Le vaisseau fantôme

Samedi 8 Avril,

Mes fidèles lecteurs se souviennent peut-être du billet que j’avais écrit au tout début du Covid sur les péripéties des navires de croisière qui, partis pour connaître d’autres horizons, ne pouvaient plus rejoindre un port, et erraient comme des bateaux ivres autour du globe.

Ce fut aussi le cas pour le porte-avion américain, l’USS Théodore Roosevelt. Confronté à une épidémie galopante de coronavirus avec un équipage de plus de 4000 hommes, son commandant demanda de pouvoir mettre à quai le vaisseau dans la petite île de Guam, car la maladie se propageait et s’accélérait. Une manoeuvre inédite pour ce genre de bâtiment! Mais comme le plaida le Pacha, le pays n’était pas en guerre, il était donc inutile de sacrifier des hommes!

J’avais également juste évoqué un bateau hollandais “le Zaandam” qui avait quitté son port d’attache de Miami pour une croisière de luxe en Amérique du sud. J’en sais plus aujourd’hui.

Mille deux cent passagers, plus l’équipage, s’attendaient à profiter d’un voyage exceptionnel aux escales magiques. Imaginez la route: les Malouines, Ushuaia, le cap Horn, Montevideo et Valparaiso, qui permettait de chanter le grand succès d’Hughes Aufray à l’arrivée!

Mais rien ne se passa comme prévu !

Très vite, aucun pays ne veut plus recevoir le bateau que le Covid peut avoir touché. Tous les ports se ferment au fur et à mesure de l’ arrivée du Zaandam qui se retrouve “littéralement enfermé” dans l’océan. Certains passagers tombent malades. Le bateau va errer pendant des semaines.

Nous avons maintenant un témoin qui raconte son épopée. En effet, parmi les passagers, se trouvait le journaliste et écrivain Olivier Barrot, un grand voyageur qui était chargé de donner des conférences sur les différents pays visités. Il s’apprête à publier un livre sur cette épisode dramatique. Et le vécu des passagers s’est avéré terrible.

Après un début de croisière agréable, l’atmosphère change. Certains passagers disparaissent, pour être envoyés à la morgue du bateau, où ils sont serrés comme des sardines. Ceux qui sont valides sont ensuite enfermés dans leurs cabines. Ils ne communiquent plus que par téléphone mais ce n’est pas très gai et la situation d’enfermement est très pénible pour ceux qui n’ont pas de cabines sur la mer…

Notre auteur est chargé d’ écrire une chronique quotidienne diffusée tous les jours, pour créer du lien entre les passagers et essayer de les détendre. Les plus âgés s’inquiètent sérieusement car ils n’ont pas prévu assez de médicaments pour ce voyage improbable. Le bateau n’a toujours pas le droit d’accoster. La croisière ne s’arrête pas, mais se prolonge un temps indéterminé..

Olivier Barrot de son côté fait office de confident au téléphone, de “médecin des âmes”, et de confesseur! Car on perd la notion du temps dans ce périple sans escale et sans but. “On apprend enfermé dans sa cabine, la vérité sur soi-même et sur autrui” écrit-il “Et on traverse de grands moments d’humanité”!

L’auteur raconte chaque jour la vie de ce bateau qui dérive et de sa course folle. Il va falloir traverser Panama discrètement de nuit, trouver de la nourriture et des médicaments nécessaires et les faire livrer par barge.

Le Zaandam n’est même pas autorisé à revenir à Miami qui est pourtant son port d’attache officiel sous le prétexte fallacieux que de nombreuses personnes âgées vivent en Floride ! Le Rotterdam arrive à la recousse de son navire-frère mais pose des problèmes d’éthique.

Va-t-on mettre tous les malades dans l’un des navires et les bien portants dans l’autre ?

Finalement après cinq terribles semaines, les passagers sont débarqués la nuit en Floride ….

Si vous voulez en savoir plus sur cette histoire, hélas véridique, lisez le récit d’Olivier Barrot qui sort cette semaine.

One thought on “Le vaisseau fantôme

  1. C’est un sujet extraordinaire en effet
    À la tv italienne des images d’embarcations fantôme
    1700 débarqués à Lampedusa en 36 h dont une forte proportions de migrantes très enceintes et d’enfants subsahariens ayant transité par la Tunisie où ils ont été horriblement mal traités

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