient là. Et le soir, il y a eu même un semblant d’ambiance de mariage près de Ciboure, où nous étions rassemblés pour penser encore à toi. “Vous êtes qui par rapport à elle ? Ah, c’est vous l’amie italienne ? Moi, je suis son amie de Californie”… Et avec le vin , on en venait à penser que c’était toi qui avait organisé cette rencontre et que tu allais tout un coup arriver, lumineuse et sexy, pour ajouter ton grain de sel dans nos conversations.

Le lendemain, nous sommes repartis vers nos vies, sérieusement sonnés. J’espère que tu as eu la possibilité d’observer tout cela de ton cyber espace!

Tristes drilles que nous sommes désormais!

Dans les années 2000, nous avions rencontré à Venice en Californie, Bénédicte, alias madame Dermanew, très présente dans mon livre “Los Angeles Café”. Elle nous avait fait connaitre la ville de Los Angeles et était devenue une très bonne amie. Son décès prématuré, il y a déjà vingt ans, nous a beaucoup touché!

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